Le point sur ... la stratégie d’investissement

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Après les hausses conjuguées des taux courts américains et européens, quelles sont vos perspectives sur les politiques monétaires de la Réserve fédérale et de la BCE, et leurs conséquences sur les marchés actions ?« Aux Etats-Unis, deux éléments ont incité les marchés actions à anticiper un arrêt du cycle de resserrement monétaire de la Fed. Le fait, d'abord, qu'Alan Greenspan et ses collègues aient opté pour un relèvement de 50 centimes du taux des Fonds fédéraux, et non de 25 points de base comme cela avait été le cas depuis le mois de juin 1999. Le fait, ensuite, que l'économie américaine montre quelques signes de ralentissement, notamment dans les statistiques de l'emploi au mois de mai. La conjonction de ces deux facteurs a permis aux marchés actions, et surtout au Nasdaq, de se reprendre vigoureusement la semaine dernière. « Pourtant, comme souvent sur les marchés financiers, on a eu tendance à prendre l'hirondelle pour le printemps. S'il existe effectivement des signes précurseurs d'un atterrissage en douceur de l'économie américaine, ceux-ci devront être confirmées par de nouvelles statistiques. De plus, la reprise des marchés actions devrait entraîner, par le biais de l'effet-richesse cher au Président de la Fed, un rebond de la consommation des ménages. Il est d'ailleurs intéressant de constater que le ralentissement économique américain a suivi de près la correction subie par les marchés financiers à partir du mois de mars. Une envolée des titres amènerait probablement un nouveau relèvement de ses taux par la Réserve fédérale, au détriment des marchés actions. « Le rôle de la politique monétaire est moins déterminant pour les marchés actions européens. Ceux-ci sont en effet largement guidés par le « world global stock market », et moins sensibles aux variations des taux d'intérêt. Toutefois, la décision prise jeudi par la BCE de passer, pour ses opérations de refinancement, d'un système à taux fixe à un système à taux variable me semble critiquable. Ce faisant, les banquiers centraux ont privilégié un soucis d'originalité qui n'avait pas lieu d'être. Ce nouveau système ajoute en effet de l'incertitude dans la détermination des taux d'intérêt, ce qui devrait se traduire par l'adjonction d'une prime de risque sur les emprunts obligataires. »Dans ce contexte, quels sont les grandes orientations de votre politique de gestion ?« Nous continuons de légèrement surpondérer les actions, et en particulier les titres du secteur des TMT que nous jugeons un peu sous-évalués. Le contexte macro-économique reste en effet favorable aux marchés boursiers : le cycle mondial, qui est synchrone pour la première fois depuis le début des années 1990, ne présente pas à l'heure actuelle de risque de crash. Nous ne croyons pas, en particulier, que l'économie américaine présente aujourd'hui un véritable risque pour l'équilibre économique mondiale. « Nous sommes par ailleurs neutres sur les marchés obligations, car il ne nous semble pas qu'existent, là-aussi, de risques majeurs. Logiquement, vous pouvez donc déduire de cette allocation que nous sous-pondérons le cash. « Enfin, dans nos décisions d'investissement, nous n'avons pas de raisonnement en termes d'allocation géographique des placements. Nous aimons à l'heure actuelle les valeurs de croissance, qu'elles soient japonaises, américaines ou européennes. De plus, nous pensons que l'euro va dorénavant plafonner contre le dollar, excluant un risque de change sur les placements réalisés aux Etats-Unis. »Vous nous disiez votre attrait pour les valeurs de croissance. Quels sont en particulier les secteurs que vous sur-pondérez au sein de cette catégorie d'actions ?« Nous pensons que le secteur des télécommunications a été injustement massacré à la suite des craintes soulevées par l'attribution aux enchères des licences UMTS. Des titres comme Telefonica, Vodafone ou Portugal Telecom sont aujourd'hui de bonnes opportunités. Les équipementiers devraient également connaître de bonnes performances, en particulier grâce aux contrats liés à la mise en oeuvre des réseaux de téléphonie mobile de troisième génération. « Nous sommes aussi revenus sur les valeurs médias, qui ne comportent plus aujourd'hui de prime liée à leur développement dans l'internet. Les télévisions traditionnelles présentent notamment des ressources publicitaires en forte croissance, avec de plus une bonne visibilité à moyen-terme. Leur implication sur la toile mondiale, qui n'est plus reflétée dans leurs niveaux de valorisation, leur donne un attrait supplémentaire. » Enfin, si nous sous-pondérons globalement les valeurs traditionnelles, nous retenons quelques secteurs d'activité dont l'activité connaît des taux de croissance rapides. La distribution est par exemple un domaine qui nous intéresse parmi ces valeurs de l'ancienne économie. A l'inverse, les sociétés pharmaceutiques, même si elle sont tirées par la forte croissance de la demande mondiale, restent trop chères.

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