Les courtiers européens pénalisés par la chute des marchés

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La chute des marchés durant tout le premier semestre 2001 aura décidément été un mauvais coup pour les établissements européens de courtage. Les résultats de deux banques, publiés aujourd'hui dans des registres différents, le prouvent. Il s'agit d'abord du courtier en ligne Comdirect, leader du marché européen et filiale de la quatrième banque allemande Commerzbank. Certes, Comdirect a affiché un très bon deuxième trimestre avec un bénéfice net de 2,1 millions d'euros, contre une perte de 18,7 millions d'euros un an plus tôt. Sur l'ensemble du premier semestre, le bénéfice net est de 285.000 euros contre une perte de 36,8 millions d'euros au premier semestre 2001. Néanmoins, ce n'est pas l'activité propre du groupe qui lui permet d'afficher ces résultats positifs, mais plutôt la réduction drastique de ses dépenses administratives (-46% sur un an) et des éléments exceptionnels comme la vente de sa filiale française ProCapital et l'arrêt de ses activités italiennes. Car, parallèlement, Comdirect a subi de plein fouet la désaffection grandissante du public pour les marchés financiers. Le nombre de transactions a reculé d'un quart en un an sur le premier semestre à 2,7 millions. En conséquence, le produit des commissions est en chute libre sur la même période : -24% à 39,8 millions d'euros. Le groupe, qui ne perçoit pas "de reprise sur les marchés des capitaux internationaux au second trimestre" a donc renouvelé sa mise en garde de mai dernier : être bénéficiaire en 2002 sera "difficile". Comdirect doit donc encore "améliorer ses performances dans tous les domaines", et le courtier en ligne n'exclut pas d'avoir recours à de nouvelles suppressions d'emplois. De l'autre côté du Rhin, le sourire n'est pas non plus de mise. La banque privée suisse Julius Baer a en effet présenté une baisse de 14% de son bénéfice net pour le premier semestre 2002 sur un an à 118 millions de francs suisses (81 millions d'euros). Là encore, la chute des marchés et la perte de confiance du public dans le système boursier a coûté cher à l'établissement financier bâlois. La réduction de 10% des coûts réalisée par la banque suisse au premier semestre, avec notamment la suppression de 150 emplois (soit 6% de l'effectif complet du groupe), n'aura donc pas été suffisant. Julius Baer a donc indiqué dans un communiqué que, là encore, "l'ajustement du nombre d'employés est inévitable". Aucun nombre n'a cependant été avancé. Mais, comme Comdirect, Julius Baer a dû faire face à une forte baisse du produit de ses commissions (-21% sur un an au premier semestre). Ces résultats décevants avaient néanmoins été intégrés par les marchés qui préfèrent ne retenir que la volonté des deux établissements de faire progresser leurs politiques de réduction de coûts. Ainsi, à la clôture, Comdirect progresse de 1,45% à 3,50 euros à Francfort tandis que Julius Baer bondissait de 7,65% à 352 francs suisses à Zurich.

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