L'Autriche souhaite émettre des obligations à 70 ans

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Vienne prépare un projet de loi dans ce sens, illustrant une tendance aux très longues maturités en ces temps de taux bas pour certains émetteurs.

L?Autriche vise le long terme. Selon le quotidien viennois Die Presse, l?agence fédérale de financement autrichienne, l?ÖBFA, devrait avoir la possibilité d?émettre désormais des obligations d?une maturité allant de 50 à 70 ans. Un projet de loi dans ce sens est actuellement en préparation. La directrice de l?ÖBFA, Martha Oberndorfer, indique qu?elle « regardera cette possibilité de près », si le projet de loi est adopté. Selon elle, ce sont principalement les investisseurs institutionnels, assureurs et fonds de pension, qui pourraient se montrer friand de ces très longs produits.

Taux longs bons marchés

C?est évidemment en raison des très faibles taux actuels que les Etats européens réfléchissent actuellement à des moyens d?allonger la maturité de leur dette afin de bénéficier, le plus longtemps possible de ces taux avantageux. L?Autriche emprunte actuellement à 1,86 % à dix ans, contre 3,35 % voici un an. Certes, emprunter à 70 ans coûtera un peu plus cher, mais faiblement. Le 50 ans autrichien s?échange aujourd?hui avec un taux de 2,83 %, soit 52 points de base (0,52 point de pourcentage) de moins que le 10 ans début 2012. En décembre, le 50 ans autrichien affichait un taux de 2,6 %.

Exemple mexicain

Déjà l?an dernier, le Royaume-Uni avait réfléchi à l?introduction d?une obligation de 100 ans pour profiter de son (fragile) triple A. Les Etats-Unis en discutent également. Des exemples existent déjà dans les pays émergents. Le Mexique a ainsi en 2010 lancé une obligation à maturité 2110 qui a connu un franc succès. Lancée à un taux de 5,77 %, il affiche aujourd?hui un rendement de 4,86 %.

Un souvenir de rente perpétuelle

Certes, de telles émissions peuvent apparaître étonnantes. En réalité, elles ne sont pas inédites. Pendant tout le 19ème siècle, l?exception était l?obligation d?Etat amortissable, la règle la rente perpétuelle où le capital était perdu, mais donné droit perpétuellement au versement d?une part de ce capital (en France, il y eut des rentes à 5 %, 3 % et 4,5 %) chaque année. La dernière rente perpétuelle a été supprimée en France en 1982, car à partir du début du 20ème siècle, le coût de cette rente perpétuelle et sa gestion étaient devenus intenables dans un contexte de forte inflation et de hausse des endettements publics. A priori, ce type de rente ne devrait pas revenir sur le marché.
 

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a écrit le 08/01/2013 à 22:45 :
Une rente perpétuelle n'est intenable en période d'inflation que si elle est indexée sur celle-ci ou sur un sous jacent qui augmente plus vite que l'inflation, sinon, cette rente tend vers 0 en terme absolu. Je vois mal l'intérêt pour un investisseur d'acheter de la dette à 50 ou 70 ans à 1,9% alors même que la période actuelle de faible inflation n'est liée qu'à l'idéologie finissante de la théorie dominante... Il faut aimer perdre de l'argent.
Réponse de le 10/01/2013 à 8:49 :
@ Picnicdouille,
j'ai eu la même réaction quand la France a émit un umprunt à 4% sur 50 ans il y a une dixaine d'année.
Je regrette aujourd'hui de ne pas y avoir souscrit!
Mais je ne souscrirait pas non plus cette fois, pour les mêmes raison que vous indiqzez.

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