nFactory "lâché" par iSyndicate et Bertelsmann

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La roche tarpéienne n'est pas loin du Capitole. La métaphore valable à Rome il y a plus de 2000 ans l'est encore aujourd'hui dans la nouvelle économie. Et nFactory, société française spécialisée dans la syndication de contenus en fait aujourd'hui la très cruelle expérience. Trois mois et demi après l'annonce de son rachat par iSyndicate Europe, joint-venture entre le géant allemand Bertelsmann et l'américain iSyndicate Inc, le Français est en dépôt de bilan et cherche un repreneur. Présentée en janvier comme une superbe opportunité pour la start-up française, le rachat par iSyndicate Europe (dont le montant n'avait pas été dévoilé mais était évalué à une centaine de millions de francs) s'est écroulé comme un château de cartes le 17 avril. "Ce jour-là, raconte Michael Khoï, directeur général de nFactory, nous devions signer le transfert des titres iSyndicate pour finaliser le rachat. Mais ni les représentants d'iSyndicate Europe, ni ceux de Bertelsmann ne sont venus. Sans prévenir". Sans cette dernière signature, la lettre d'intention de janvier et l'acte de vente paraphé le 21 mars ne valent plus rien. La vente est donc annulée. "Le pire, continue Michael Khoi, c'est que Bertelsmann Content Network, la filiale spécialisée de Bertelsmann, dont les représentants nous avaient approchés directement en décembre et qui avaient ensuite pris la direction d'iSyndicate Europe, refusent aujourd'hui de nous répondre et renvoient la balle aux Américains en expliquant que Bertelsmann n'est qu'un 'simple actionnaire' d'iSyndicate Europe". La version du groupe allemand est, sans surprise, légèrement divergente... "L'accord prévoyait, dans un premier temps, un rachat de nFactory par iSyndicate Inc, qui devait apporter nFactory à iSyndicate Europe, explique Peter Bichara, PDG d'iSyndicate Europe, venu du groupe allemand. C'est la première étape qui est remise en cause. Et je n'ai pour l'instant reçu aucune information confirmant l'annulation définitive de l'accord". iSyndicate Inc., lui aussi, se débat dans les difficultés financières. La société, qui avait levé quelque 100 millions de dollars depuis sa création, s'est placée récemment sous la protection du chapitre 7 de la loi américaine sur les faillites. En mars, il avait licencié une partie de ses effectifs, mais s'était voulu rassurant, expliquant qu'il ne faisait que s'adapter aux conditions du marché. Selon des informations de la presse spécialisée américaine, iSyndicate serait en négociations en vue d'une reprise par son concurrent Screaming Media pour moins de dix millions de dollars.De ce côté-ci de l'Atlantique, nFactory, dont les caisses sont vides, est contraint aujourd'hui de chercher des repreneurs. Et travaille au reclassement de ses 85 salariés. "Nous attaquons iSyndicate Europe et Bertelsmann en justice, souligne Michael Khoï. Et nous sommes convaincus que nous gagnerons. Mais dans combien de temps ? Eux ont le temps et l'argent pour eux. Nous, nous avons 85 personnes sur le carreau".Quatre repreneurs potentiels de tout ou partie de nFactory se sont déjà manifestés. Car l'entreprise dispose encore de certains atouts. Créée en 1999, nFactory a signé des accords avec quelque 600 fournisseurs européens de contenus et compte plus de 50 clients. La société, qui avait entamé son développement international en Espagne, prévoyait, avant le projet de rachat par iSyndicate Europe, de parvenir à la rentabilité en fin d'année.iSyndicate Europe, de son côté, reste à l'affut sur le marché français. "Nous avons des bureaux au Royaume-Uni, ouverts depuis mars 2000, et en Allemagne depuis trois mois, rappelle Peter Bichara. Lorsque l'avenir de l'accord entre nFactory et iSyndicate Inc. sera fixé, nous reconsidérerons notre stratégie de développement sur le marché français".Marc Angrand

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