Paris redresse la tête

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La Bourse de Paris, qui broyait du noir vendredi matin (le CAC 40 perdait 2,14% à l'ouverture, à 5.862,51 points), avait fortement réduit ses pertes en milieu de journée. Profitant à plein de cet élan et du net rebond des marchés américains en début de séance à Wall Street, l'indice a terminé en nette hausse de 1,23% à 6.064,21 points, à l'issue d'une séance extrêmement volatile. Le volume de transactions s'est établi à 5,1 milliards d'euros sur le SRD. Depuis le début de l'année, le CAC 40 affiche un gain de 1,78%. Les opérateurs restent tout de même très fébriles, centrant leur attention sur le Moyen Orient, les prix du pétrole et les réactions de Wall Street. Volatilité et nervosité ont également été les maîtres mots du jour sur les autres places européennes, néanmoins revenues dans le vert dans l'après-midi à l'exception de Madrid, qui accuse une baisse de plus de 2%. Vers 17h30, Londres et Francfort prennent respectivement 1,27% à 6.209,6 points et 1,81% à 6.582,26 points. L'indice EuroStoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro s'adjuge 0,39% à 4.766,54 points, après avoir perdu jusqu'à 2% en séance. Après leurs fortes baisses de la veille, dues tout à la fois à l'aggravation de la tension au Proche-Orient, à la flambée des prix pétroliers et aux mises en garde concernant les résultats d'entreprise, les marchés américains reprenaient leur souffle vendredi. Vers 17h30, le DJIA gagnait 1,08% à 10.142,61 points et le Nasdaq Composite bondissait de 2,65% à 3.156,15 points. Mais ce rebond n'éloigne pas les incertitudes quant aux résultats des entreprises. Selon les analystes, plus de 380 entreprises auraient annoncé des avertissements sur leur profit pour le troisième trimestre. L'hémorragie ne semble donc pas jugulée alors que le DJIA a perdu 12% depuis le début de l'année et le Nasdaq 22%. Par ailleurs, la publication cet après-midi de statistiques plus fortes que prévu ne semble pas affecter outre mesure les marchés. L'indice des prix à la production a augmenté de 0,9% en septembre (+0,3% hors énergie et alimentation), alors que le marché attendait des augmentations respectives de 0,5% et 0,1%. Les ventes au détail ont progressé de 0,9%, toujours en septembre, soit une hausse de 0,7% hors automobile. Là aussi, cet indice dépasse les prévisions des analystes qui tablaient sur des augmentations respectives de 0,6 et 0,5%. Ces indicateurs démontrent la vigueur persistante du côté de la consommation, au moins en septembre, et cela devrait maintenir la Fed en alerte sur les risques inflationnistes. Par ailleurs, le cours du baril de brut rétrograde de 2,2% à 33,83 dollars à Londres. La possibilité que l'ONU et les Etats Unis forcent une réunion entre Palestiniens et Israéliens durant le week-end et l'engagement de l'Arabie saoudite de ne pas utiliser l'arme pétrolière dans la crise actuelle au Proche-Orient, ont redonné de l'espoir aux marchés. Sur le marché des changes, l'euro est passé sous la barre de 0,86 dollar pour la première fois depuis l'intervention concertée des banques centrales le 22 septembre. Vers 17h00, la monnaie unique s'échangeait à 0,8589 dollar. LES VALEURS DU JOUR A PARIS Les valeurs technologiques, massacrées à la mi-journée, se redressent en fin de séance dans le sillage du Nasdaq, permettant à l'indice parisien de virer dans le vert. ALCATEL, qui a marqué un plus bas à 68 euros en séance, termine sur un gain de 5,18% à 75,10 dans un volume de 8,6 millions de titres. La société a décidé de maintenir le calendrier de l'émission d'actions reflet de sa division Optronics. STMICROELECTRONICS reprend 6,54% à 52,10 alors qu'à New York, Intel