Jean-Pierre Raffarin reste optimiste sur la croissance

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Face à l'inquiétude du gouvernement américain, l'optimisme économique des dirigeants français ne laisse pas de surprendre. Encore cet après-midi à Poitiers, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a répété que la spirale baissière des marchés mondiaux ne l'inquiétait pas outre mesure. "Je ne crois pas qu'en cette période, les risques pour la croissance soient graves", a affirmé le chef du gouvernement lors d'une visite rendue à un régiment poitevin. Il a d'ailleurs ajouté que son équipe restait "dans une perspective de croissance". Comment expliquer cet optimiste alors que chacun s'inquiète ? Pour Jean-Pierre Raffarin, les relations entre "la bulle financière et la croissance sont plus distantes en Europe qu'aux Etats-Unis". Si le Premier ministre a admis avoir un "problème avec la bulle financière", il continue donc à ne pas être "préoccupé" par les "vraies valeurs de la croissance".Pourtant, l'Europe ne parvient que difficilement à créer de la croissance avec ses propres forces et a un besoin fondamental d'un environnement international positif pour parvenir à un taux de croissance compris entre 2,5% et 3%. Un ralentissement américain se traduirait par une nouvelle récession en Allemagne et par un net ralentissement en France. En bref, cela signifie que les "vraies valeurs de la croissance" dépendent aussi largement de la situation américaine qui est actuellement très fragile. Alors, le Premier ministre a tenu également à rassurer tout le monde sur ce point. Pour lui, "le fond de l'économie américaine a de bons fondamentaux et un grand nombre d'entreprises américaines ont eu de bons résultats".Pas d'inquiétude donc non plus sur la défiance grandissante du public vis-à-vis des comptes des entreprises. Une défiance qui pourtant commence à se répandre en Europe (cf. l'affaire Vivendi Universal). Jean-Pierre Raffarin préfère se focaliser sur les "premiers signes encourageants concernant la reprise de l'investissement". Une reprise qui reste cependant timide et menacée par le moral en baisse des investisseurs et des entrepreneurs. En fait, cette intervention du Premier ministre avait pour but principal de soutenir le moral des Français à un moment important pour la conjoncture. Le gouvernement, pour éviter toute menace de "contagion américaine" doit parvenir à maintenir une demande des ménages encore très élevée. Pour éviter une correction très dangereuse dans ce domaine, il compte sur la baisse de 5% de l'impôt sur le revenu. Encore faut-il que cette baisse ne soit pas utilisée par les ménages pour épargner. D'où la nécessité de renforcer et de soutenir la confiance par des discours optimistes. C'est seulement avec une demande interne forte que la France a pu être au-dessus de ses partenaires en termes de croissance ces derniers mois et la consommation des ménages est un facteur clé pour atteindre l'an prochain l'objectif ambitieux d'un taux de croissance de 3%.

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