"On ne sort pas par enchantement d'une récession"

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"La Tribune". Croyez-vous à la simultanéité de la reprise aux Etats-Unis et en zone euro ?Antoine Brunet - Absolument pas. Les Etats-Unis sont entrés en récession en mars 2001, six mois avant la zone euro et ils amorcent leur reprise seulement maintenant. La zone euro, elle, reste installée dans la stagnation... Il paraît pour le moins plausible que le même délai de six mois sépare la reprise zone euro de la reprise américaine, ce qui retarderait cette reprise à septembre 2002.La zone euro peut-elle connaître une reprise spontanée ?La stimulation appliquée à l'économie américaine a été beaucoup plus forte que celle appliquée à la zone euro : la baisse du prix du baril a produit une hausse de pouvoir d'achat plus marquée aux Etats-Unis. La Fed a abaissé son taux fed funds jusqu'à le rendre inférieur de 100 points de base à l'inflation sous-jacente tandis que la BCE n'abaissait le sien que de 150 points pour le maintenir supérieur de 100 points de base. Or on ne sort pas comme par enchantement d'une récession. Les récessions sont la conséquence d'une restriction marquée et disparaissent seulement après que la restriction a fait place à une stimulation marquée. C'est parce que, aux Etats-Unis, la conjoncture a été stimulée vite et fort que l'on commence à y voir apparaître une reprise qui devrait s'avérer robuste, quoique modérée... En zone euro, la stimulation a été à ce jour trop tardive et trop faible. Une absence de toute nouvelle détente monétaire en avril ou en mai de la BCE sera une déception.Que peut-on attendre des indices boursiers ?Wall Street reste hésitante parce qu'elle subit deux facteurs de sens opposé. Le facteur positif, c'est la reprise qui s'amorce et qui devrait finir par entraîner une reprise internationale. Le facteur négatif, c'est la difficulté des entreprises à redresser leurs marges et leurs résultats et la forte incertitude qui, depuis l'affaire Enron, entoure les résultats annoncés. Tant que ces deux facteurs se neutralisent, Wall Street et les indices européens resteront sans tendance nette. Le jour où le facteur reprise l'emportera sur le facteur résultats des sociétés, les Bourses reprendront une tendance haussière mais alors les rendements obligataires 10 ans s'orienteront à la hausse des deux côtés de l'Atlantique...

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