Coup de froid sur les services européens en mai

Depuis quelques semaines, les indicateurs de la zone euro étaient plutôt bons, laissant présager d'une accélération de la reprise durant le second trimestre. Lundi dernier encore, l'indice des directeurs d'achats (PMI) dans l'industrie avait surpris tous les observateurs en montrant une hausse inattendue. Mais, mercredi matin, ce même indice pour le secteur des services envoie, par son incontestable affaiblissement, un signal inverse.L'indice PMI pour l'ensemble de la zone euro recule ainsi de 1,2 point en mai à 52,1. Cette chute est la première depuis le mois d'octobre 2001 et surprend tous les économistes puisque le consensus Reuters tablait sur un indice à 53,8 en mai. Les plus pessimistes ne s'attendaient d'ailleurs qu'à une stabilité de l'indice à 53,3. Etonnante faiblesse, donc qui est en grande partie due au recul des nouvelles affaires conclues dans le secteur durant le mois de mai. L'indice des nouvelles affaires a perdu 1,7 point le mois dernier à 52, soit son plus bas niveau depuis décembre 2001. Les entreprises de services en Europe continuent donc à engranger de nouveaux contrats (l'indice restant supérieur à 50), mais à un rythme beaucoup plus faible que les mois précédents. Par ailleurs, les entreprises hésitent désormais à augmenter leurs prix. L'indice des prix facturés est ainsi passé de 53,3 en avril à 50,9 en mai, ce qui montre une quasi-stabilité. Cet élément est important, car si les entreprises ne répercutent pas la hausse des prix de leurs fournisseurs sur leurs propres prix, leur rentabilité pourrait être gravement atteinte.Le seul point positif de l'enquête sur les services est l'optimisme des chefs d'entreprises. L'indice mesurant les attentes dans les douze prochains mois est en hausse de 0,8 point à 70,4. Cet optimisme, qui est étonnant compte tenu du recul des nouveaux contrats et des perspectives de rentabilité, est cependant de bon augure et montre que cette faiblesse soudaine du mois de mai pourrait être aussi passagère que celle observée dans l'industrie en avril. Un exemple: selon Reuters, le directeur général de RTL, Bruno Bellens, a pu apercevoir des signes de reprise sur le marché publicitaire. