Rapprochement KPN-Telefonica : le conseil d'administration de l'espagnol se réunit aujourd'hui

Révélé le week-end dernier, le projet d'alliance entre l'opérateur espagnol Telefonica et le néerlandais KPN pourrait franchir demain une étape décisive. Le groupe madrilène a en effet confirmé la tenue, ce jeudi à 14 heures, d'un conseil d'administration extraordinaire, dont l'ordre du jour n'a pas été publié. Plusieurs hypothèses ont été évoquées ces derniers jours sur la forme que pourrait prendre une alliance entre les deux groupes, allant d'une simple coopération dans la téléphonie mobile à une fusion complète. Si elle avait lieu, la fusion serait la première entre deux anciens monopoles d'Etat. Elle donnerait naissance au quatrième groupe européen de télécommunications (derrière Vodafone AirTouch, Deutsche Telekom et France Telecom) et au septième mondial, avec une capitalisation boursière de près de 160 milliards d'euros. Le rapprochement doit cependant encore obtenir l'aval du gouvernement espagnol, qui dispose d'un droit de veto par le biais d'une "golden share" (action privilégiée) dans Telefonica. Il pourrait exiger que le gouvernement néerlandais s'engage, de son côté, à vendre les 43% qu'il détient encore dans KPN. Si la fusion avait lieu sur la base, évoquée par le journal La Vanguardia, de 3 actions KPN pour 2 titres Telefonica, l'Etat néerlandais deviendrait le premier actionnaire du nouveau groupe, avec 17% du capital. Plusieurs analystes ont souligné les fortes complémentarités géographiques entre les deux groupes: KPN est présent aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique et en Ukraine, alors que Telefonica est très fortement implanté en Amérique latine. Une alliance entre les deux opérateurs leur permettrait également d'avoir de bonnes chances dans la course au rachat du troisième opérateur de téléphonie mobile britannique Orange, qui doit être vendu par Vodafone dans le cadre de son rachat de l'allemand Mannesman. Orange, qui vient d'emporter une licence pour les téléphones mobiles de la troisième génération (UMTS) en Grande-Bretagne, pourrait être vendu pour environ 50 milliards d'euros, estiment certains analystes, qui relève que cette somme serait difficile à réunir par l'un ou l'autre groupe seul. Le duo Telefonica-KPN ne serait cependant pas l'unique prétendant à la reprise d'Orange. En effet, France Télécom a déjà clairement manifesté son intérêt. En fusionnant, Telefonica et KPN disposeraient en outre de la surface financière nécessaire pour participer aux enchères en préparation dans plusieurs pays européens pour l'attribution des licences UMTS, la norme de téléphonie mobile de troisième génération. Telefonica est présent dans le processus d'enchères en Allemagne, par l'intermédiaire du consortium Group 3 G, qui l'associe au finlandais Sonera et à Orange. De son côté, KPN a déposé sa candidature pour ces enchères via E-Plus, dont il détient 75%.

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