Les Net entrepreneurs européens optimistes malgré tout

 |  | 654 mots
L'Europe est en retard sur Internet: telle est la litanie inlassable ressassée par toute étude portant sur le nombre d'internautes, le commerce en ligne ou encore le taux de pénétration des PC (ordinateurs personnels). Jeudi matin, la Tribune avait donc invité des professionnels issus des différents maillons de la chaîne Internet à pointer du doigt les déficiences de l'Europe sur la Toile, mais également à remettre en perspective les avances européennes en matière de nouvelles technologies.D'abord les "tuyaux", facteur essentiel du développement de la Toile auprès des internautes et des diverses start-up. Michel Bon, P-DG de France Télécom, a soulevé la délicate question de l'ouverture du marché des télécommunications à la concurrence. Pour lui, il existe deux réglementations légitimes à mettre en œuvre. Il est d'abord essentiel de fixer les normes d'interconnexion entre les réseaux européens, à tous les niveaux (tarifs, techniques etc.. ). Puis, il faut une réglementation qui accompagne le passage d'un marché des télécoms encore composé de monopoles à un marché ouvert à la concurrence. Il s'agirait d'une réglementation de transition, mais néanmoins indispensable.Les participants n'ont pas contesté les chiffres attestant le retard de l'Europe par rapport à ses voisins américains. Michel Bon et Jean-Philippe Courtois, président de Microsoft Europe-Moyen Orient et Afrique, citent comme preuve de ce retard le taux de pénétration du PC. Selon Jean-Philippe Courtois, « 29% des Européens sont équipés d'un ordinateur contre 52% aux Etats-Unis. Pis, 36% des Américains ont un accès Internet alors que seulement 17% des Européens se connectent sur la Toile. A cela, deux raisons essentielles : d'une part les coûts de communication ont freiné l'accès au réseau, estime-t-il. Puis, au-delà des disparités Nord-Sud, le retard d'un pays me semble corrélé au manque d'éducation des populations. Et l'Etat doit jouer son rôle. Par exemple, en Suède, les entreprises ont fourni à leurs employés, chez eux, des connexions Internet, contre une réduction de taxes. Le taux de pénétration d'Internet est passé à 50% ». Le responsable de Microsoft a alors souligné le sous-équipement flagrant des salariés en entreprise - 40% d'équipés contre 75% aux Etats-Unis - un phénomène touchant surtout les PME.Mais l'Europe dispose également de forces dues à ses particularismes. Si elle accuse un retard sur Internet, elle est plutôt largement en avance dans la téléphonie mobile. Selon Philippe Jaffré, président du conseil de surveillance de Zebank (banque en ligne, financée par Europ@web qui devrait voir le jour à la fin de l'année), « en la matière les Etats-Unis n'ont pas réussi à homogénéiser leur marché, d'où leur retard. L'Europe a su s'imposer dans le mobile, qui sera à mon avis un des points centraux de l'accès à Internet. ». L'accès au Réseau n'est donc pas une chasse gardée du PC. C'est également l'avis de Michel Bon, qui investit en ce moment à tout va dans l'UMTS. « Le mobile va modifier la donne. C'est une porte d'entrée sur la Toile, même si c'est pour des usages différents. Et si je ne peux encore décrire ces usages, ils viendront de toutes façons et le potentiel est gigantesque. »En somme, l'optimisme était au rendez-vous. Jean-Philippe Courtois a salué les arrivées en masse des « entreprises traditionnelles Brick and Mortar investissant le réseau, comme Carrefour ou Crédit Suisse First Boston ». Karsten Shneider, vice-président d'Intershop, a souligné « l'efficacité des entreprises du Net européennes, plus souples que leurs homologues américaines car obligées de se confronter à une pluralité de cultures ». Enfin, Charles Beigbeder, président de Selftrade, qui symbolise la réussite entrepreneuriale sur le Net, a expliqué comment le Web lui a permis de développer une activité sur un secteur détenu par des "oligopoles bancaires".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :