L'Opep relève ses quotas en espérant réduire son offre effective

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C'est à un drôle de tour de passe-passe que se livre l'Opep. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole vient de décider à Vienne, en Autriche, d'augmenter ses quotas de production de 1,3 million de barils par jour (mbj) tout en réduisant sa production effective. Cette mesure vise en fait à s'attaquer aux problèmes de surproduction qui secouent actuellement l'Opep. L'enjeu est d'importance: éviter un effondrement des cours. En effet, selon les chiffres publiés par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les pays de l'Opep ont dépassé très largement les quotas qu'ils avaient eux-même fixés à 21,7 mbj. En octobre, le dépassement a été chiffré à environ 2,8 mbj et et en novembre à 2,4 mbj. En relevant ses quotas, l'Opep avalise une situation de fait et ose le pari que ses membres seront raisonnables en ne dépassant pas les nouveaux seuils fixés. Si ces nouveaux quotas sont respectés, l'offre effective de l'Opep sera réduite d'environ 1,7 million de barils par jour, selon le ministre qatariote du Pétrole, Abdallah ben Hamad Al-Attiyah. Cependant, ce n'est que dans quelques semaines que l'on pourra dire si le pari est gagné. Les ministres de l'Opep sont échaudés par le précédent de Djakarta, où ils avaient décidé en 1997 de relever les quotas pour les rapprocher de la production réelle, nettement plus élevée. Les nouveaux quotas avaient immédiatement été dépassés, provoquant une chute des cours sous 20 dollars le baril en 1998. Conscients des limites de l'exercice, les ministres de l'Opep ont d'ailleurs indiqué que les nouveaux quotas - 23 mbj - entreront en vigueur le 1er janvier prochain et resteront en place "tant que les prix sont satisfaisants". Autrement dit, le cartel pourrait revoir sa position si les cours de l'or noir décrochent sous le niveau des 22 dollars. Les risques sont en effet importants. D'une part, au premier trimestre de chaque année la demande pétrolière a tendance à faiblir. D'autre part, les cours sont actuellement soutenus par la crise vénézuélienne et la crainte d'un conflit avec l'Irak. La levée de l'une, voire de ces deux hypothèques pourrait changer la donne. Sur les marchés pétroliers, les opérateurs semblent désireux de croire en la faculté de l'Opep de s'attaquer efficacement à la question de la surproduction. A Londres, le baril de Brent se négociait jeudi vers 18 heures 30 à 26,75 dollars, après avoir même frôlé les 27 dollars un peu plus tôt.

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