Italie : vers un nouveau gouvernement de "technocrates" pour rassurer les marchés ?

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Face à la menace des marchés sur sa dette, l'Italie, bloquée sur le plan politique, ne pourrait avoir d'autre choix que de nommer dans l'immédiat à sa tête un gouvernement d'experts sur le modèle de celui de Mario Monti. Beppe Grillo est ouvert à cette proposition, mais son poids politique pose question quant au choix du candidat. Silvio Berlusconi est opposé à cette solution.

Détournez le regard de Chypre, c'est en Italie que le drame se déroule a expliqué en substance le président de Goldman Sachs Asset Management, Jim O'Neill sur Bloomberg TV ce vendredi matin. L'insoluble crise politique italienne inquiète les marchés. Devant le constat d'échec exprimé jeudi par Pier Luigi Bersani, incapable de former un gouvernement, le président de la République italienne Giorgio Napolitano a affirmé vouloir prendre les choses en mains "personnellement".

La piste d'un gouvernement "d'objectifs", avec à sa tête un président du Conseil hors du sérail politique et faisant l'unanimité, à l'image de ce qui a été fait avec Mario Monti à la fin de l'année 2011, est désormais évoquée. Cette solution serait temporaire le temps de trouver une loi électorale qui remplacerait la loi actuelle, responsable du blocage des institutions. Après de multiples interrogations sur un certain nombre de candidats potentiels, un nom s'était dégagé : celui du président de la Cour constitutionnelle Franco Gallo, garantie d'impartialité et de compétence pour mener à bien la réforme constitutionnelle.

Le retour du risque sur la dette italienne change la donne

Mais le retour de spéculations négatives sur la dette italienne ces derniers jours est venu inquiéter le chef de l'État. Le spread (différence entre les taux italiens et allemands) sur le dix ans est à nouveau sur la pente ascendante et a déjà gagné près de 25 points de base en deux jours à 347 points de base jeudi à la fin de la séance. A ce rythme, il faudrait seulement quatre jours supplémentaires pour que celui-ci rejoigne son niveau d'avant la mise en place de l'OMT, le dispositif de rachat de dette de la BCE, censé dissuader les marchés d'attaquer les titres souverains et qui avait calmé l'incendie sur les dettes souveraines du sud de la zone euro l'été dernier.

Aussi l'idée de trouver quelqu'un capable de "parler aux marchés", même pour une courte durée, a-t-elle fait son grand retour. Dans ce domaine, Fabrizio Barca, ancien du gouvernement Monti, 50 ans, et diplômé en statistiques des universités de Rome et de Cambridge, passé par la Banque d'Italie et appelé au Trésor par Carlo Azeglio Ciampi, président du Conseil de 1993 à 1994, fait figure de favori. "Un Prodi numéro deux", aurait dit de lui l'un des meilleurs amis de l'ancien premier ministre italien cité par la Stampa.

Grillo s'en accomoderait, mais dans quelle mesure ?

Les "grillini" (partisans de Beppe Grillo) ont ouvert la porte à un gouvernement d'objectifs. Beppe Grillo a annoncé que son mouvement ne voterait pas la confiance à Pier Luigi Bersani, mais a affirmé qu'il ne serait pas opposé par principe à toutes les propositions d'un gouvernement technique. Il pourrait donc accorder un soutien au cas par cas à cet exécutif d'experts.

Mais comment le M5S pourrait-il s'entendre avec un technocrate alors que c'est justement ce qu'il a dénoncé durant toute la campagne électorale ? De fait, comme le relève Jim O'Neill, ces derniers "vont sérieusement soulever la question des bénéfices réels de l'euro". L'opinion de Pier Luigi Bersani à ce sujet est claire : les grillini "prennent en otage" la vie politique italienne.

Silvio Berlusconi est contre

Comme elle l'avait fait pour Mario Monti, la Ligue du Nord est opposée à la désignation d'un gouvernement technocratique. A la sortie d'une réunion avec Giorgio Napolitano, Silvio Berlusconi leader de la coalition du centre-droit s'est rangé sur la ligne de ses alliés de la Ligue. Pour lui, la seule issue possible reste une grande coalition entre son parti le Peuple de la Liberté (Pdl), le Parti Démocrate (PD) de Pier Luigi Bersani, la Ligue et Mario Monti. Avec pourquoi pas à sa tête Pier Luigi Bersani.

