Boutin renonce à son salaire, Fillon promet un contrôle des missions

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Christine Boutin a renoncé au salaire qu'elle percevait au titre d'une mission gouvernementale et qu'elle cumulait avec une pension de retraite. Le Premier ministre s'engage à ce que les rémunérations de ces missions soient mieux encadrées. Roselyne Bachelot, concernée elle aussi par le cumul emploi public-retraite, affirme qu'elle devra faire avec "la jurisprudence Boutin".

L'ancienne ministre Christine Boutin a annoncé jeudi soir qu'elle renonçait à son salaire de 9.500 euros par mois pour sa mission sur la mondialisation tout en affirmant que "beaucoup de gens" parmi les chargés de mission cumulaient plusieurs rémunérations. "J'ai (...) décidé de mener cette mission de façon gracieuse en renonçant à mes 9.500 euros", a déclaré Christine Boutin sur France 2. "Je suis en train de créer une jurisprudence avec cette décision. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans cette situation et qui vont aujourd'hui ou demain être confrontés au même problème", a-t-elle averti.

Dans un communiqué, Matignon a indiqué que le Premier ministre "se félicite de la décision de Mme Christine Boutin de renoncer à toute rémunération pour la mission qu'elle effectue sur la dimension sociale de la mondialisation". "Le Premier ministre a demandé au secrétaire général du gouvernement de veiller, sans délai, à ce que les rémunérations éventuellement octroyées à des personnalités chargées d'une mission par toute administration de l'Etat soient cadrées selon une doctrine uniforme afin d'éviter toute ambiguïté", poursuit le texte. "Cette doctrine fixera des références, notamment sur leur niveau, les éventuels cumuls, et bien sûr prendra en compte la nature et les exigences de chaque mission".

Eric Woerth avait demandé, plus tôt dans la journée, à Christine Boutin de renoncer au cumul de sa retraite de parlementaire avec la rémunération de 9.500 euros dont elle bénéficie au titre de sa mission controversée sur les conséquences sociales de la mondialisation.

L'ancienne ministre du Logement touche ce salaire depuis le 1er janvier, date à laquelle elle a entamé sa mission à la demande de l'Elysée dans la perspective de la présidence française du G20 (novembre 2010-novembre 2011), a précisé le ministre du Travail et des Affaires sociales sur Europe 1.

"Je vais demander à Christine Boutin de prendre en compte cette polémique qui ne doit pas durer pour renoncer à la partie qui dépasse les 9.500 euros, c'est-à-dire le cumul entre sa pension de retraite et la rémunération qu'elle a au titre de sa mission", a-t-il dit.

Christine Boutin dépend pour cette mission du ministère des Affaires sociales.

Outre les 9.500 euros mensuels que lui vaut sa mission, Christine Boutin précise dans Le Parisien-Aujourd'hui en France percevoir une pension de retraite "d'environ 6.000 euros" et une indemnité de base de 2.000 euros pour ses fonctions de conseillère générale des Yvelines.

"Eric Woerth considère que Christine Boutin ne doit pas cumuler sa retraite de parlementaire avec la rémunération de sa fonction publique", a expliqué à Reuters l'entourage du ministre. Eric Woerth a toutefois défendu Christine Boutin, dont la situation a été révélée par Le Canard enchaîné, soulignant qu'elle n'exerçait pas "une mission bidon".

Roselyne Bachelot aussi

La jurisprudence Boutin sur le non-cumul d'un salaire pour un emploi public et d'une retraite parlementaire va "sans doute" s'appliquer à d'autres et "on fera avec", a déclaré ce vendredi la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui touche aussi une retraite de parlementaire. "C'est quelque chose de cumulable. Mais si la législation change, on fera comme le dira la législation, c'est très simple", a-t-elle assuré sur iTélé, se disant "très sereine".

"Christine Boutin avait le choix parce qu'elle était dans la parfaite légalité, mais c'est également une fine politique, Christine (...) elle a réalisé que, face à la polémique, elle avait intérêt à prendre cette décision", a poursuivi la ministre.

La possibilité de cumuler une retraite parlementaire avec le revenu d'un emploi public, "cela existe depuis des dizaines d'années, on est dans une autre situation, on fera comme la législation l'indiquera", a estimé Roselyne Bachelot, assurant faire "toute confiance à Bernard Accoyer, au bureau de l'Assemblée nationale - qui est pluri-opinions - pour prendre les décisions nécessaires". "Cette réforme des retraites devra évidemment toucher toutes les retraites", a-t-elle considéré.

Interrogée sur sa propre situation, la ministre, qui a été quatorze ans parlementaire, a répondu: "je touche ma retraite parlementaire, comme d'ailleurs des ministres, des gens qui exercent des fonctions au Conseil constitutionnel, le Médiateur de la république". Au gouvernement, "tous ceux qui ont plus de 60 ans" touchent une retraite parlementaire, a-t-elle noté, citant Michèle Alliot-Marie.

Sur l'abandon éventuel de sa retraite parlementaire par Michel Rocard, ancien Premier ministre nommé ambassadeur des Pôles, Roselyne Bachelot a déclaré qu'"il choisira ce qu'il voudra".

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