Le point sur ... les warrants

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Depuis le milieu du mois d'avril, le cours du baril de Brent (pétrole de la mer du Nord) est passé de 22 à plus de 29 dollars. Comment expliquer ce mouvement de hausse et pensez vous qu'il déclenchera un nouveau relèvement des quotas de production à l'issue de la réunion de l'Opep du 21 juin prochain ?A l'issue de la réunion de l'Opep à Vienne le 27 mars dernier, les pays membres ont décidé d'augmenter de 1,7 millions de barils par jour leur production de pétrole. Ce chiffre était toutefois ambigu puisque l'Opep dépassait auparavant de 1 million de barils/jour ses quotas de production. En conséquence, la hausse de la production réelle n'a été que de 0,7 million de barils/jour. C'est pourquoi, après une phase de détente au début du mois d'avril, les prix sont repartis à la hausse pour atteindre plus de 29 dollars lundi. Les analystes jugent insuffisante cette augmentation de la production car ils anticipent une baisse des stocks d'essence dès le début du troisième trimestre, à mesure que la demande d'essence s'envolera du fait des départs en vacances, notamment aux Etats-Unis. Dans ce contexte de prix élevés, l'Opep devrait procéder le 21 juin prochain, à un nouvel ajustement à la hausse de ses quotas de production (les marchés tablent sur une hausse de 500.000 barils par jour). En outre, nous pensons que les pays producteurs de pétrole pourraient opter pour un relèvement marginal de leurs quotas avant même la réunion du cartel. Il ne faut pas oublier, toutefois, que les cours du pétrole étaient à des niveaux extrêmement bas au cours des deux années qui viennent de s'écouler (13,38 dollars pour le baril de Brent en 1998 et 18,20 dollars en 1999). Dans ces conditions, les pays de l'Opep espèrent profiter de la hausse actuelle des prix du brut pour rattraper le déficit de recettes accumulé au cours des deux dernières années. Nous anticipons un léger tassement des cours en 2001, le prix du baril de Brent s'établissant à 23,5 dollars en moyenne annuelle, contre 26 dollars attendus en 2000. Les marchés futurs sont d'ailleurs en situation de déport : on observe une décroissance des cours à mesure que la maturité s'éloigne. Le contrat Brent mars 2001 cotait lundi en séance 24,63 dollars, contre 28,78 dollars pour le contrat Brent juillet 2000.Quels sont les warrants adossés aux contrats Brent qui rencontrent actuellement le plus de succès auprès des investisseurs ?Avant de répondre à cette question, je tiens à préciser la nature des produits que nous proposons. Il s'agit de warrants adossés à différents contrats futurs sur le baril de brent. Ces contrats futurs se distinguent par leur maturité. Nous disposons ainsi de warrants sur les contrats août 2000, septembre 2000, décembre 2000 et mars 2001. Or, ces contrats ne réagissent pas de la même façon aux variations du cours du baril au jour le jour. Plus la maturité est éloignée, moins l'impact d'une évolution du cours du Brent au jour le jour est sensible. Ceci étant dit, beaucoup de gens se positionnent sur des put pour parier sur une baisse prochaine des cours du brut. Ils pensent en effet que nous sommes aujourd'hui proches d'un plafond, et qu'il est peu probable en tout cas que le baril de Brent dépasse largement les 30 dollars. Dans cette stratégie, ils optent plutôt pour des maturités proches, c'est à dire qu'ils privilégient les warrants sur les contrats septembre (très spéculatifs) et décembre 2000. Comme ces contrats sont fortement réactifs à une variation des prix du Brent au jour le jour, ils peuvent espérer réaliser des gains substantiels. Ils doivent toutefois faire attention à la valeur temps, qui décroît rapidement dans le mois précédant l'arrivée à maturité du warrant.Comment a évolué la volatilité implicite des contrats sur le baril de Brent au cours des dernières semaines ?Encore une fois, la volatilité implicite des contrats dépend largement de l'échéance retenue. Les contrats de septembre 2000 présentent ainsi une volatilité de 35 %, alors que les contrats de décembre 2000 ne sont qu'à 30 %. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la volatilité implicite ne s'est pas sensiblement tendue au cours des dernières semaines. Le baril de Brent au jour le jour a en effet connu une hausse relativement régulière depuis le milieu du mois d'avril. Les quelques points supplémentaires de volatilité implicite s'expliquent avant tout par l'approche de la réunion des pays-membres de l'Opep le 21 juin prochain, qui rajoute de l'incertitude dans les anticipations.

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