Le Pdl de Silvio Berlusconi reste ainsi sur sa ligne initiale. Le leader du centre-gauche n'est donc pas encore à enterrer. Giorgio Napolitano ne l'a pas du reste pas encore des candidats à la présidence du Conseil. Mais Pier Luigi Bersani a signifié il y a deux jours qu'il ne pouvait accepter les conditions imposées par le Pdl. "Seul un fou peut souhaiter former un gouvernement en ce moment", aurait déclaré le leader de centre-gauche mercredi soir, la mine dépitée, selon le Financial Times.

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a écrit le 30/03/2013 à 14:05 :
Le président de Goldman Sachs Asset Management, Jim O'Neill, c'est le monde a l'envers, un bankster qui ce permet de donné de leçon d?économie à l?Italie.
a écrit le 30/03/2013 à 10:56 :
LA BELGIQUE EST RESTE PLUS D UN AN SANS GOUVERNEMENT ET ELLE N A PAS FAIT FAILLITE
l ITALIE S ECONMISE AU MOINS LE SALAIRE DE MINISTRES INCOMPETENTS
QUE L ITALIE OU L ESPAGNE CHUTE, DANS LE PIRE DES CAS ON CONSERVERA UN EURO DEVALUE
DE TOUTE FACON LES PEUPLES DE L EUROPE DU SUD SONT EN TRAIN DE CREVER DE L AUSTERITE IMPOSER PAR LE DIKTAT MERKEL DRAGHI
Réponse de le 30/03/2013 à 14:09 :
Les ministres du gouvernement actuel continue de prendre leur salaires, l'Italie n'est pas sans gouvernement comme cela à été pour la Belgique aussi.
Réponse de le 31/03/2013 à 13:34 :
Vous avez complètement raison. Les Pays que vous citez vont crever.. comme la France..! Mais nos compatriotes sont complètement bouchés... Ils vont venir pleurer lorsqu'ils seront ruinés...! Des veaux qui ne réagiront jamais et se laisseront empapaouter sans réagir....! C'est cela l'europe avec un petit "e"....!
a écrit le 30/03/2013 à 3:10 :
Pourvu que les taux d'intérêts italiens montent encore d'un point ou deux et l'Italie s'effondre, l'euro et l'Europe avec ! Dans un premier temps ça sera le chaos, plus tard quand chaque pays retrouvera ses billes, on peut espérer au moins garder nos cultures et notre identité (Pour rappel : l'immigration nous est imposée par les articles 67, 69 et 79 du traité de fonctionnement de l'Europe) Cette Europe on n'en veut plus. C'est l'Europe du malheur et du désespoir. C'est l'arnaque du siècle. On en crève. Il y a des tas de pays dans le monde qui ne font pas partie de l'Europe et qui vivent quand même. Souvent mieux.
a écrit le 29/03/2013 à 21:42 :
Mais pourquoi la BCE ne lance t elle pas un ultimatum à l'Italie d'arrêter ses guignolades et tergiversations avant le 30 avril? Assez jouer maintenant que diable!
Réponse de le 29/03/2013 à 22:43 :
Parce que si l'Italie se barre, la BCE explose. Par ailleurs, pourquoi donc une institution dirigée par des non-élus, lesquels ont obtenu des résultats pitoyables, pourrait-elle se permettre de lancer des ultimatums à des populations ? Je sais bien que les gras oligarques qui régentent l'UE ne se soucient guère de démocratie ni du sort des populations, mais tout de même...
Réponse de le 30/03/2013 à 9:51 :
Mais enfin, l'Italie ne se barrera pas! Les peuples, Chypre, l'Italie, tous ont bien trop peur pour cela. Il n'y a aucun risque la dessus.
