L'OPEP s'engage à augmenter sa production de 800 000 barils par jour

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L'OPEP est parvenue à un accord de hausse de la production de 800.000 barils par jour à partir du 1er octobre, pressée par l'Arabie Saoudite qui souhaitait obtenir un consensus sur une hausse avant même la conférence de l'organisation, dimanche après-midi. A l'issue d'une réunion de quatre heures de ses Etats membres, le ministre qatariote du Pétrole Abdullah ben Hamad al-Attiya a déclaré que l'OPEP était "parvenue à un accord de hausse de la production de 800.000 barils par jour". La conférence ministérielle se poursuivra néanmoins lundi avec pour ordre du jour l'élection du secrétaire général de l'OPEP. Des candidats saoudien, irakien et iranien sont en lices. Le ministre koweïtien Saoud Nasser al-Sabah a précisé que cet accord serait appliqué "le 1er octobre" tandis que le ministre des Emirats arabes unis Obaid ben Sail al-Nasseri s'est dit "très satisfait" de cette décision. Les ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole sont convenus de se retrouver le 12 novembre pour examiner l'évolution de cet accord sur les prix du pétrole. Cette décision est "un signe aux marchés", a déclaré pour sa part le ministre vénezuélien de l'Energie Ali Rodriguez, dont le pays assure la présidence de l'OPEP. "Nous pensons que la décision va avoir un impact très positif sur les prix, qui vont être stabilisés à court terme autour de 25 dolllars le baril", a estimé de son côté le ministre algérien Chakib Khelil. "C'est le troisième geste de bonne volonté que l'OPEP a pris puisque nous sommes à 3,33 milions de barils de plus qu'en janvier", a-t-il ajouté. "Nous espérons que les pays consommateurs vont faire un geste de bonne volonté en diminuant les taxes".Les pays consommateurs, confrontés à une poussée de colère contre la flambée des prix des carburants, étaient suspendus à la décision de l'OPEP. Le cartel a choisi de ne pas faire durer le suspense. La Maison Blanche est restée prudente après l'accord annoncé, le secrétaire général de la présidence américaine, John Podesta, jugeant dimanche que l'impact sur les cours restait encore à évaluer. Les analystes, eux aussi, ont accueilli cet accord avec un optimisme très mesuré. "Ce n'est pas grand-chose, mais c'est mieux que rien", relevait Leo Drollas du "Centre for Global Energy Studies", dont le siège est à Londres. "Cela n'aidera pas les marchés car l'OPEP produit déjà autour de 760.000 à 770.000 barils par jour (en plus de leurs quotas) ainsi que le montrent" les prix actuels du brut, a-t-il ajouté. "Les prix resteront autour de 30 dollars le baril, mais pourront encore grimper cet hiver s'ils (les pays de l'OPEP) ne mettent pas plus de pétrole sur le marché", a estimé M. Drollas. L'Arabie Saoudite, qui plaidait plutôt en faveur d'une augmentation de 1 mbj, alors que plusieurs Etats membres étaient favorables à une hausse de seulement 500.000 bj, est donc parvenue à obtenir un consensus un peu inférieur à ses objectifs, mais supérieur au chiffre de 700.000 bj avancé jeudi après les entretiens du président américain Bill Clinton avec le prince héritier saoudien, Abdallah ben Abdel Aziz. Les Etats-Unis, confrontés à un risque de pénurie de fioul en début d'hiver, étudient sérieusement la possibilité de pomper dans leurs stocks stratégiques pour assurer l'hiver. Ce ne serait pas une mauvaise solution pour les consommateurs ni pour l'OPEP, relève Roger Diwan directeur des marchés de Petroleum Finance Company. Cela permettrait de détendre le marché au troisième trimestre sans risquer de se retrouver avec trop de pétrole, facteur de chute des cours, quand la demande baissera au premier trimestre 2001. Plus tôt dans la matinée, un haut délégué auprès de l'OPEP avait indiqué que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole réfléchissait à une augmentation de sa production de brut qui pourrait aller "jusqu'à 1 à 1,5 million" bj. L'Arabie Saoudite tente de persuader les autres Etats membres de l'organisation de s'entendre "sur une augmentation d'un million de barils par jour", avait indiqué une source proche de la délégation saoudienne. "Ils veulent y parvenir avant l'ouverture (des marchés) car ils ont des affaires intérieures à régler", a estimé cette source. Seuls l'Arabie Saoudite, plus gros producteur de l'OPEP, le Koweït et les Emirats arabes unis ont la capacité de pomper plus de brut rapidement et de façon substantielle.

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