Le point sur ... la stratégie d’investissement

 |  | 681 mots
Lecture 3 min.
Quelles peuvent être les conséquences d'un ralentissement de la croissance américaine sur les marchés actions européens ?« S'il est vrai que l'on a pu observer, au cours des dernières semaines, un certain nombre de signes de ralentissement de la croissance outre-Atlantique, ils ne sont pas suffisants pour affirmer avec certitude que l'économie américaine se dirige aujourd'hui vers un atterrissage en douceur. Nous pensons par conséquent que la Fed poursuivra son entreprise de ralentissement de la croissance économique en relevant de nouveau ses taux d'intérêt. Grâce à cette intervention, nous attendons que la hausse de l'activité revienne sur un rythme tendanciel de 3 % en fin d'année, contre 4 à 6 % au deuxième semestre de 1999. « Dans ces conditions, nous pensons que les marchés actions européens devraient rester sous pression au cours des prochains mois. Le ralentissement qui se profile, en limitant les risques d'inflation, sera par contre favorable aux placements obligataires et aux secteurs sensibles aux variations de taux (principalement les valeurs financières). »Les appels au marché (augmentations de capital et introductions) devraient se multiplier dans les prochaines semaines, notamment en France. Cela risque-t-il de peser sur les marchés actions ?« Il est effectivement possible que les investisseurs renâclent un peu devant l'afflux de nouveaux titres qui se prépare avant la période estivale. Toutefois, il faut garder en mémoire que l'épargne est très forte en Europe continentale, ce qui se traduit par une importante demande d'actions. L'équilibre entre offre et demande de titres ne devrait donc pas être durablement modifié par les introductions et augmentations de capital programmées dans les prochaines semaines. « Cette situation est parfaitement illustrée par l'exemple français. Alors que les économistes anticipaient une réduction du taux d'épargne des ménages liée à la reprise de la croissance économique et à la baisse du taux de chômage depuis 1997, celui-ci s'est stabilisé à un niveau élevé (autour de 15 % du revenu disponible). L'épargne de précaution qui avait été contractée par les ménages pour faire face à la précarité du marché de l'emploi semble s'être transformée en une épargne destinées au financement des retraites. Or, cette épargne de long terme est placée de façon privilégiée sur les marchés actions, qui présentent historiquement les meilleurs rendements. J'en veux pour preuve les statistiques d'entrées sur les Sicav actions au 1er trimestre 2000, qui se sont élevées à 9 milliards d'euros, soit quasiment autant que sur l'ensemble de l'année 1999. »Quelles sont aujourd'hui les grandes orientations, en termes géographiques et d'allocation d'actifs, de votre politique d'investissement ?« Pour les raisons évoquées précédemment, nous sommes optimistes sur les placements obligataires à un horizon de six mois. Les marchés actions devraient par contre rester sous pression en raison la poursuite du relèvement des taux d'intérêt aux Etats-Unis et en Europe. Cela n'empêche pas certains secteurs d'activité de rester attractifs. Les valeurs financières, en particulier, devraient bénéficier d'une détente progressive des taux longs. Les bancaires sont notamment un bon placement dans une optique de moyen terme (12 mois), car ce sont des valeurs qui ont beaucoup souffert de la remontée des taux d'intérêt depuis la fin de 1998. Nous apprécions également le secteur des médias, qui est redevenu abordable après la correction des mois de mars et avril. Ces entreprises se trouvent au carrefour de la « révolution interactive », et possèdent donc de bonnes perspectives de développement. « En ce qui concerne l'orientation géographique de notre politique d'investissements, nous mettons actuellement l'accent sur le Royaume-Uni, car il s'agit du premier pays qui devrait connaître un ralentissement effectif de sa croissance économique. La politique monétaire de la Banque d'Angleterre devrait donc être plus accomodante que celle de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne. Or, si les hausses de taux pèsent sur les marchés actions, la réciproque est également vraie. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :