Le point sur ... la gestion collective

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En tant que gérant d'un fonds spécialisé dans les valeurs technologiques, comment analysez-vous la correction subie par le secteur des TMT depuis le milieu du mois de mars ? « Le coup de tabac essuyé par le secteur des TMT trouve son origine dans deux phénomènes. Les valeurs de croissance ont été aspirées, à la fin 1999 et au début de cette année, par une bulle spéculative que le marché s'est par la suite employé à corriger. Au-delà de ce premier facteur, la question du coût présenté par le passage à la téléphonie mobile de troisième génération a renforcé les incertitudes des opérateurs sur les niveaux de valorisation des sociétés de télécommunications. Ces deux éléments ont provoqué la chute des cours que l'on sait. « Ceci étant dit, l'attrait des investisseurs pour les valeurs technologiques est plus qu'un phénomène de mode. Ces sociétés présentent des taux de croissance explosifs de leur activité, qui les différencient fondamentalement des valeurs plus traditionnelles. Elles ne forment pas pour autant un secteur à part dans l'économie. Les entreprises de l'ancienne économie ne pourront accroître leur chiffre d'affaires qu'en recourant de façon de plus en plus intensive aux nouvelles technologies. »Quels sont actuellement les secteurs de la Nouvelle économie que vous privilégiez dans vos décisions d'investissement ?« On peut distinguer quatre grands secteurs dans la Nouvelle économie. Le premier concerne le traitement des flux d'information. Il s'agit par exemple des sociétés proposant le développement de plateformes Business to Business, ou des éditeurs de logiciels de traitement de contenus médias. Le second secteur comprend l'ensemble des opérateurs et constructeurs de réseaux. Les fabricants de semi-conducteurs forment la troisième partie de ce quatuor. On trouve enfin les éditeurs de contenu, parmi lesquels sont présents les chaînes de télévision, les sociétés de production cinématographiques, les éditeurs de jeux vidéos, ... « Nous sommes assez réticents sur le secteur des opérateurs et constructeurs de réseaux car nous pensons qu'il vont être progressivement assimilés aux entreprises du secteur des « gross utilities » (services aux collectivités), ce qui devrait entraîner une révision à la baisse de leurs ratios de valorisation. « Le secteur des semi-conducteurs a du mal à se remettre du tassement de la demande asiatique intervenu en 1998 et 1999. Le problème est que cet événement a coïncidé avec la fin du dernier cycle d'équipement, provoquant une surréaction du marché. Nous restons toutefois présents sur ces sociétés, en privilégiant les entreprises les plus innovantes dans leurs processus de fabrication des puces. La société française Soitec constitue par exemple un pari intéressant. « Nous apprécions les sociétés de contenus, en particulier celles comme Walt Disney ou TF1 qui se basent sur une image de marque forte. Elles auront un rôle important à jouer dans la convergence des technologies de l'information. Le secteur des jeux vidéos est également intéressant, en particulier avec la perspectives du développement des jeux en ligne. Electronic Arts ou Infogrames sont par exemple bien positionnés pour profiter de l'envol de l'internet ludique. Il s'agit cependant d'investissements de long-terme, car le sentiment de marché est à l'heure actuelle très défavorable vis-à-vis de ces valeurs. « Il faut enfin rester très attentif aux valeurs internet pures, car elles seront probablement amenées, comme ce fut le cas pour AOL et Time Warner, à fusionner avec de grandes entreprises de contenus. Elles pourraient donc devenir des acteurs majeurs des autoroutes de l'information de demain. »Quels sont, géographiquement, les marchés les plus porteurs ?« Nous sommes traditionnellement lourdement investis sur le Nasdaq américain. Nous devons toutefois prendre en compte la problématique des taux de change dans nos décisions d'investissement. L'euro se réveillera un jour, et une surexposition excessive sur le marché américain pourrait grever les performances de notre fonds. C'est pourquoi nous essayons de rééquilibrer nos investissements en faveur de l'Europe. « Nous nous attachons également à croiser notre vision géographique avec nos orientations sectorielles. Un pays peut par exemple présenter un avantage décisif par rapport aux autres dans un segment donné du marché. Cela influera forcément sur nos décisions d'investissement. »

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