Les Pays-Bas coûtent 500 millions de provisions à Dexia

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Dexia avait averti fin octobre que ses comptes du troisième trimestre seraient affectés par des provisions destinées à couvrir ses difficultés aux Pays-Bas. Le groupe a finalement décidé de les établir à 467 millions d'euros. Elle concerneront des coûts de restructuration pour 30 millions, des risques de crédit avérés (27 millions) ainsi que des charges et risques potentiels pour 410 millions. Au total, les provisions passées sur Dexia Bank Nederland s'élèvent désormais à 497 millions d'euros.Avec les activités de "leasing d'actions" aux Pays-Bas héritées de Labouchère (il vient d'intenter une action en justice à ce sujet contre Aegon), le groupe franco-belge doit en effet faire face à la contestation de nombreux particuliers qui ont subi de plein fouet la chute des marchés. Dexia Bank Nederland proposait ces dernières années à ses clients un produit financier très populaire, le "share leasing", consistant à acheter des actions néerlandaises de qualité avec de l'argent prêté par les établissements financiers, ceci avec le soutien fiscal de l'Etat. Mais nombre de clients se sont laissés surprendre par le retournement des marchés, certains se retrouvant en possession "d'un portefeuille d'actions dont la valeur est inférieure à ce qu'ils doivent rembourser à la banque", a rappelé Pierre Richard, président de Dexia, au cours d'une conférence de presse.Cette affaire hollandaise pèse sur les résultats. Comme l'avait lui-même prédit le groupe il y a un peu plus d'un mois, le bénéfice est ressorti bien en-deçà des 383 millions d'euros du deuxième trimestre. A 175 millions d'euros, il a reculé de 54% en trois mois et de 37,5% en un an. Les prévisions des analystes dans ce domaine étaient assez peu significatives, compte tenu de l'incertitude qui régnait autour de l'ampleur des provisions.Mais le groupe n'a pas été pénalisé que par les provisions. L'activité est restée tendue, comme en témoigne le reste des résultats, inférieurs aux attentes. Ainsi, le résultat brut d'exploitation est ressorti à 379 millions (-30% en trois mois) là où le marché attendait, selon Reuters, un chifre de 496 millions d'euros.Même chose pour le produit net bancaire. A 1,13 milliard d'euros, il est en recul de 14,7% en trois mois et inférieur de 13% aux pronostics des analystes. Le groupe justifie ces chiffres par des marchés financiers "très perturbés (...) qui ont influencé, à des degrés divers, tous les métiers du groupe à l'exception du premier et le plus important d'entre eux: les services financiers au secteur public. Celui-ci a en effet vu ses recettes sous-jacentes croître de 4,3%".S'il a connu un trou d'air au troisième trimestre, l'établissement a néanmoins maintenu ses prévisions de résultats annuels. Après avoir visé une croissance de 12% jusqu'en juin, puis la stablité jusqu'en septembre, Dexia avait déclaré en octobre attendre une baisse de 10% de son résultat net sur l'année. Un chiffre qui a été confirmé jeudi soir par Pierre Richard, le PDG du groupe. Pour cela, Dexia devra redresser la barre au quatrième trimestre, puisque le repli du résultat est de 13,3% sur neuf mois. Le PDG en est conscient et a souligné qu'il attendait des résultats du quatrième trimestre "bien meilleurs" que ceux du troisième.Intervenant jeudi soir au cours d'une conférence de presse, Pierre Richard a précisé qu'il n'avait pas été intéressé par le rachat de la participation de 10,9% de l'Etat dans le Crédit Lyonnais car cela "ne correspondait pas à la stratégie" de son groupe, même si celui-ci est toujours prêt à étudier un projet d'alliance avec un réseau français. Cette mise aux enchères "a retenti comme un coup de tonnerre dans le paysage bancaire français. Les choses bougeant, cela ne va pas s'arrêter tout de suite", a estimé Pierre Richard, selon qui "cette vente va déclencher un mouvement de restructuration bancaire en France et peut-être même en Europe".En Bourse, vendredi soir, l'action Dexia progresse de 9,23% à 12,07 euros. Des analystes relèvent que la structure de coûts s'améliore. En outre, "un effort de communication a été fait", souligne Aurel-Leven qui ajoute que pour les Pays-Bas le groupe "semble avoir pris les mesures attendues". Bref, la banque devrait pouvoir repartir sur de meilleures bases pour le quatrième trimestre.Enfin, alors que la bataille pour le contôle du Lyonnais est engagée, plusieurs opérateurs estiment que le titre est porté par la recomposition à venir du secteur. "Le marché spécule sur des intentions de la Société Générale, qui pourrait se renforcer dans Dexia après que le Crédit Lyonnais soit racheté par la BNP", note un vendeur, cité par l'AFP.

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