EADS de plus en plus prudent

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Le ciel s'assombrit pour EADS. Certes, le groupe européen n'a jamais caché que les années à venir seraient tendues, en particulier à cause de la crise du transport aérien. Mais depuis quelques temps, il semble que chacune de ses interventions soit l'occasion de donner quelques détails supplémentaires bien peu engageants. Comme s'il voulait progressivement préparer le marché aux difficultés à venir. C'est ce qu'il a fait une nouvelle fois mardi soir.Ainsi, s'il a maintenu à 300 appareils l'objectif de livraisons d'Airbus (sa filiale à 80%), le groupe a averti que l'année 2003 ne sera certainement pas un bon cru. "2003 sera pour nous et pour Airbus une année difficile", a déclaré Rainer Hertrich, co-président d'EADS, devant des journalistes à Munich. En novembre dernier, lors de la présentation des chiffres trimestriels du groupe, EADS n'avait pas vraiment donné de perspectives pour 2003, se contentant d'indiquer que la division espace ne serait pas bénéficiaire l'an prochain.Autre point sur lequel le groupe s'est montré un peu plus précis: la marge. Le groupe n'a rien annoncé de bien nouveau en disant avoir peu d'espoir de réaliser une marge opérationnelle de 10% en 2004. En revanche, alors qu'en novembre il s'était contenté de repousser l'objectif à une date ultérieure, désormais il n'exclut pas d'atteindre cet objectif seulement en... 2007. Histoire de ne pas trop alarmer le marché, EADS précise toutefois qu'il pourrait y parvenir un peu plus tôt avec un environnement économique propice. Et, Rainer Hertrich a assuré que 2007 est une date butoir car "lorsque l'A380 sera sur le marché, l'entreprise fera une avancée de géant en termes de résultat".Enfin, il n'y a pas que l'aéronautique qui va traverser quelques turbulences. La division espace est un autre sujet de préoccupation pour le groupe. Le marché des satellites traversant une mauvaise passe, Astrium a en effet affiché une perte de 101 millions d'euros sur les neufs premiers mois de l'année. Du coup, "sans reprise du marché en vue, la priorité de la direction demeure la restructuration et le réduction des coûts d'exploitation", a récemment prévenu le groupe. C'est dans ce cadre que Rainer Hertrich s'est voulu un peu plus explicite en déclarant hier soir: "nous allons probablement au devant de suppressions d'emplois supplémentaires". Des suppressions d'effectifs qui s'ajouteraient au 1.200 déjà programmées.Dans ce flot de propos peu encourageants, EADS a toutefois maintenu ses prévisions pour l'exercice en cours, à savoir un Ebitda de 1,4 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires de 30 milliards. Mais, comme en témoigne l'action qui recule de 4,53%, à 10,54 euros, cela semble aux yeux des investisseurs peser bien peu face aux difficultés qui s'annoncent.

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