Routiers et agriculteurs prêts au blocus des dépôts de carburants

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Excédés par la hausse des prix des carburants, les routiers et les agriculteurs, préparent le blocus, dans la nuit de dimanche à lundi, de raffineries et dépôts de pétrole dans tout le pays tandis que le ministère des transports espère aboutir à un accord avec les routiers lundi. "Des discussions positives sont en cours et pourraient aboutir lundi" entre le ministère et les trois organisations patronales des routiers, la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), l'Union nationale des organisations syndicales des transporteurs (UNOSTRA) et la Fédération des entreprises de transport et logistique (FTLF), a indiqué dimanche le ministère. Aucune précision n'a été donnée sur le contenu des discussions ou sur les éventuelles propositions du ministère, alors que le blocus des raffineries et des dépôts se prépare dans toute la France par les routiers, rejoints par les agriculteurs et les ambulanciers. Inquiets des conséquences, les Français se sont rués dans les stations-service pour faire le plein, créant par endroits des files d'attente. Pour sa part, le Premier ministre Lionel Jospin a indiqué dans son discours de clôture de l'université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle que "le gouvernement est prêt à des mesures spécifiques pour les secteurs les plus en difficulté" du fait de la forte augmentation des prix pétroliers, en citant notamment "le transport routier". Les routiers, qui se disent les oubliés du plan de baisses d'impôts annoncé jeudi, réclament un allégement de leur fiscalité alors que les prix des carburants flambent. De leur côté, les agriculteurs ont décidé de rejoindre l'action des routiers, en déplorant dimanche l'absence de tout contact avec le ministère de l'agriculture. "Le ministre Jean Glavany n'a donné aucun signe de l'ouverture des négociations" avec les agriculteurs, regrette une porte-parole de la FNSEA. Le ministre avait souligné samedi que les agriculteurs ont bénéficié dans le plan fiscal d'un allégement de charges de 500 millions de francs. Une lueur d'espoir est venue dimanche du côté de l'OPEP dont le secrétaire général Rilwanu Lukman a indiqué à l'hebdomadaire allemand Spiegel que "si les prix du pétrole restent au niveau actuel" -- plus de 30 dollar le baril -- l'organisation des pays producteurs interviendrait. En attendant, l'heure est à la mobilisation. Plus de 70 raffineries et dépôts de carburants devraient être bloqués lundi au petit matin, notamment la raffinerie de Donges (Loire Atlantique), à partir de 04h00, de même que celle de Vern-sur-Seiche (Bretagne). En Haute et Basse Normandie, à partir de 05h00, les centres de raffinerie de Ouistreham, Granville, Honfleur Cherbourg, et Havre devront être bloqués. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les patrons routiers prévoient le blocus de la raffinerie de Dunkerque-Gravelines et des dépôts de carburants du Dunkerquois. En Alsace, la FNTR bloquera lundi dès le petit matin la raffinerie de Reichstett, à une quinzaine de kilomètres de Strasbourg, le terminal pétrolier du port autonome de Strasbourg et d'autres dépôts pétroliers. La raffinerie de Feyzin dans le Rhône sera bloquée à partir de dimanche minuit. Le blocage lundi à partir de 06h00, du dépôt d'hydrocarbures de Puget-sur-Argens (Var) et de l'aéroport de Nice est aussi prévu. Dans les Pyrénées-Orientales, les chauffeurs routiers vont bloquer la raffinerie de Port-La-Nouvelle (Aude) à partir de lundi matin et dans les Hautes-Pyrénées le blocus des raffineries de Tarnos (Landes), en compagnie des agriculteurs de la FDSEA. Dans le Sud-Ouest, la FNTR annonce le blocage de plusieurs dépôts pétroliers et raffineries, à partir de lundi matin 3 heures, notamment à Bassens et Ambes, en Gironde.

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