« Le découplage entre l'Europe et Wall Street est illusoire »

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« La Tribune ». Que fera la Fed le 20 mars ?Jean-Pierre Petit. Elle baissera ses taux de 50 points de base. On ne peut exclure 75 en cas de forte remontée de l'aversion au risque ou de forte détérioration des indicateurs conjoncturels. Tout plaide pour une poursuite de l'assouplissement monétaire : conditions trop restrictives, croissance largement sous le potentiel, absence de réelles tensions inflationnistes... Eviter la récession est la priorité de la Fed, non seulement parce que cela correspond à ses objectifs, mais aussi parce que cela lui compliquerait la tâche de par la dégradation de la situation des banques, rendant insoutenable l'endettement privé, fragilisant le dollar et mettant en évidence les surcapacités. Or, pour éviter une récession, mieux vaut concentrer les baisses de taux en début de cycle de desserrement.Cela fera-t-il remonter la Bourse ?Historiquement, la baisse des taux de la Fed amène une reprise assez rapide des actions. Mais il ne s'agit que d'une moyenne. A l'été 1989, la Fed avait entamé une baisse des taux mais après une courte embellie le marché avait été déçu à partir de la mi-1990, lorsque l'économie américaine entra en récession. Il n'est reparti qu'au début 1991. Entre le début du cycle de baisse des taux et la reprise durable du marché, il s'est écoulé un an et demi. Ajoutons que les valorisations sont aujourd'hui encore élevées et que même en cas de reprise au second semestre les pressions sur les marges resteront fortes.Si Wall Street baisse, les Bourses européennes resteront-elles autonomes ?Le découplage des Bourses européennes est illusoire. L'influence de Wall Street s'est renforcée avec un poids croissant du Nasdaq, variable suivant le poids des TMT dans les indices. La multicotation et le poids des non-résidents dans la capitalisation boursière constituent des variables clés de sensibilité à Wall Street. De plus, l'Europe ne demeurera pas une « oasis de prospérité » et il y a aujourd'hui une montée des aléas négatifs. Enfin, l'exposition des firmes cotées européennes à la conjoncture américaine (compte tenu notamment des investissements européens réalisés aux Etats-Unis depuis cinq ans) est plus forte que ne l'est le PIB européen.

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