Thomson CSF : la Bourse plébiscite la stratégie d'alliances multidomestiques

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Fidèle à sa stratégie axée sur des rapprochements avec des homologues de taille moyenne, Thomson CSF vient de s'allier avec la Direction des constructions navales pour vendre des bateaux de guerre à l'exportation. Purement commerciale, l'alliance " n'implique pas le transfert des actifs (de la DCN), ni de changement de statut ", a indiqué le ministère de la Défense, mais prendra la forme d'une entité commune, détenue à parité entre l'Etat et Thomson CSF. Et elle pourrait s'avérer bientôt opérationnelle. " La nouvelle société a vocation à porter dès le départ la part française dans la réalisation industrielle du programme franco-italien des frégates Horizon ". Reste le volet social. Jugée " à haut risque " par la CGT, l'alliance reflète néanmoins " des aspects satisfaisants ",indique la CFDT.Nouvelle étape dans la stratégie " multidomestique " du groupe, l'accord intervient un mois à peine après le raid sur le britannique Racal, le mois dernier, pour 1,32 milliard de livres. Et les précédents s'accumulent. Déjà, en novembre, Alcatel s'est adjugé plus de 25 % du capital de Thomson CSF contre son désengagement partiel de Framatome. Parallèlement, le groupe français d'électronique de défense a créé une société commune avec Samsung Electronics chargée de produire des composants à haute-technologie. Plus récemment, Thomson CSF a repris les 50 % de capital détenus par le canadien Bombardier dans la joint-venture Shorts Missile Systems (SMS), basée à Belfast. Et d'après la direction, Raytheon pourrait être le prochain partenaire sur la liste des alliances.A l'écart de la vague de rapprochements transfrontaliers en œuvre dans le secteur de la défense européenne, le groupe continuerait ainsi de privilégier les accords de partenariats au cas par cas et les joint ventures. Ces opérations permettent la constitution à moindre coûts d'un réseau international permettant de remporter d'importants contrats. Les récents succès commerciaux du groupe au Royaume-Uni et en Afrique du Sud en témoignent." Cette stratégie, qui ne s'avère pas spectaculaire, nous semble très constructive à moyen et long terme ", note un analyste. D'où le plébiscite des investisseurs, depuis le raid sur Racal. Après avoir végété autour de 30 euros, ces deux dernières années, largement à l'écart de l'essor de la Bourse de Paris, la valeur s'est appréciée de près de 80 % en quelques semaines, avant de se replier de 10 % à 46,9 euros.Une surperformance depuis le début de l'année que conforte l'annonce, en fin de semaine dernière, d'une progression de 11,7 % de son chiffre d'affaires en 1999 à 6,9 milliards d'euros. Et les perspectives sont encourageantes pour les années à venir. Au cours de l'exercice passé, le groupe a enregistré un montant de 7,9 milliards d'euros de prises de commandes, en hausse de 12 % sur 1998. " Cette activité commerciale extrêmement favorable au cours de l'année 1999 s'est traduite par un ratio des prises de commandes sur chiffre d'affaires de 1,15, sans toutefois que Thomson-CSF n'ait enregistré de commande unitaire exceptionnelle (supérieure à 1 milliard d'euros) ", précise le groupe.En plus des avantages concurrentiels que lui confèrent ses accords et acquisitions domestiques, Thomson CSF bénéficie aujourd'hui d'une conjoncture favorable. Le vif renchérissement du pétrole gonfle les budgets de défense des pays du Moyen-Orient, tandis que la société bénéficie dorénavant d'une présence industrielle dans des pays dont le poids de la défense dans les dépenses de l'Etat croît fortement, comme la Corée du Sud, l'Australie et l'Afrique du Sud. De quoi anticiper une activité soutenue pour les deux années à venir.Et cet essor des carnets de commandes pourrait s'accompagner d'une amélioration de la rentabilité du groupe. Même si l'exercice 1999 devrait toujours être pénalisé par des charges exceptionnelles, comme de vastes provisions de restructurations, les efforts entrepris ces dernières années devraient se répercuter sur les marges d'exploitation, dont le rederssement est attendu dès les années 2000 et 2001.Mais pour encourageantes que soient ces perspectives, leur amélioration commence à être significativement intégrées dans les cours. La valeur, qui se paye autour de 28 son résultat net par action pour 2000, a d'ailleurs pâti de révisions à la baisse de recommandations de la part de plusieurs bureaux d'analystes.

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