"La consolidation du marché de l'hébergement commence"

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IXEurope avait déjà levé 84 millions d'euros depuis sa création, dont près de 50 il y a moins d'un an. Pourquoi un nouveau tour de table aujourd'hui ?Lors de la levée de fonds de l'an dernier, nous avions pour objectif de porter rapidement à vingt le nombre de nos datacentres (centres d'hébergement) en Europe. Aujourd'hui, sept centres sont opérationnels et cinq sont en construction, mais à moyen terme notre réseau ne devrait pas compter plus de douze sites. En effet, le report de l'introduction en Bourse initialement prévue en novembre dernier à la Bourse de Londres nous a contraint à réviser nos objectifs. Le nouveau tour de table doit nous permettre de nous développer jusqu'à la fin du premier semestre 2002. C'est à ce moment que nous prévoyons de devenir bénéficiaires en exploitation.Mais notre stratégie de base n'est pas remise en cause : dans les pays où nous nous implantons, nous allons d'abord vers la capitale, puis vers les grandes villes, en fonction principalement du tissu économique et industriel local. En France, nous avons commencé par Paris avec un centre à Roissy ; nous construisons actuellement un centre de 3.000 m2 à Sophia-Antipolis, qui sera entièrement opérationnel avant la fin de l'année. Dans une nouvelle phase de développement, Lyon pourrait constituer une cible. IXEurope développe ses activités d'hébergement et de services sans lien privilégié avec un opérateur de télécoms ou de réseaux. Est-ce un handicap ou un avantage ? Bien sûr, le risque de la neutralité, c'est de perdre des contrats avec des sociétés qui demandent des liens avec tel ou tel opérateur. Mais notre statut d'indépendant constitue un avantage lorsque certains clients souhaitent lancer un appel d'offres depuis nos centres ou lorsqu'ils réclament la connexion avec deux opérateurs. Ce dernier cas de figure est de plus en plus fréquent, notamment chez les clients qui cherchent une offre " tout compris " réunissant l'hébergement et la connectivité. Nous sommes donc - comme certains opérateurs d'ailleurs - en train de nous adapter. Le marché évolue vers des partenariats entre hébergeurs et opérateurs, permettant de proposer aux clients des offres intégrées. L'évolution de votre marché souffre-t-elle des difficultés des sociétés Internet ? Il est certain que les entreprises qui ont pignon sur rue et ne souffrent pas de problèmes de financement sont nos cibles privilégiées. Mais le marasme n'est pas généralisé. Et l'évolution actuelle crée aussi de nouvelles opportunités : certains opérateurs de réseaux qui réduisent leurs investissements dans l'hébergement, viennent nous voir pour étudier la possibilité d'utiliser nos centres, en apportant leur fibre jusqu'à nos installations. Ce type de partenariats est sans nul doute amené à se développer. Par ailleurs, on sent déjà en Europe que la consolidation du secteur a commencé. Les opérateurs ont commencé, les hébergeurs vont suivre, d'autant plus vite que certains manquent de capitaux pour investir. Le même phénomène est déjà engagé aux Etats-Unis. L'autre grande tendance, c'est la multiplication des partenariats pour accroître la valeur ajoutée des services que nous fournissons à nos clients. Seul, nous fournissons les infrastructures, la sécurité et un certain nombre de caractéristiques techniques. Mais nous devons monter en puissance sur la valeur ajoutée et cela passe par l'établissement de partenariats. Par exemple, nous pourrions bientôt mettre à la disposition de nos clients des capacités de stockage disponibles dans nos centres, dans le cadre d'une coopération avec un spécialiste du domaine. L'objectif, à terme, est de constituer une communauté de partenaires. Propos recueillis par Marc Angrand

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