L'OCDE relève ses prévisions de croissance pour 2000 et 2001

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La croissance est au beau fixe dans les pays industrialisés. Après le FMI en avril, l'OCDE a procédé à une forte révision à la hausse de ses perspectives de croissance. L'OCDE prévoit dorénavant une progression du Produit intérieur brut (PIB) de 4% en 2000 et 3,1% en 2001, selon les prévisions semestrielles publiées mardi. En novembre, lors de ses dernières prévisions semestrielles, l'OCDE tablait sur une hausse du PIB de respectivement 2,9% et 2,6% pour les pays membres. Le rythme de croissance de 2000 est "le plus rapide que l'on ait observé depuis plus d'une décennie", note l'OCDE, qui s'inquiète des conséquences d'un possible emballement, en particulier pour les marchés financiers, si les banques centrales ne réagissent pas à temps. "Globalement, l'émergence simultanée d'une croissance rapide dans beaucoup de pays et l'absence de puissants facteurs de stabilisation sur les marchés financiers mondiaux font que si les autorités monétaires sous-estiment le dynamisme de la demande à l'échelle mondiale et tardent à réagir aux retombées qu'il pourrait avoir sur les prix, le durcissement ultérieur de la politique monétaire pourrait être plus accusé", écrivent les experts de l'organisation. Risques de surchauffe aux Etats-UnisLes Etats-Unis continuent de démentir, semestre après semestre, les prévisions des économistes de L'OCDE. Moins de trois semaines après leurs dernières projections sur l'économie des Etats-Unis, l'Organisation a annoncé qu'elle trablait désormais sur une croissance américaine atteignant 4,9% cette année et 3% l'an prochain, des chiffres qu'elle fixait encore le 11 mai dernier à 4,5% et 2,9%. Jugeant nécessaire "un nouveau resserrement sensible de la politique monétaire", les experts estiment "appropriée, ces prochains mois", une nouvelle augmentation des taux d'intérêt américains à 7,25%, contre 6,5% aujourd'hui. Il s'agit, selon les experts, d'"empêcher une accélération permanente de l'inflation", qui devrait atteindre 2,4% cette année et 2,2% l'an prochain. Depuis le mois de juin 1999, la Réserve fédérale a relevé ses taux directeurs de 175 points de base.Optimisme pour la zone euroLes onze pays de l'Euroland bénéficient également de la reprise économique mondiale. L'OCDE escompte désormais une progression du Produit intérieur brut de 3,5% cette année et de 3,3% en 2001 alors qu'elle ne prévoyait que 2,8% pour les deux années lors de la publication de ses dernières prévisions semestrielles en novembre. "Dans la zone euro, les perspectives concernant la croissance et l'emploi à court terme sont plus encourageantes qu'elles ne l'ont jamais été depuis la fin des année 80", soulignent les experts de l'Organisation, qui se demandent néanmoins "pendant combien de temps cette expansion peut durer sans buter sur un risque inflationniste". Pour contrer ces risques de résurgences inflationnistes, l'OCDE demande à la Banque centrale européenne "une augmentation des taux d'intérêts graduelle". La hausse des prix devrait atteindre 2,0% tant cette année qu'en 2001. L'Organisation estime par ailleurs que "toute détente importante de la politique budgétaire serait peu appropriée". Le taux de chômage devrait reculer à 9,2% cette année et à 8,5% l'année prochaine tandis que les finances publiques devraient rester en déficit pour l'ensemble de la zone d'environ un point de pourcentage.La France devrait continuer de caracoler en tête du peloton européen en 2000, mais connaître un léger fléchissement de l'activité en 2001. L'OCDE prévoit ainsi un taux de croissance de 3,7 % en 2000, et de 2,9 % en 2001. Le pronostic de l'OCDE, qui a revu nettement à la hausse ses perspectives de croissance pour la France en 2000, est désormais très proche de celui du gouvernement qui table sur 3,6% cette année et 3% en 2001. Le Japon, "trou noir" de l'économie mondialeEn dépit d'un redressement conjoncturel, les "incertitudes sur la solidité de la reprise" japonaise resteront présentes en 2000 et 20001. Dans un contexte de forte croissance mondiale (4% cette année et l'an prochain), l'OCDE estime que le PIB du Japon pourrait progresser de 1,7% en l'an 2000 (année calendaire) et de 2,2 % en 2001, après une quasi stagnation (+ 0,3%) en 1999. La reprise conjoncturelle en cours est tirée par les exportations et l'investissement des entreprises, mais "la consommation est restée atone" et, en dépit d'un renforcement temporaire, "sa tendance pourrait rester faible, la poursuite des restructurations des entreprises pesant sur la progression des revenus salariaux", écrivent les experts de l'organisation. Dans ce contexte, l'OCDE estime qu'il faut éviter "un brusque changement de la politique économique". Tout en anticipant l'abandon d'ici la fin de l'année par la Banque du Japon de la politique de taux d'intérêt zéro, les experts estiment que "les taux courts devraient rester faibles", passant d'un niveau moyen de 0,3% (CD à trois mois) cette année à 0,7% en 2001. La déflation s'atténuera, avec une baisse des prix revenant à 0,1% en 2001, contre - 0,8% cette année. L'OCDE ajoute que "la politique budgétaire devrait rester expansionniste, du fait des mesures de relance budgétaire de novembre 1999, qui ne produiront pleinement leurs effets que cette année". L'évolution de l'économie japonaise reste difficile à prédire, reconnaît l'organisation, qui cite comme facteurs positifs l'amélioration des bénéfices des entreprises et par voie de conséquence des revenus des ménages, avec à la clef une reprise de la consommation privée. Le taux de chômage se stabilisera au taux relativement élevé pour le Japon de 4,8%. Mais, ajoutent les experts, "les risques d'évolution négative sont tout aussi importants", en mettant en garde contre le retard dans la restructuration des entreprises non-manufacturières et l'impact possible d'une hausse des taux d'intérêt qui pèserait sur le bilan des entreprises et par ricochet sur les banques.

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