Le FMI abaisse ses prévisions de croissance pour la France

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A quelques jours de l'envoi des lettres de cadrage budgétaire, les nouvelles prévisions du FMI pour la France risquent de compliquer le travail des cabinets et de Bercy. Le Fonds monétaire international a en effet choisi d'abaisser son estimation de la croissance hexagonale pour cette année et l'an prochain : il ne table plus, désormais, que sur une progression du PIB de 1,3% en 2002, contre 1,4% retenu en avril, et surtout de 2,6% en 2003, au lieu des 3% attendus jusqu'à présent. Nettement en-dessous, donc, des mêmes 3% retenus par le gouvernement Raffarin pour préparer son projet de budget. Dans son nouveau rapport, le FMI souligne que, même si la reprise et "les perspectives favorables pour la croissance et l'inflation" fournissent un environnement éclairci, "la vigueur de l'expansion sous-jacente doit cependant encore être confirmée, particulièrement à la lumière des récentes turbulences sur les marchés financiers et d'indicateurs à court terme moins que brillants". Le rapport estime par ailleurs que le nouveau gouvernement français prend en charge "un pays doté de forces notables, notamment un revenu par tête élevé et la productivité de ses entreprises, mais aussi de certaines faiblesses, comme de faibles taux d'activité, un fardeau fiscal lourd et l'un des plus importants déficits budgétaires de la zone euro". Il enfonce le clou en notant que le creusement du déficit mise en évidence par l'audit des dépenses publiques "constitue un revers et une détérioration structurelle". Et regrette que les augmentations de dépenses publiques et les réductions d'impôts déjà annoncées ne soient pas compensées par des économies sur d'autres postes. Fidèles à leur réputation, les experts du Fonds profitent de l'occasion pour donner quelques conseils à peine voilés aux dirigeants français. Notant qu'à plus long terme, "l'horizon économique est obscurci par les développements démographiques", en clair le déclin de la population active et le vieillissement global de la population, ils notent que "la fenêtre permettant d'entreprendre les réformes nécessaires à un coût social et économique raisonnable se referme rapidement". Parmi les priorités à leurs yeux, outre la baisse du déficit, figurent notamment la réforme des retraites, l'augmentation de la productivité dans le secteur public, l'assouplissement de la réglementation du travail ou encore une meilleure surveillance des marchés financiers.Les auteurs de l'étude attribuent cependant quelques bons points à l'équipe Raffarin, estimant notamment que les priorités définies par le Premier ministre semblent orientées dans la bonne direction. Ils saluent par ailleurs implicitement l'absence de coup de pouce au SMIC décidée le mois dernier, qui devrait selon eux devenir "une pratique habituelle". Egalement cité comme un progrès par le rapport : le programme "Jeunes en entreprises" élaboré par le ministre des Affaires sociales François Fillon et actuellement en discussion au Parlement.

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