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Plus que quelques semaines avant les élections européennes. Les partis politiques affutent leurs arguments et proposent leurs programmes. Extraits.

Les "trente propositions d'action concrète" de l'UMP
Face à la crise, l'UMP souhaite bâtir une Europe qui "protège" en coordonnant d'abord les différents plans de relance et en moralisant le capitalisme financier. Pour le parti de la majorité, cette relance ne pourra se faire sans les PME, voilà pourquoi il souhaite les placer au c?ur de la relance économique. La préservation de services publics efficaces est également une priorité. L'UMP propose aussi de construire une "Europe plus protectrice des citoyens" mais demande que la grande fermeté pratiquée pour lutter contre l'immigration d'asile soit maintenue. Elle s'oppose également à l'entrée de la Turquie dans l'UE. L'Union pour la Méditerranée doit aussi être une priorité des députés européens. Le parti dirigé par Xavier Bertrand propose enfin de créer une centrale européenne d'achat de gaz et d'instaurer une taxe carbone et développer les énergies renouvelables.

Le manifeste du PS : les citoyens d'abord !
Le parti socialiste français s'étant rangé sous la bannière du PSE, il a repris les mêmes engagements que de nombreux partis socialistes européens. La priorité est de relancer l'économie (grâce à un plan de relance de 100 milliards d'euros) et d'éviter le retour des crises financières. Le PS propose de donner un cadre aux marchés financiers, bon moyen selon lui, pour relancer "l'économie réelle, l'emploi et la croissance". Les partis socialistes appellent également de leurs voeux une "stratégie européenne pour une croissance écologique, innovante et créatrice d'emplois". D'autres projets sont à noter : mettre l'Europe en tête de la lutte contre le changement climatique avec la création de 10 millions d'emplois verts. Mettre en place un bouclier social et un salaire minimum pour chaque pays européen. Parvenir à l'égalité des sexes en Europe. Donner à l'Europe une charte pour l'intégration des immigrés et mettre en place une coopération accrue contre l'immigration clandestine.

Pour le Modem, "l'Europe est notre avenir"
Le parti de François Bayrou propose que soit réalisé un grand emprunt européen à hauteur de 3% du PIB. Il considère que "l'Union européenne doit s'obliger à agir de concert chaque fois que se présente une crise à l'échelle mondiale". Le modèle européen du parti centriste souhaite qu'un débat public ait lieu trois mois avant toute décision du conseil européen. Le Mouvement démocrate propose également qu'un moratoire sur les OGM soit réalisé et qu'une taxe carbone soit mise en place. Il propose aussi qu'une démarche d'harmonisation fiscale entre les pays membres soit réalisée, qu'un doublement progressif du budget européen pour la recherche et une aide pratique au dépôt de brevets soit mis en place. Et, pour faire le l'Europe "une zone de sécurité", que la création d'un mandat de procureur de l'Union, avec autorité sur les polices et les autorités de poursuite de chacun des pays soit décidée.

Europe-Ecologie prône un "new deal" vert
Les Verts invitent les dirigeants des Vingt-Sept à protéger les systèmes sociaux et les conditions de travail. Avec un emprunt de 1.000 milliards d'euros sur cinq ans, le parti emmené par Daniel Cohn-Bendit souligne la nécessité d'une politique de lutte contre le changement climatique, "susceptible de garantir l'avenir énergétique tout en créant 5 millions d'emplois dans les cinq ans à venir". Ces projets devront exclure le nucléaire. Le programme prône une Europe " plus juste ", avec des investissements massifs dans l'éducation, la recherche, les technologies vertes et une politique agricole commune (PAC) sans OGM. L'autre axe principal de la campagne des écologistes sera la dénonciation de l'action de José Manuel Barroso, qui devrait, en principe, continuer à présider la Commission de Bruxelles. Jugé trop passif par rapport à la crise et incapable de promouvoir les droits humains, il est enfin taxé de "négligent " à l'égard des problèmes liés au changement climatique.

Libertas veut faire "respecter les votes des citoyens quand ils s'expriment"
L'alliance électorale du MPF de Philippe de Villiers et de CPNT de Frédéric Nihous veut faire respecter la liberté de chaque peuple européen comme les libertés à l'intérieur de chaque nation. Le parti souverainiste souhaite passer du libre-échange au juste échange. Pour redonner confiance aux citoyens, Libertas propose de bâtir une Europe plus démocratique dans laquelle chaque citoyen pourra s'exprimer et être entendu, une Europe transparente et plus proche des citoyens. Libertas s'oppose enfin farouchement à l'entrée de la Turquie dans l'UE et à l'application du traité de Lisbonne, jugé caduc depuis le "non" irlandais.

Le FN se bat toujours pour la préférence nationale
Le Front national de Jean-Marie Le Pen exige que soit redonnée à la France sa souveraineté et propose notamment de refuser de laisser à Bruxelles toute compétence fiscale, de redonner au Conseil européen le dernier mot en matière budgétaire, de rétablir les contrôles aux frontières intérieures de l'Europe et de pratiquer des contrôles renforcés aux frontières extérieures en vue de lutter contre l'immigration, et de dénoncer les accords de Schengen. En matière de sécurité, le FN propose de refuser la coopération policière au sein d'Europol ainsi qu'Eurojust. Enfin, le parti de Jean-Marie Le Pen exige que soit établie la préférence communautaire et refuse l'entrée de la Turquie au sein de l'UE.

