Jean-Claude Juncker promet un socialiste aux affaires économiques et monétaires

Le futur président de la Commission européenne a annoncé qu'un homme du centre-gauche occuperait cette place centrale dans la Commission. Jeroen Dijsselbloem est favori, Pierre Moscovici outsider.
Jean-Claude Juncker veut un Socialiste aux affaires économiques et monétaires
Jean-Claude Juncker veut un Socialiste aux affaires économiques et monétaires (Crédits : reuters.com)

Jean-Claude Juncker entend donner des gages à ses partenaires de coalition. Le candidat « proposé » par le Conseil pour présider la Commission européenne a assuré ce mardi 7 juillet les députés sociaux-démocrates qui l'auditaient que le futur commissaire pour les Affaires économiques et monétaires sera « probablement socialiste. » Ce serait là une concession importante faite par les Conservateurs, car ce commissaire a un rôle déterminant dans la gestion du semestre européen, autrement dit de la procédure de surveillance des budgets nationaux.

Quel socialiste succédera à l'intransigeant Oli Rehn ? A priori, deux hommes semblent en lice : le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, actuel ministre des Finances et président de l'Eurogroupe et le français Pierre Moscovici, ancien ministre des finances. Les paris devraient plutôt pencher en faveur du premier pour plusieurs raisons.

Jeroen Dijsselbloem, le favori

D'abord, Jeroen Dijsselbloem, malgré les quelques gaffes qu'il a accumulées au début de son mandat à l'Eurogroupe, a donné des gages constants de son « orthodoxie budgétaire. » Il a prouvé à son homologue allemand Wolfgang Schäuble qu'il était attaché à la stabilité. Deuxième avantage : les Pays-Bas sont les premiers alliés de Berlin. le chef du gouvernement de La Haye, Mark Rutte, s'était vanté après le sommet de Bruxelles des 26 et 27 juin, d'avoir fait céder Matteo Renzi sur la question budgétaire. Placer le ministre des Finances de Mark Rutte au commissariat économique serait donc une garantie pour Berlin tout en étant une victoire pour les socialistes. Par ailleurs, les Pays-Bas ont pratiqué une austérité sévère et sont sortis de la procédure de déficit excessif.

Pierre Moscovici, pas favori

Ce n'est évidemment pas le cas de la France et le prochain commissaire devra surtout trouver une solution pour permettre à Paris de consolider son budget avec fermeté, mais avec sans doute un peu plus de temps. Il n'est pas sûr, malgré son amitié de façade avec Wolfgang Schäuble, que Pierre Moscovici soit l'homme idéal pour cette tâche du point de vue de Berlin. La crise de confiance au sein du couple franco-allemand ne plaide guère en faveur de l'ancien locataire de Bercy. Reste que Pierre Moscovici veut ce poste et ne s'en cache guère. Il peut donner des gages aux Allemands de son « indépendance » et de son « orthodoxie » et demander à Paris certains engagements pour assurer son poste.

Scénario central ?

Le scénario central serait donc celui de Jeroen Dijsselbloem comme commissaire aux affaires économiques et monétaires et Pierre Moscovici le remplaçant à la tête de l'Eurogroupe. Ce qui permettrait de placer (peut-être) Enrico Letta comme président du Conseil européen, tout en donnant assez de gages à l'Allemagne. Mais tout peut encore être remis en question et le Français ne cesse de dire que la présidence de l'Eurogroupe ne l'intéresse pas.

Un tournant ?

Reste la question centrale : la présence d'un socialiste aux affaires économiques sera-t-elle un gage que la « flexibilité » promise lors du sommet de Bruxelles. Ce sera en tout cas le message envoyé. Quant à la réalité... La présence d'un Jeroen Dijsselbloem à Bruxelles ne changera concrètement rien dans la politique de la Commission. A l'Eurogroupe, le travailliste néerlandais n'a guère infléchi le travail de la troïka et le changement avec son prédécesseur, Jean-Claude Juncker n'est guère frappant. Du reste, les travaillistes néerlandais ont été sanctionnés lourdement lors des élections du 22 mai dernier pour leur acharnement à mettre en place une politique d'austérité : ils n'ont obtenu que 9 % des voix contre 19 % en 2012 ! Enfin, lors de sa rencontre avec les députés socialistes, Jean-Claude Juncker a aussi prévenu que le "pacte de stabilité ne deviendra pas le pacte de flexibilité"

En réalité, rien ne se fera sans l'aval de Berlin qui est dans une position difficile : il lui faut donner des gages à la gauche européenne sans modifier sensiblement la réalité de la politique menée pour éviter de donner des arguments aux Eurosceptiques allemands. Mais la communication va jouer, dans les deux mois qui viennent, un rôle essentiel.

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Commentaires 8
à écrit le 09/07/2014 à 10:09
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tu me donnes un poste, je t'en donne un autre...magouilles and co...voilà c'est ça l’Europe....un aréopage de politique politicienne, de cerveaux musclé qui pondent des lois qui tue les pays de l'union et d'évaporation financière !!!

à écrit le 09/07/2014 à 9:24
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Il cherche un socialiste Français , pourquoi faire ? Prendre des mesures ultra libérales et rire dans son dos !......

à écrit le 08/07/2014 à 20:10
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bonjour, il nous faut surtout un changement avec la politique de libre échange économique entre l’Europe et le reste du monde, nous ne serons jamais concurrentiel avec des pays qui ne respecte pas les norme écologique de non pollution et de non explo...

le 09/07/2014 à 3:58
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Et saigner les actifs (notamment les jeunes) pour entretenir des rentiers (de plus en plus vieux) à la retraite ce n'est pas de l'exploitation humaine?

le 21/07/2014 à 14:34
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les vieux, comme vous dites, ont fait la guerre , puis travailler 42 ans pour sauver et développer la France et depuis 20 ans sauve la France d'une explosion sociale en aidant financièrement leurs enfants tombés en chomage puis leurs petits enfants p...

à écrit le 08/07/2014 à 18:54
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Quelle drôle d'idée...

à écrit le 08/07/2014 à 18:39
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Et cela sert a quoi, tous les socialistes européens ont perdus leurs âmes ( ils ont signé en cœur FACTA et TISA avec la droite au parlement européen). Juncker, ancien espion de l'OTAN, aura aucune difficulté à trouver un socialiste asservi aux US.

à écrit le 08/07/2014 à 17:18
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Surtout pas un francais quand on voit les resultats actuels d'un pays qui a tout pour réussir économqiuement et qui a été tué sur place par les socialistes qui ont paralyé les français et les entreprises en faisant disparaitre toutes les marges de ma...

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