rebondit de plus de 6%. COMPLETEL et TRANSICIEL s'adjugent respectivement 3% à 7,22 et 2,98% à 57,10. FRANCE TELECOM (+2.8% à 101) repasse lui aussi en terrain positif. L'opérateur a annoncé que l'introduction en bourse de sa filiale de téléphonie mobile Orange aurait finalement lieu début 2001 alors qu'il espérait encore récemment pouvoir lancer cette vaste opération de 15 milliards avant la fin 2000. THOMSON-CSF (+6,13% à 46,90), bien orienté pendant toute la séance, bénéficie d'un effet de rattrapage, de la montée des tensions au Proche-Orient et d'un article de presse évoquant une alliance avec Cogema et Alcatel dans les services informatiques. SAGEM (+1,76% à 202,50) a fait savoir qu'il franchirait sous peu le cap du million de mobiles WAP ou WAP+GPRS livrés, à la faveur d'une commande portant sur 180.000 appareils de la part de deux opérateurs tawanais. EQUANT (-3,78% à 35,65), BOUYGUES (-3,52% à 46,26) et UNILOG (-5,31% à 106,9) restent en revanche dans le rouge. EADS (-3,16% à 20,25) a identifié les domaines dans lesquels il pourra réaliser des économies en termes de coûts d'achats et le groupe pense pouvoir battre son objectif de 580 millions d'euros de synergies. Son codirecteur général a expliqué qu'au vu de la politique de couverture de change du groupe et de l'écart entre la prise de commande et la livraison, les effets de change pourraient largement compenser les coûts de développement du super-jumbo A3XX. LIBERTY SURF (-18,24% à 13 euros), réservé à la baisse, a touché un nouveau plus bas de 12,92 euros, tandis que WANADOO (-1,42% à 13,20) accuse sa cinquième séance consécutive de baisse. Parmi les titres des médias et de communication, TF1 (+0,52% à 57,70), THOMSON MULTIMEDIA (+3,52% à 49,07) et HAVAS ADVERTISING (+1,88% à 16,30) et LAGARDERE (+4,89% à 60,10) terminent en hausse. VIVENDI (+0,95% à 85,30) a profité en fin de séance de l'annonce, par l'édition électronique de La Tribune, du feu vert de Bruxelles à sa fusion avec Seagram et Canal+. Une décision que la Commission de Bruxelles devait annoncer officiellement en fin de journée.Le compartiment bancaire, attaqué en début de journée, se redresse également : CREDIT LYONNAIS prend 0,6% à 40,15, BNP PARIBAS 1,39% à 91,05 et la SOCIETE GENERALE 1,36% à 55,75. L'OREAL gagne 0,18% à 83,75 après l'annonce d'une hausse, conforme aux prévisions, de 17,4% de son chiffre d'affaires sur neuf mois, à 9,4 milliards d'euros. Selon plusieurs analystes, la valeur offre un potentiel de croissance limité alors que d'autres insistent sur le fait que le titre mérite une prime par rapport au secteur. LVMH chute de 1,68% à 81,90 après l'annonce d'un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 35%. Aurel Leven conseille le titre à l'achat. Exane et Cheuvreux sont, quant à eux, à "surperformance". Les craintes d'une nouvelle crise pétrolière liées au conflit au Proche-Orient pèsent sur le secteur de la métallurgie et les valeurs cycliques en général. PECHINEY cède 5,03% à 40,22 après avoir touché un plus bas de l'année de 39,20 et USINOR perd 2,21% à 10,18 après un plus bas de 9,90. METALEUROP, qui est par ailleurs handicapée par l'augmentation des stocks de plomb au LME, perd 9,15% à 6,06 après un plus bas de l'année de 6,01 euros. Victimes du renchérissement des cours pétroliers, les compagnies de transport aggravent leurs pertes sur des craintes concernant leurs bénéfices. Cheuvreux reste cependant à surperformance sur AIR FRANCE (-3,48% à 18,84) avec un objectif de 28 euros tout en recommandant la prudence à court terme. Mais les pétrolières n'en tirent pas profit, en raison de prises de bénéfices : TOTALFINA ELF perd 2,94% à 178,1.

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