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) défend une Europe pacifiste et solidaire
Emmenée par Olivier Besancenot, cette liste veut supprimer les paradis fiscaux et le secret bancaire. Elle défend une Europe de l'égalité des droits entre "hétérosexuels, homosexuels, transexuels et bi-sexuels" et une Europe de la valorisation du droit des handicapés et des femmes. Le NPA se prononce pour une Europe écologique qui défend les paysans et les pêcheurs dans un souci de "Nourrir sans nuire", une augmentation des salaires de 300 euros, et une Europe des services publics à préserver. Enfin, le NPA combat pour une légalisation de tous les sans-papiers et demande l'abrogation des lois "racistes et discriminatoires".

LO veut mettre fin au capitalisme pour mettre fin à la crise
Lutte Ouvrière s'engage pour dire tout le mal qu'elle pense de la politique du président de la république. Pour elle, la crise économique a déjà des conséquences désastreuses pour les classes populaires et comme pour le parti trotskyste, "il n'y a aucun remède contre la crise dans l'économie capitaliste", la seule façon de mettre fin aux crises, serait de mettre fin au capitalisme lui-même. LO réclame en outre la suppression de toutes les lois qui protègent le secret commercial et le secret bancaire, et dénonce la concurrence débridée mais se refuse à prendre le parti du protectionnisme.

Le Front de gauche veut changer d'Europe par le social, la solidarité et l'écologie
L'union entre le PCF et le parti de gauche veut modifier les missions de la BCE et la contrôler. Il veut affirmer une vision nouvelle de la société et de l'Europe fondée sur l'intérêt général et la souveraineté populaire à l'échelle nationale comme européenne en mettant en avant: "l'impératif social, solidaire, écologique et démocratique". L'établissement d'un bouclier social est pour le Front de gauche une proposition essentielle à mener à bien. La volonté de défendre au parlement européen, un vrai projet de coopération et de solidarité avec les peuples de la Méditerranée et avec l'Afrique, s'inscrit dans un impératif de paix, priorité absolue pour l'extrême gauche en France.

D'autres listes, plus modestes, font campagne pour ces élections. Le souverainiste eurosceptique Nicolas Dupont-Aignan, président du parti "Debout la République", propose dans son livre-manifeste "Le petit livre mauve" de remettre la France au centre du projet européen, de sortir de la bureaucratie qui a fait tant de mal à la France et à l'Europe, et de remettre la France au coeur du grand projet européen. La liste très hétérogène "antisioniste" de Dieudonné en Ile-de-France a également été déposée le 14 mai au ministère de l'Intérieur. Génération écologie, fondée en 1990 par l'ancien ministre Brice Lalonde, propose de "réussir la planète " avec l'Europe en choisissant sa France tout en donnant un sens au progrès. Le partage de l'emploi est au coeur du projet de cette liste écologiste qui veut favoriser l'activité libre et l'accroissement des revenus en nature, "tout en bousculant la vie politique".

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je trouve que l'ordre de classement des partie politiques n'est pas anodin ......

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La liste de Dieudonné: antisioniste, c'est inédit sa? sa change du clivage droite-gauche? ou c'est la même chose?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
http://www.dailymotion.com/video/x9bt47_elections-europeennes_news
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Sinon, une promesse qui n'est cité nulle part, qui est porté par un seul parti (le FN) : la remise en cause de l'indépendance de la BCE et de sa lutte constitutionnelle de l'inflation.

J'ai assisté à une conférence de J. Galbraith (économiste US, conseiller d'Obama pendant la campagne), qui trouve aberrante cette situation en Europe...alors que l'on voit aujourd'hui que les banques centrales sont parmi les rouages essentiels de la machine "relance et expansion économique"
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cessons l'hypocrisie! Au parlement européen, l'UMP, PS, Modem et Vert c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Loin des caméras, ces 4 partis sont à fond pour une Europe fédéralistes tels que l'imposait le Traité de Lisbonne. Si on veut que l'Europe change vraiment, on peut d'ores et déjà rayer ces partis. Quant aux nonistes, je sors l'argument une "Europe plus sociale et plus écologique" car tout le monde s'en réclame. Voyons plutôt les profondes réformes qui supposerait un profond bouleversement de fonctionnement de l'UE. A cette analyse, Debout-la-République sort clairement du lot avec un véritable livre-programme, dans lequel il annonce :
- La mise en place d'un vrai protectionnisme européen, tel que suggéré par un nombre croissant d'économistes alternatifs (ceux qui ont prédit la crise),
- La suppression de la commission européenne, organe surpuissante et pourtant non élu,
- Une Europe à la carte fondé autour d'agence thématiques pour voir de nouveau apparaitre de grands projets européens comme Airbus ou Ariane. Le système de l'unanimité étant bloquant par nature, et le système de la majorité etant clairement contre nos intérêts vu les particularités du modèle français.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Quel scandale de ranger Nicolas Dupont-Aignan aux côtés des listes de Dieudonné!

Debout la République est certes un petit parti, encore peu connu, mais il dispose de plus de 10 000 adhérents, soit sensiblement plus que le MPF ou le NPA, pas loin du parti de gauche!

Le petit livre mauve est une véritable réorientation, positive de l'Europe actuelle. Surtout, il contient le fameux plan B, une proposition de traité constitutionnel alternative, simple et lisible, rédigée par des professionnels du droit, de l'économie et de la politique!

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