Le point sur ... les valeurs du CAC40

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Que pensez vous de la rumeur, qui a circulé hier, faisant état d'un possible rachat d'Equant par France Télécom pour dix milliards d'euros ?« Ces rumeurs ont effectivement permis à Equant de regagner plus de 10 % mardi. Pour autant, de nombreux analystes sont peu enclins à penser qu'une telle opération se réalisera. Deux raisons à cela : tout d'abord, certaines activités d'Equant n'intéressent pas France Télécom ; ensuite, et surtout, France Télécom, qui s'est déjà engagé à racheter l'opérateur britannique de téléphonie mobile Orange et devra concourir à l'attribution des licences UMTS en Europe, n'a probablement pas les capacités de financement suffisantes pour réaliser une telle acquisition. « Ces rumeurs ont donc plutôt servi de prétexte à un retour sur la valeur Equant, qui s'était effondrée de 50 % à la suite de la publication d'une perte nette de 24,6 millions de dollars au premier trimestre de son exercice 2000. Elles ont également remis au goût du jour les bruits récurrents relatifs à une possible OPA sur le capital d'Equant. Souvenez vous que le marché bruissait déjà de rumeurs d'OPA alors que l'action cotait 110 euros. A moins de 50 euros, le caractère opéable de la société est largement renforcé, ce qui fait d'Equant une valeur hautement spéculative. Si l'on s'intéresse aux fondamentaux d'Equant, par contre, rien ne justifie un retour brutal des investisseurs sur le titre. C'est pourquoi je reste prudent sur cette valeur, qui devrait connaître une très forte volatilité dans les semaines à venir. »STMicroelectronics a subi mardi d'importants dégagements, après qu'ait été évoquée par la presse une possible augmentation de son capital par le fabricant de composants. Que pensez-vous de cette autre rumeur ?« Deux remarques, tout d'abord, sur le parcours boursier de STMicroelectronics mardi. Le titre a d'abord fortement reculé à l'ouverture, avant de se reprendre une fois qu'a été annoncé le démenti du groupe, puis de rechuter en fin de séance. Ensuite, les volumes échangés ont été très importants, avec plus de 4,5 millions de titres échangés. « Comme pour Equant, je crois que la rumeur a servi de prétexte aux investisseurs pour réaliser leur plus-value sur le titre. N'oublions pas, toutefois, que France Télécom détient plus de 11 % du capital de la société, et pourrait remettre une partie de ses titres sur le marché pour accroître ses capacités de financement. En dehors de ces éléments, enfin, la conviction se fait jour aux Etats-Unis que nous sommes proches de la fin du cycle pour les fabricants de semi-conducteurs, ce qui rend la valeur moins attractive. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que le titre soit attaqué. Pour ma part, je reste réservé sur les perspectives de STM à moyen-terme, dans la crainte en particulier d'un tassement de la demande. »Le groupe Danone se comporte très bien en bourse depuis le milieu du mois de mars. Comment expliquer le réveil de cette valeur traditionnelle ?« Il faut d'abord remettre en perspective le parcours boursier de Danone. Cette valeur avait été délaissée par les investisseurs en début d'année, en raison de l'engouement qui s'était manifesté pour les valeurs de la Nouvelle économie. Logiquement, dès le début de la correction, elle a bénéficié de son statut de valeur défensive, pour rattraper une partie de son retard. « Plus précisément, toutefois, l'ensemble du secteur agroalimentaire a été réveillé par l'acquisition de Bestfoods par Unilever, qui va relancer la vague de concentration au niveau mondial. Le capital de Nabisco devrait d'ailleurs prochainement évoluer, et il n'est pas exclu que le groupe Danone lui-même soit un jour prochain la cible d'une OPA. Dans ces conditions, l'agroalimentaire a retrouvé les faveurs des investisseurs, comme l'illustre l'évolution boursière de Danone ».

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