Le point sur ... les valeurs du CAC40

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Le titre Vivendi a continué sa chute mardi, accompagné par Canal+, après l'annonce des modalités de la fusion à trois avec le groupe canadien Seagram. Quel est votre avis sur cette opération et cela modifie-t-il votre appréciation des actions Canal+ et Vivendi ?« D'un point de vue stratégique, cette opération est séduisante car elle crée, à l'instar de la fusion d'AOL et Time Warner, un groupe riche à la fois dans les contenus (cinéma, musique, édition) et les moyens de communication (télévision, internet, téléphonie). Je ne crois pas, de plus, que doive s'appliquer une décote de holding à cette nouvelle entité, puisque seule la partie rédactionnelle de Canal+ et Vivendi Environnement resteront des filiales de Vivendi Universal. En dehors de ces éléments, toutes les activités de communication de Vivendi, Canal+ et Seagram seront intégrées en une seule structure. « Comment expliquer alors la réaction très négative du marché ? Tout d'abord, les investisseurs estiment que Vivendi a payé trop cher le groupe canadien, en accordant une prime de 46% sur le cours de l'action. Ensuite, ils craignent que les anciens actionnaires de Seagram cèdent rapidement les titres Vivendi Universal nouvellement acquis, tirant vers le bas le cours de l'action du conglomérat français. La famille Bronfman, qui détiendra 8 % de la nouvelle entité, pourra ainsi céder ses titres seulement 90 jours après que la fusion a été réalisée, alors que les « lock up » atteignent souvent plusieurs années dans ce type d'opérations. « La question se pose ensuite de savoir ce que fera le nouveau groupe de Cegetel, qui regroupe les activités de téléphonie de Vivendi. Certains analystes estiment que Vivendi Universal pourrait céder cette filiale, par exemple à Vodaphone, et ainsi devenir un acteur pur des médias. « Les investisseurs ont enfin du mal à comprendre le fait que les activités musicales de Seagram soient mises en avant comme l'un des principaux atouts du nouveau groupe. Il s'agit en effet d'une branche qui est déficitaire depuis plusieurs années, et qui est de plus fortement exposée au problème du piratage. « Tous ces éléments ont naturellement renforcé les incertitudes sur l'évolution boursière du titre Vivendi, ce qui devrait se matérialiser par une volatilité accrue dans les prochaines semaines. Concernant Canal+, le marché considère que le maintien de la seule activité rédactionnelle ne présente qu'une valorisation résiduelle, peut-être de l'ordre de 15 à 20 euros par actions. Le titre semble donc irrémédiablement lié à Vivendi dorénavant. « Derrière ces incertitudes, il faut toutefois noter la présence d'un facteur positif pour le nouveau groupe. Avec l'absorption de Canal+ et de Seagram, il représentera une pondération de plus de 10 % dans l'indice CAC40 et fera partie des valeurs incontournables au même titre que France Télécom actuellement. Cela pourrait constituer un facteur non négligeable de soutien pour son cours de bourse. »Alors que les pays de l'Opep se réunissent aujourd'hui pour décider d'une éventuelle augmentation de leurs quotas de production de pétrole, quelle est votre opinion sur l'action TotalFinaElf ?« Nous restons très confiants dans les perspectives financières de TotalFinaElf, pour deux raisons. D'abord, même si les pays de l'Opep décident d'ouvrir un peu les vannes à l'issue de leur réunion du 21 juin, on sait d'ores et déjà que le cours du baril se situera en 2000 à un niveau beaucoup plus élevé qu'au cours des deux dernières années, ce qui a un impact positif sur le bénéfice net de TotalFinaElf. Ensuite, malgré un rebond récent de l'euro, le dollar reste à un niveau élevé dans une perspective historique. La plupart des produits pétroliers vendus par TotalFinaElf étant libellés dans la devise américaine, une appréciation du dollar améliore mécaniquement les ratios financiers de la société. »Plus généralement, quels sont actuellement les secteurs que vous surpondérez au sein de l'indice CAC 40 ?« Nous surpondérons actuellement les financières pour un double motif. Tout d'abord, les banques françaises présentent actuellement des niveaux de valorisation que nous jugeons peu élevés. Ensuite, la décrue progressive des taux longs devrait avoir un effet favorable sur le secteur. « Les médias - et notamment TF1 - restent par ailleurs tirés par des recettes publicitaires en forte croissance. La première chaîne française est de plus très bien gérée, ce qui constitue un bon gage de visibilité. « Dans les télécommunications, je ne partage pas l'avis courant selon lequel il faut privilégier à tout prix les équipementiers sur les opérateurs. S'il est vrai que ces derniers sont confrontés à des investissements considérables (acquisition des licences UMTS, constitution des réseaux de troisième génération), une société comme France Télécom dispose d'une position forte sur le marché européen après le rachat d'Orange. A titre plus spéculatif, on peut se tourner vers Bouygues, dont les activités de télécommunications pourraient être cédées à un grand opérateur étranger souhaitant obtenir une licence UMTS sur le territoire français. Les autres activités de Bouygues sont par ailleurs toutes rentables, et la participation dans TF1 constitue un actif de choix. « Parmi les valeurs plus traditionnelles, nous nous sommes repositionnés sur Carrefour à un cours de 70 euros. Une valeur comme Peugeot présente également des perspectives intéressantes dans un marché européen en forte croissance ».

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