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ÉconomieUnion européenne

Italie : vers un nouveau gouvernement de "technocrates" pour rassurer les marchés ?

Romain Renier

Publié le 29 mars 2013 à 13:16

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Face à la menace des marchés sur sa dette, l'Italie, bloquée sur le plan politique, ne pourrait avoir d'autre choix que de nommer dans l'immédiat à sa tête un gouvernement d'experts sur le modèle de celui de Mario Monti. Beppe Grillo est ouvert à cette proposition, mais son poids politique pose question quant au choix du candidat. Silvio Berlusconi est opposé à cette solution.

Détournez le regard de Chypre, c'est en Italie que le drame se déroule a expliqué en substance le président de Goldman Sachs Asset Management, Jim O'Neill sur Bloomberg TV ce vendredi matin. L'insoluble crise politique italienne inquiète les marchés. Devant le constat d'échec exprimé jeudi par Pier Luigi Bersani, incapable de former un gouvernement, le président de la République italienne Giorgio Napolitano a affirmé vouloir prendre les choses en mains "personnellement".

La piste d'un gouvernement "d'objectifs", avec à sa tête un président du Conseil hors du sérail politique et faisant l'unanimité, à l'image de ce qui a été fait avec Mario Monti à la fin de l'année 2011, est désormais évoquée. Cette solution serait temporaire le temps de trouver une loi électorale qui remplacerait la loi actuelle, responsable du blocage des institutions. Après de multiples interrogations sur un certain nombre de candidats potentiels, un nom s'était dégagé : celui du président de la Cour constitutionnelle Franco Gallo, garantie d'impartialité et de compétence pour mener à bien la réforme constitutionnelle.

Le retour du risque sur la dette italienne change la donne

Mais le retour de spéculations négatives sur la dette italienne ces derniers jours est venu inquiéter le chef de l'État. Le spread (différence entre les taux italiens et allemands) sur le dix ans est à nouveau sur la pente ascendante et a déjà gagné près de 25 points de base en deux jours à 347 points de base jeudi à la fin de la séance. A ce rythme, il faudrait seulement quatre jours supplémentaires pour que celui-ci rejoigne son niveau d'avant la mise en place de l'OMT, le dispositif de rachat de dette de la BCE, censé dissuader les marchés d'attaquer les titres souverains et qui avait calmé l'incendie sur les dettes souveraines du sud de la zone euro l'été dernier.

Aussi l'idée de trouver quelqu'un capable de "parler aux marchés", même pour une courte durée, a-t-elle fait son grand retour. Dans ce domaine, Fabrizio Barca, ancien du gouvernement Monti, 50 ans, et diplômé en statistiques des universités de Rome et de Cambridge, passé par la Banque d'Italie et appelé au Trésor par Carlo Azeglio Ciampi, président du Conseil de 1993 à 1994, fait figure de favori. "Un Prodi numéro deux", aurait dit de lui l'un des meilleurs amis de l'ancien premier ministre italien cité par la Stampa.

Grillo s'en accomoderait, mais dans quelle mesure ?

Les "grillini" (partisans de Beppe Grillo) ont ouvert la porte à un gouvernement d'objectifs. Beppe Grillo a annoncé que son mouvement ne voterait pas la confiance à Pier Luigi Bersani, mais a affirmé qu'il ne serait pas opposé par principe à toutes les propositions d'un gouvernement technique. Il pourrait donc accorder un soutien au cas par cas à cet exécutif d'experts.

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Mais comment le M5S pourrait-il s'entendre avec un technocrate alors que c'est justement ce qu'il a dénoncé durant toute la campagne électorale ? De fait, comme le relève Jim O'Neill, ces derniers "vont sérieusement soulever la question des bénéfices réels de l'euro". L'opinion de Pier Luigi Bersani à ce sujet est claire : les grillini "prennent en otage" la vie politique italienne.

Silvio Berlusconi est contre

Comme elle l'avait fait pour Mario Monti, la Ligue du Nord est opposée à la désignation d'un gouvernement technocratique. A la sortie d'une réunion avec Giorgio Napolitano, Silvio Berlusconi leader de la coalition du centre-droit s'est rangé sur la ligne de ses alliés de la Ligue. Pour lui, la seule issue possible reste une grande coalition entre son parti le Peuple de la Liberté (Pdl), le Parti Démocrate (PD) de Pier Luigi Bersani, la Ligue et Mario Monti. Avec pourquoi pas à sa tête Pier Luigi Bersani.

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Le Pdl de Silvio Berlusconi reste ainsi sur sa ligne initiale. Le leader du centre-gauche n'est donc pas encore à enterrer. Giorgio Napolitano ne l'a pas du reste pas encore des candidats à la présidence du Conseil. Mais Pier Luigi Bersani a signifié il y a deux jours qu'il ne pouvait accepter les conditions imposées par le Pdl. "Seul un fou peut souhaiter former un gouvernement en ce moment", aurait déclaré le leader de centre-gauche mercredi soir, la mine dépitée, selon le Financial Times.

Romain Renier

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