Bruxelles lance une procédure contre le Portugal pour "déficit excessif"

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Le Portugal sera le premier pays à mettre à l'épreuve le pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne. Avec un déficit public fixé à 4,1% du PIB en 2001, Lisbonne a évidemment largement dépassé la limite de 3% autorisée par le Pacte. En conséquence, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Pedro Solbes a annoncé ce matin que Bruxelles entamait une procédure à l'encontre du Portugal pour déficit excessif.Selon Bruxelles, cette procédure a pour but de favoriser un "fonctionnement strict et efficace du pacte de stabilité". On sait que la commission et la BCE considèrent que l'application stricte de ce pacte est nécessaire à la crédibilité de l'euro et de l'union économique et monétaire. Une détermination qui doit faire froid dans le dos à Paris, Rome et Berlin où la limite des 3% du PIB pour le déficit devrait être frôlée.La procédure est désormais la suivante : Bruxelles rendra un rapport sur le déficit budgétaire au conseil des ministres des Finances des Quinze. Ces deniers devront alors décider si le Portugal a dépassé la limite autorisée et ils le mettront en demeure d'engager des réformes pour réduire ses dépenses. Un délai pour revenir à un déficit autorisé sera également fixé. Il peut aller jusqu'à un an. En cas de non respect de ces règles, le conseil des ministres pourra enfin infliger une amende au Portugal, qui pourra aller jusqu'à 0,5% de son PIB (675 millions d'euros).En fait, la Commission a décidé de mettre les gouvernements face à leurs responsabilités. Que peuvent décider les grands pays qui, comme l'Allemagne ou la France, jouent dangereusement avec la limite des 3% ou, comme l'Italie, font preuve de subtilités statistiques pour éviter d'être au-dessus de cette même limite ? Absoudre le Portugal serait décrédibiliser à la fois l'UEM, l'euro et leurs propres paroles. Mais sanctionner le Portugal serait se mettre soi-même le couteau sous la gorge en cas de dépassement. Sachant que la décision devrait pouvoir être prise à la majorité qualifiée et que les petits pays vertueux attendent depuis longtemps pour faire un exemple en ce domaine, la lutte devrait être acharnée pour obtenir un traitement clément pour Lisbonne.Pourtant, le Portugal a reconnu son dérapage. Le nouveau gouvernement de centre-droit élu au mois de mars dernier s'est engagé à réduire drastiquement les dépenses pour parvenir en 2002 à un déficit de 2,8% du PIB cette année. Dans un contexte de croissance économique prévue entre 0 et 1% (contre 1,9% en 2001), le défi semble délicat. Mais la ministre des Finances portugais Manuela Ferreira Leite a d'ores et déjà annoncé une profonde et violente réduction des dépenses".

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