« Le ralentissement économique ne menace pas les profits des pétrolières »

« La Tribune » - Les résultats trimestriels des sociétés pétrolières européennes seront-ils aussi flatteurs que ceux des compagnies américaines ?Christophe Reynier - Probablement. Les compagnies européennes ont bénéficié depuis le début de l'année d'un environnement extrêmement porteur, caractérisé par le maintien du prix du brut à un niveau élevé et la montée en puissance des volumes de production. Elles ne pourront par contre pas se prévaloir de profits équivalents dans la production de gaz naturel. Ce marché reste guidé par des facteurs domestiques et le prix du gaz, qui a triplé en un an aux Etats-Unis, est resté plus sage sur le Vieux Continent. Autre différence, les marges de raffinage devraient plafonner en Europe, alors qu'elles ont été soutenues, outre-Atlantique, par l'entrée en vigueur de nouvelles normes environnementales et la fermeture des raffineries les plus polluantes. A l'inverse, la concentration de l'industrie pétrolière européenne continuera cette année de générer des synergies favorables à la croissance des profits.Existe-t-il un risque d'effondrement du prix de l'énergie ?Les prix resteront élevés cette année, et probablement l'année prochaine. La baisse des quotas de production de l'Opep, en janvier et en mars 2001, a démontré son efficacité même si elle n'a été respectée qu'à 70% par les pays membres. Si les prix repartent à la baisse, il est probable que l'organisation réduira de nouveau son offre en juin. Ensuite, le ralentissement américain n'a pas eu d'effet sur la demande : au 1er trimestre 2001, les Etats-Unis ont encore accru leur consommation de 3% en volume. Enfin, la Chine va s'affirmer comme un importateur structurel de pétrole. D'ici 2005, ses constructeurs automobiles y produiront cinq millions de véhicules par an, contre 300.000 aujourd'hui.De nouveaux rapprochements sont-ils à prévoir dans l'industrie pétrolière européenne ?L'essentiel de la consolidation a été réalisé pour les sociétés intégrées. Ce sont surtout les para-pétrolières qui devraient passer à l'offensive. Après les années de vaches maigres, celles-ci sont poussées vers l'avant par la hausse des dépenses d'exploration des compagnies. Le contexte est favorable aux rapprochements !Propos recueillis par Jean-Noël Roffiae

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