La production et l'offre de pétrole sont en déclin

La production mondiale de pétrole a reculé en avril de 1,39 million de baril par jour (bpj) à 74,5 millions de bpj. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui a publié ces chiffres lundi matin, cette baisse est en grande partie à imputer à l'Opep dont la production (Irak compris) a reculé le mois dernier de 1,22 million de Bpj à 24 millions de bpj. Ce niveau de production est, pour l'Opep, le plus faible depuis 1993.Ce recul de la production s'explique d'abord par l'arrêt des exportations irakiennes de pétrole décidé le 8 avril dernier pour 30 jours. Hors Irak, en effet, la production de l'Opep reste inchangée en avril par rapport à mars. Les événements vénézuéliens de la mi-avril qui avaient vu une grève paralyser la production locale, puis l'échec d'un coup d'Etat contre le président Hugo Chavez (lire ci-contre), n'ont eu, en fait, pratiquement aucune incidence sur la production de ce pays.En revanche, l'AIE note une baisse de la demande globale de brut en mars, en raison de la fin de l'hiver et, surtout, du ralentissement de la reprise aux Etats-Unis. Ainsi, la demande provenant de l'OCDE a connu son plus important recul trimestriel depuis la fin de l'année 1990, en pleine guerre du Golfe. Avec un recul de 1,14 million de bpj, soit 2,3%, la demande des pays de l'OCDE s'est établie au premier trimestre 2002 à 47,7 millions de bpj, soit son plus faible niveau depuis 1998. En mars, la chute de la demande a été particulièrement forte en Asie-Pacifique (-5,2%) et en Amérique du Nord (-3,7%). Elle est un peu moins marquée en Europe (-1,6%). L'AIE prévoit une reprise de la demande dans le courant de l'année, et une progression de la demande globale de 450.000 bpj en 2002, soit +0,6%, notamment en raison du rebond espéré du secteur aérien. Les chiffres de mars montrent néanmoins que les anticipations des marchés, qui tablaient depuis quelques mois sur une reprise de la demande en raison du retour des pays occidentaux à la croissance, ont été un peu hâtives. Tant que la croissance ne sera pas assurée aux Etats-Unis, comme en Europe, et tant que le Japon demeurera dans la plus forte récession de son histoire, la progression de la demande de pétrole restera faible.La publication de ces données a donc entraîné une baisse du prix du baril de Brent à Londres. D'autant que la tension au Proche-Orient semble moins forte puisque les Israéliens ont renoncé à investir la bande de Gaza après l'attentat de la semaine dernière qui a fait 15 morts. Pour la livraison de juillet, il fallait donc à 17h50 26,17 dollars pour un baril, soit un recul de 1,57% par rapport à la clôture de vendredi.

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