Réponse de le 30/03/2013 à 10:23 :
Il semble que vous n'ayez pas compris : si la BCE lance des ultimatums du genre "soit vous réformez le pays, soit nous n'alimentons plus vos banques et vous sortez de l'Euro", elle risque de se retrouver dans la situation où le pays concerné dit oui, mais ne fait pas les réformes, ou pire, il les fait mais elles aggravent la situation. Et là, la BCE, a-t-elle vraiment les moyens de mettre à exécution ses menaces ? Bien sûr que non, et elle le sait : si elle exclut de facto l'Italie, ou si l'Italie se barre, fini l'Euro, finie la BCE. Quand on n'a pas les moyens de lancer des ultimatums, on ne les lance pas. Voila la réponse à votre question : pourquoi la BCE ne lance pas d'ultimatum à l'Italie ? Parce qu'elle n'en a pas les moyens.
Réponse de le 30/03/2013 à 11:58 :
Si l'Italie se barre, fini l'Euro, finie la BCE?: Mais bien au contraire! L'euro et la BCE deviendront petit à petit la monnaie et la banque des pays vertueux. Le malheur, vous dis je, sera pour la population (italienne, chypriote...) et la population le sait très bien....
Réponse de le 30/03/2013 à 14:56 :
Si l'Italie quitte la zone Euro, les banques allemandes - déjà très fragiles - sautent, et la Bundesbank est en faillite, car les excédents allemands sur l'Italie équivalent à une créance sur l'Italie, fort logiquement dans un système de monnaie unique. La Bundesbank a plus de 600 milliards de ces créances sur le reste de la zone Euro, et elle ne veut pas qu'ils se déprécient. Si la Bundesbank croule, l'Eurosystème s'effondre, et la BCE disparaît de fait. Si l'Euro disparaît, les soi-disant pays vertueux s'enfonceront dans la récession. Méditez cette phrase : "le SME est une machine à subventionner l'industrie allemande". Elle est de O. von Lambsdorf. Or, qu'est-ce que l'Euro sinon un super SME ? Vous croyez qu'ils en vendront beaucoup des Audi A4 devenues 30% plus chères du seul fait de la réévaluation logique de la monnaie allemande ?
Réponse de le 30/03/2013 à 16:22 :
Vous devez savoir que les allemands font un tabac avec leurs voitures en Russie, en Chine et même en Amérique du Sud. Ils vendront quand même leurs voitures, même 30 % plus chères. D'ailleurs qui peut encore se payer des hauts de gamme en Europe avec les impôts qu'il y a ? Vous en connaissez beaucoup de français qui se paient une S 500 ? Venez à Moscou pour les voir. C'est d'un commun.
Réponse de le 30/03/2013 à 17:57 :
Une étude, vieille de quelques mois, faisant une évaluation des avantages et des inconvénients d'une sortie de la zone euro pour un certain nombre de pays, arrivait à la conclusion que l'Italie était le pays ayant, à la fois, le plus de facilité et le plus d'avantage économiques à abandonner l'euro. Cette analyse est probablement une des raisons qui aura poussé Berlusconi, pendant la dernière campagne, à menacer Merkel d'une sortie de son pays de la zone, et qui charpente de même l'hostilité des "Grillistes" envers elle.
Réponse de le 31/03/2013 à 7:00 :
@ arcesilas,

