COP22 : Il faudra attendre 2018 pour le cash !
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
C'est sur une Déclaration dite "Proclamation de Marrakech" et de nouveaux engagements qu'ont pris fin les travaux de la COP 22 qui a réunit du 7 au 18 novembre près de 30.000 participants sur la feuille de route pour la mise en œuvre concrète de l'Accord de Paris. Il y avait certes du beau monde, des personnalités et surtout beaucoup de discours et des promesses d'intentions au cours de l'événement qui a été surtout riches en conférences et autres réunions plénières mais aussi du spectacle en faveur du climat. A l'issue des négociations, les pays participants à la COP 22 se sont quittés sur une nouvelle promesse d'aller de l'avant et de maintenir la dynamique de mobilisation afin de garantir la réussite de la mise en œuvre l'Accord de Paris sur le climat entré en vigueur il y a deux semaines.
Le sommet de haut niveau de la COP 22 qui a constitué l'événement phare de la COP22, a réuni des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement qui tous ont affiché leur ferme soutien à la mise en œuvre de l'Accord. Il était attendu que la COP 22 débouche sur la définition des règles de mise en œuvre de cet accord et l'élaboration d'un plan viable pour fournir au moins 100 milliards de dollars par an aux pays en développement afin de soutenir l'action climatique. Au final, c'est une nouvelle échéance qui a été fixé pour cette fin, ce qui donne au rendez-vous mondial de Marrakech, annoncé comme celui de l'action, un goût d'inachevé surtout au vue de la mobilisation générale qui a suivi la COP 21 de décembre 2015 en France.
Les négociations entre les Etats-parties se sont achevées sur l'engagement des gouvernements à finaliser le règlement d'opérationalisation de l'Accord de Paris d'ici 2018. La veille de la clôture des travaux, les Etats- partis ont adoptés une Proclamation dite de Marrakech qui fera office de conclusion générale et de bilan de la COP22.
Dans la dite déclaration, les Etats parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) ont affirmé leur « engagement » à « la mise en œuvre complète » de l'Accord de Paris. Ils se sont félicités de « l'élan extraordinaire » en matière de lutte contre le changement climatique, partout dans le monde. Vendredi 18 novembre, 111 pays, représentant plus de 75% des émissions de gaz à effet de serre, avaient ratifié l'Accord selon l'ONU.
La Proclamation de Marrakech a, parallèlement, été adossé à un « Partenariat de Marrakech pour l'action globale pour le climat » qui vise comme principal objectif, l'intensification des efforts de coopération entre les gouvernements, les entreprises et la société civile dans le but de promouvoir un développement résilient et à faibles émissions de gaz à effet de serre.
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Le continent africain a été particulièrement bien représenté à cette COP 22 tant par la présence des chefs d'Etats et de gouvernements que par la série d'évènements qui ont mis en exergue les principaux défis pour les pays africains en matière de lutte contre le changement climatique. Le ton a été particulièrement donné à l'occasion du sommet africain de l'action, organisé par le Maroc en marge de l'évènement, et qui a permis à la cinquantaine de délégation participante de s'accorder sur une feuille de route pour la prise en compte des enjeux relatifs au changement climatique dans le cadre d'un développement durable des pays africains.
L'Afrique s'est également faite entendre à travers la Journée de l'Afrique, spécialement dédié au continent dans le cadre de la COP22 et à cette occasion, la question du financement est apparue comme la principale priorité pour le continent. Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a ainsi plaidé pour que soit transformées « les promesses sur papier en projets concrets et sur la nécessité de travailler ensemble au succès de l'Afrique». Les pays comme les associations de la société civile ont également présenté plusieurs initiatives qui pourraient permettre au continent de mieux s'intégrer à la dynamique mondiale en faveur du climat mais aussi et surtout de permettre à l'Afrique d'apporter les réponses aux défis posés par le réchauffement climatique.
« Toutes ces initiatives s'inscrivent parfaitement dans l'Agenda 2063 de l'Union africaine, dont l'objectif est de bâtir une Afrique prospère, fondée sur une croissance inclusive, et qui met l'Afrique sur la voie d'un développement durable centré sur des programmes résilients face au changement climatique, tandis que nous contribuons à protéger notre environnement en développant les énergies renouvelables », a indiqué la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, dans une déclaration lue en son nom par Elham Mahmoud Ahmed, commissaire chargé de l'Énergie et des Infrastructures pour la Commission de l'UA. Abdalla Hamdok, le secrétaire général par intérim de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), a profité pour souligner l'importance de faire coïncider les initiatives de lutte contre le changement climatique en Afrique et les efforts de développement durable.
La COP 22, c'était aussi les affaires et plusieurs annonces dans le cadre de la mise en œuvre de partenariats bilatéraux et multilatéraux ont été paraphées en plus du lancement d'une série d'investissements dits « verts » qui s'inscrivent dans le cadre de l'émergence de « la finance climat ». Selon le bilan dressé à l'issue des travaux, les pays ont promis plus de 81 millions de dollars au Fonds pour l'adaptation, dépassant ainsi son objectif pour l'année. Les investisseurs ont été bien présents et semble avoir pris conscience des opportunités que recèlent la transformation en cours de l'économie mondiale mais se montre encore prudente avant de lâcher les cordes de la bourse. Dans une allocution prononcée par la vice-présidente de la Banque mondiale chargée du développement durable, Laura Tuck, le Président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a déclaré « qu'il ne s'agit pas seulement d'essayer de persuader les bailleurs de fonds et les financiers de mettre plus d'argent, même si nous essayons certainement de le faire, mais aussi de créer un environnement qui génère beaucoup plus de financement. Même si nous avons les 100 milliards de dollars dont nous parlons, ce n'est pas assez pour atteindre nos objectifs ».
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En somme il va falloir encore plus que des déclarations et des engagements pour le démarrage effectif de la mise en œuvre de l'Accord de Paris. Il y avait eu déjà assez de mots et de promesses d'engagements, c'est de l'action qu'il faudrait et surtout du cash...pour financer les actes.
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