La confiance ne revient pas sur les marchés

Doutes sur la solidité de la croissance mondiale, mauvaises nouvelles en provenance des entreprises et intervention prévisible des Etats-Unis en Irak: le cocktail désormais classique fait une nouvelle fois la démonstration de son impact sur les marchés.Dans la matinée, c'est notamment le rapport de Londres, affirmant que Bagdad poursuit ses efforts pour acquérir l'arme atomique, qui est venu accroître l'extrême nervosité des marchés, comme en témoigne le prix du Brent monté jusqu'à 29,70 dollars le baril.En ce qui concerne les entreprises, les dernières nouvelles sont plutôt contradictoires. Les résultats de Lehman Brothers sont ressortis en deçà des pronostics, tandis que ceux de Goldman Sachs s'avèrent meilleurs qu'attendu. Mais, comme les jours précédents et quelle que soit la qualité des résulats publiés, les discours sont encore très prudents. Goldman Sachs attend par exemple une activité sous pression tant que la confiance des investisseurs ne sera pas de retour et que les conditions économiques ne s'amélioreront pas.Or sur ce point, c'est aussi la méfiance qui prédomine. Le directeur du département économique de l'OCDE, Jean-Philippe Cotis, prédit l'entrée des pays industriels dans une "zone de turbulences" et Philippe Lefournier, directeur du centre de prévisions de l'Expansion , estime que "2003 sera la pire année de l'économie mondiale depuis la guerre, et la première dépression depuis les années 1930". Pour la France, il attend notamment une croissance limitée à 1%, alors que le gouvernement vise 2,5%.Seule la publication, à 16 heures, de l'indice de confiance des consommateurs américains est venue tempérer la déprime des marchés. Car bien que tombé à son plus bas niveau depuis novembre 2001, l'indice est un peu moins mauvais qu'attendu. Mais il n'a tout de même pas suffi à ramener les marchés européens dans le vert, alors qu'à l'heure de la clôture parisienne Wall Street reste hésitant avec le Nasdaq en hausse, mais le Dow Jones en baisse.Ainsi, en fin d'après-midi, l'Eurostoxx 50 lâche 1,68% à 2.180,30 points, tandis que Francfort et Londres cèdent 2,6 et 2%. A Paris au cours de la séance, le CAC 40 est passé sous les 2.700 points pour la première fois depuis le 14 novembre 1997. En clôture, il recule encore de 1,84% à 2.742,81 points, alignant du coup sa neuvième séance de baisse.Dans ce contexte, les spécialistes des marchés se disent désemparés. "La perte de confiance est totale. Les acheteurs ont complètement disparu", note un opérateur cité par Reuters. Et il semble que l'on soit entré dans un cercle vicieux. Car la baisse des marchés devrait avoir des conséquences très lourdes sur l'économie, laquelle influence bien évidemment les marchés. Bref, aujourd'hui la chute paraît être déconnectée des éléments fondamentaux. Et les opérateurs ne savent plus que prédire.De son côté, l'analyse technique n'est guère plus réjouissante. Selon les équipes de KBC, qui relèvent que la configuration technique à moyen terme s'est nettement dégradée, le CAC pourrait descendre jusqu'à 2.500 points.

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