Des changements à la tête de Fiat dès jeudi

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C'est jeudi que Fiat, actuellement en pleine agitation sociale (voir ci-contre), réunira un conseil d'administration consacré à un remaniement de sa direction. C'est ce qu'a indiqué Antonio Marzano, le ministre italien de l'Industrie. Depuis deux jours, les rumeurs vont bon train à ce sujet. Et si le groupe a rapidement indiqué qu'aucune modification n'était à l'ordre du jour du conseil d'administration prévu aujourd'hui mardi, les spéculations ont été ravivées par la visite du président honoraire de Fiat, Umberto Agnelli, au président du conseil italien, Silvio Berlusconi. Car le gouvernement italien est traditionnellement informé en priorité des changements majeurs intervenant à la tête de Fiat.Les premières réactions n'ont pas tardé. Les banques créditrices se sont déclarées opposées à un changement de direction, qui pourrait compromettre le plan de sauvetage.Des changements à la tête du groupe "constitueraient une violation substantielle des accords sur la restructuration de Fiat intervenus en mai", indique un communiqué commun de IntesaBCI, Capitalia, SanPaolo Imi et Unicredito. Ces derniers avait renfloué Fiat de 3 milliards d'euros, en échange d'un programme de réduction de la dette.Officiellement chez Fiat, il n'est question que du départ du numéro deux, Gabriele Galateri di Genola. Et d'après le groupe, celui-ci ne démissionnera que lorsque son successeur sera trouvé. Mais les rumeurs ont aussi évoqué celui du président Paolo Fresco. La direction du groupe turinois, que le marché rend responsable de la dette faramineuse, se trouve en effet dans une situation délicate depuis que des milliers d'employés ont été mis au chômage technique.D'après plusieurs médias italiens, ce serait un proche de la famille Agnelli, Gianluigi Gabetti, qui remplacerait Paolo Fresco. Quant au poste d'administrateur délégué de Gabriele Galateri, il serait occupé par Enrico Bondi, actuellement à la tête de l'assureur SAI et proche de Mediobanca.Si de tels remaniements avaient lieu, l'une des premières conséquences pourrait être une redéfinition de la stratégie, surtout en cas d'influence accrue de Mediobanca. Car l'administrateur délégué de la banque, Vincenzo Maranghi, passe pour être favorable à un regroupement des marques sportives du groupe. Ainsi, le site Internet de la revue spécialisée Automotive News indique ce mardi qu'Alfa Romeo sortirait de Fiat Auto et rejoindrait Ferrari et Maserati dans un nouveau groupe de voitures de luxe. Selon La Repubblica et le Corriere della Serra Fiat examinerait ce projet dont Volkswagen, qui s'est refusé à tout commentaire, pourrait prendre 49% du capital. Ce groupe de véhicules de luxe pourrait également à terme faire son entrée sur le marché puisqu'en mai, la firme de Maranello manifestait déjà son intention de se faire coter en Bourse.Enfin, l'édition en ligne de la revue affirme qu'un plan de restructuration pourrait aussi conduire à dénouer les accords capitalistiques liés avec General Motors. Ainsi, GM abandonnerait son droit de regard et de blocage sur des ventes ou des transferts d'actifs de Fiat. En échange, Fiat annulerait l'option de vente lui permettant de céder à GM, dès 2004, les 80% de Fiat Auto que l'Américain ne détient pas. Cet accord ne remettrait toutefois pas en cause le partenariat industriel de Fiat Auto et GM, notamment dans les achats de composants. Rappelons que GM avait acquis 20% de Fiat Auto il y a deux ans pour 2,4 milliards de dollars. Mais il a dû en octobre ramener la valeur de cette participation à 200 millions de dollars.A Milan, après cinq séances de baisse, l'action Fiat était dans le vert en début de journée. Mais l'éventualité d'un bras de fer entre les créanciers et les actionnaires a fait chuter le titre, qui perd 3,96%, à 8,69 euros, en fin de journée.

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