l'entente ou amitié franco-allemande c'est faite bien souvent aux dépens de l'Italie.
Les accords ont été imposé par l'axe franco-allemand aux autres pays, bien souvent l'Allemagne et la France se mettaient d'accord avant un sommet pour imposer leur solution aux autres. Bien sur ces accords avantagent surtout la France et l'Allemagne. Ceci explique la situation difficile dans laquelle se trouve l'Italie actuellement.
Le fait que l'Allemagne ai mieux su profiter des accords ne prouve pas qu'elle est plus fautive que la France.
L?égoïsme nationale, le fléaux de l'Europe, perdra cette Europe.
a écrit le 29/03/2013 à 17:27 :
Sachant que Prodi a rajouté 600 milliards d'euros à la dette italienne, il est évident que son clone ferait au moins pire.
Réponse de le 30/03/2013 à 0:28 :
Et vous les sortez d'où ces 600 milliards ? Intégrez vous dans vos calculs les bénéfices de la nomination de Monti sur la baisse des taux d'emprunt ? Un peu facile votre accusation hâtive.
Réponse de le 30/03/2013 à 6:29 :
Je veux bien que les économistes aient pris l'habitude de dire n'importe quoi, mais ce ne devrait pas vous inciter à les imiter. Les taux d'intérêt avaient augmenté par l'action de la BCE pour contraindre un gouvernement légitime à démissionner et à le remplacer par un des siens. Les taux ont ensuite baissé, très temporairement, puisque l'action dudit Monti n'a été que de courte durée et n'a pas pu être reconduite. Bref: les taux ont baissé de manière très temporaire et au regard des masses et du terme concernés, de manière finalement anecdotique.
a écrit le 29/03/2013 à 17:24 :
Les pays du Sud europe Italie France Espagne Portugal Grece Chypre devraient tirer la nappe et renverser l'europe ... les financiers voyous n'auraient plus qu'à prendre leurs pertes et à pleurer ... tot ou tard, le plus tôt sera le mioeux, ce sont les peuples qui feront cette opération salutaire puisque les politocards sont de vils serviteurs des voyousde la finance...
Réponse de le 30/03/2013 à 0:21 :
Comme si c'était l'Union européenne et l'euro responsables des déboires de l'Italie, Grèce etc. La dette du Japon ou des Etats-Unis ou de la Grande Bretagne, c'est aussi l'Union européenne et l'euro qui en sont reponsables ?
Réponse de le 30/03/2013 à 0:21 :
Comme si c'était l'Union européenne et l'euro responsables des déboires de l'Italie, Grèce etc. La dette du Japon ou des Etats-Unis ou de la Grande Bretagne, c'est aussi l'Union européenne et l'euro qui en sont reponsables ?
Réponse de le 30/03/2013 à 10:50 :
Au soi-disant économiste. Oui, c'est l'Euro qui est responsable des déboires de l'Italie, Grèce etc. Le mécanisme est simple : l'Europe du Sud a adopté une monnaie trop chère pour elle, puisque c'est la monnaie d'une économie forte, l'Allemagne. Du coup, les produits d'Europe du Sud sont trop chers. Donc, ils se vendent moins à l'export et se voient concurrencer par des produits d'importation mécaniquement moins chers. Donc, la balance commerciale chute et devient fortement négative. Normalement, dans de telles conditions, la monnaie doit se déprécier face à celles des pays plus forts, mais c'est impossible, puisque des petits malins ont eu l'idée géniale de figer les parités pour toujours entre pays européens. Donc, la balance commerciale s'effondre encore plus et les entreprises du Sud n'ont plus aucune raison d'investir au Sud, qui perd encore plus de compétitivité. Donc, l'Etat a moins de recettes, donc il doit s'endetter plus, toujours plus. C'est mécanique. Tant que les taux d'intérêts sont bas, tout va très bien Madame la Marquise. Puis un beau jour, les marchés se rendent compte que ce n'est pas parce que l'Italie a la monnaie de l'Allemagne qu'elle représente le même niveau de risques. Donc, les taux montent... Début de la fin. C'est ce que nous vivons actuellement. Sauf que les petits génies qui ont créé l'Euro sont au pouvoir, et qu'ils refusent d'admettre leur erreur, d'autant qu'ils en bénéficient, eux. L'Euro est condamné, comme l'URSS l'était. Mais les dirigeants qui profitent du système au sommet duquel ils se sont placés, ne renoncent jamais facilement au dit système, même s'ils savent qu'il est foireux.
a écrit le 29/03/2013 à 16:36 :
Les dirigeants italiens feraient bien de se méfier des contrecoups s'ils perdurent dans cette voie. Et leurs collègues européens de même. Le fait que les gens n'aient pas encore bougé ne veut pas dire qu'ils n'ont pas compris ce qui s'était passé. Il s'agit effectivement d'une crise de confiance, mais de celle des peuples envers leurs dirigeants, les institutions et plus généralement le carcan qu'on leur a imposé couche après couche sans autre possibilité que de les accepter. Mais en face, on leur a demandé de le faire car on leur garantissait l'avenir, sans conflits et riche de promesses. En fait, il ne reste plus rien. Le contrat est rompu.
Réponse de le 29/03/2013 à 17:36 :
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est
http://www.u-p-r.fr/sortie-de-leuro/faut-il-avoir-peur-de-sortir-de-leuro
Réponse de le 29/03/2013 à 20:08 :
Je viens de voir ces deux liens : autant de bêtises en si peu de temps, c'est consternant !!!!!
Réponse de le 29/03/2013 à 20:41 :
Ce qui est consternant, c'est la malhonneteté de nos politocards menteurs professionnels de droite comme de gauche ... les peuples européens vont leur faire faire leurs valises dans peu de temps ... l'on parlera alors de politocards UMP PS Nouveau Centre UDI avec leurs faux nez .. tous partis en exil chass&és par aleur peuples et nos Parlementaires ne pourront plus accéder à leurs permanences de politocards...
Réponse de le 30/03/2013 à 0:25 :
On voit que vous reprenez la réthorique simpliste du clan des milliardaires le Pen qui cherche à prendre le pouvoir en France en accusant l'Union européenne et l'Euro comme la cause principale des problèmes alors que ce n'est à l'évidence pas le cas si vous anlaysez tous les pays d'Europe et le monde.
a écrit le 29/03/2013 à 16:02 :
ha un gvt de technocrates...tiens encore un bel de la disparition des démocraties en europe...
a écrit le 29/03/2013 à 15:10 :
Puisse l'Italie s'enfoncer et exploser ce qui permettrait enfin à la France de sortir de l'europe et de l'euro...! seul moyen pour retrouver un coin de ciel bleu au lieu de crever à petit feu, dirigés par tous ces technocrates incompétents.
a écrit le 29/03/2013 à 15:03 :
On va encore avoir un chef de gouvernement nommé ? Lamentable cette UE de M.......

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