« Prime à la croissance organique dans la distribution »

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La Tribune. - Le secteur de la distribution a perdu une partie de la prime dont il bénéfice historiquement par rapport au reste du marché...Christian Guyot. - Le secteur européen de la distribution se paie 20 fois les bénéfices attendus pour 2001, ce qui reste légèrement supérieur au marché (18,5 fois). La distribution a perdu une partie de sa prime avec la dégradation de ses perspectives de croissance. A l'exception de la Grande-Bretagne, le secteur est en proie à des facteurs déflationnistes, notamment dans l'alimentaire, liés au renforcement de la concurrence et à une progression limitée de la consommation en volume. Cet environnement, qui pèse sur les marges, laisse peu de place pour une reprise boursière durable.Tout le secteur de la distribution est-il touché par ce phénomène ?Non. Certains distributeurs, qui se basent sur un concept fort, réussissent à maintenir une croissance organique élevée. C'est par exemple le cas de PPR dont les bonnes performances se fondent sur le succès des enseignes Fnac et Rexel. A l'étranger, le britannique Tesco est un autre champion de la croissance organique grâce à une offre plus orientée vers le non-alimentaire. Malgré son statut de leader européen, Carrefour est par contre pénalisé par la faible progression de ses ventes à magasins constants. La capacité à dégager une croissance organique forte est aujourd'hui le premier critère de choix entre les valeurs de la distribution.Va-t-on assister à un nouveau mouvement de consolidation de la distribution en Europe ?Bien sûr, mais pas tout de suite. Les rapprochements sont freinés par des niveaux de valorisation toujours élevés et par les difficultés inhérentes aux fusions transnationales dans le secteur. Les habitudes locales de consommation et la culture d'entreprise forte des différents acteurs de la distribution rendent en effet risqués les rapprochements d'opérateurs de nationalité différentes. Autre inconnue : que va faire Wal-Mart ? Le numéro un mondial de la distribution, qui rencontre des difficultés au Royaume-Uni et en Allemagne, ne semble pas avoir encore arrêté sa stratégie sur le Vieux Continent. Pour ces raisons, il me semble que le secteur doit encore mûrir avant de poursuivre sa consolidation.Propos recueillis par Jean-Noël Roffiaen

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