La "guerre du hareng" est terminée

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Scène de pêche à la baleine aux Féroé. L'archipel a dû accepter les quotas de pêche aux harengs de l'UE. /Reuters
Scène de pêche à la baleine aux Féroé. L'archipel a dû accepter les quotas de pêche aux harengs de l'UE. /Reuters (Crédits : Reuters)
Bruxelles a annoncé la fin de la querelle qui l'opposait sur la pêche aux harengs aux îles Féroé. Une victoire de l'embargo européen décidé en août dernier.

L'Union européenne et les Iles Féroé ont trouvé un accord ce mercredi 11 mai sur la question de la  pêche au hareng qui les divisent depuis presqu'un an. La commissaire européenne à la pêche Maria Damanaki a annoncé, sans donner plus de précisions, que les deux parties avaient trouvé un « accord politique » pour mettre fin à la « querelle du hareng. »

Querelles sur les quotas de pêche du hareng

Pendant plusieurs années, le gouvernement des Féroé et l'UE s'étaient déchiré sur la question des quotas de pêche du hareng atlantique et de certaines espèces de maquereaux. Le petit archipel de moins de 50.000 habitants, situé entre l'Islande et l'Ecosse est sous la souveraineté du Danemark mais ne fait pas partie de l'UE. Il s'estimait lésé par les quotas décidé par Bruxelles et avait, au printemps 2013, décidé de les ignorer.

En réponse à cette surpêche, l'UE avait lancé en août 2013 de vastes mesures de représailles : embargo sur le hareng des Féroé et interdiction pour les navires battant pavillon de l'archipel et pêchant ces espèces de stopper dans les ports de l'UE. En réponse, le gouvernement de Thorshavn, la capitale des Féroé, a porté l'affaire devant l'Organisation mondiale du Commerce et avait mené une campagne sur les réseaux sociaux comme Facebook.

L'embargo, une catastrophe pour les Iles Féroé

Mais la partie était trop déséquilibrée. L'archipel ne pouvait guère survivre à une guerre commerciale dans le secteur de la pêche qui représente 6 % de la main d'œuvre de l'archipel et 18 % du PIB. Chaque année, ces îles pêchent près de 7 tonnes de poissons par habitant, c'est deux fois plus que l'Islande et 14 fois plus que la Norvège !

L'UE est le premier partenaire commercial des Féroé : c'est dire si l'embargo était une catastrophe économique pour ce petit territoire. Selon les statistiques locales, la valeur des exportations de harengs a été trois fois moindre en janvier 2014 qu'en janvier 2013 et les chiffres ont été divisés par deux en février. Bref, il était temps pour le gouvernement féroïen d'en finir.

Thorshavn cesse les poursuites auprès de l'OMC

Cette « guerre du hareng » s'achève donc par une défaite de Thorshavn. Selon Bruxelles, la levée de l'embargo a été obtenue au prix non seulement de la cessation des poursuites auprès de l'OMC - ce qui permet à l'UE de sortir blanche comme neige de cette affaire -  mais aussi à celui de la fin de la « pêche déraisonnable » menée par les bateaux de l'archipel.

Les Féroïens entrent donc dans le rang et acceptent de fait ce qu'ils refusaient jadis. La raison du plus fort a bien été dans ce cas, la meilleure.

 

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Commentaires
a écrit le 11/06/2014 à 17:47 :
Avec Merkel c'est plutot la guerre de la morue.
a écrit le 11/06/2014 à 17:47 :
Les iles Féroé, une calamité ! baleines, dauphins massacrés! tout est bon ! à vomir!!

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