Descente en piqué pour l'action Air France

On se croirait revenu un an en arrière pour Air France. Tout d'abord pour le cours de l'action, qui en chutant de 13,51% à 8 euros se retrouve globalement au même niveau qu'après les attentats de septembre 2001. Ensuite pour les raisons qui motivent cette baisse. Car comme l'an passé, les tensions internationales ne sont pas pour arranger les affaires de la compagnie française.Les risques de conflit entre Washington et Bagdad peuvent en effet faire craindre une dégradation du trafic aérien. Et surtout, ils font flamber les cours du pétrole qui, à 29,50 dollar le baril, est lui aussi revenu à ses niveaux de l'an passé. Or, une hausse du prix du carburant, poste particulièrement lourd dans les comptes des transporteurs, peut affecter significativement le résultat. Mais le cas d'Air France n'est pas isolé et les mauvaises nouvelles en provenance d'outre-Atlantique pèsent également sur l'action. "Les prix du brut augmentent et les investisseurs craignent qu'une guerre avec l'Irak conduise les gens à limiter leurs voyages en avion", indiquait récemment une analyste citée par Reuters pour justifier la chute d'American Airlines à ses plus bas depuis 20 ans. Les compagnies américaines devraient d'ailleurs demander un soutien financier au Congrès alors qu'elles s'attendent cette année à des pertes plus lourdes que l'an passé.A cela s'ajoutent des facteurs propres à Air France. La compagnie a déjà dû faire face à une grève de son personnel de quatre jours en début de mois. Et elle doit d'attendre à de nouvelles difficultés puisque plusieurs syndicats ont appelé à une journée de grève le 3 octobre afin de protester contre la privatisation à venir. Un projet de privatisation qui n'intervient peut-être pas au meilleur moment. "La volonté de la part de l'Etat d'accélérer la privatisation devrait attiser les mouvements sociaux et dégrader encore les résultats de cette année, ce qui pourrait peser sur le cours de l'action jusqu'à ce que l'opération se finalise", estimait récemment Aurel-Leven.Enfin, dans ce contexte tendu, Air France doit faire face à une concurrence accrue. Si le long-courrier se porte bien, il n'en est pas de même pour le réseau domestique concurrencé par le TGV et les compagnies à bas prix. Le trafic a reculé de 15,8% en juin, 12,1% en juillet et 8,5% en août. En conséquence, le groupe va mettre en place une réduction de ses capacité de 8,5% (voir ci-contre), mais il s'est également vu contraint d'annoncer une baisse de ses tarifs sur plusieurs lignes intérieures.

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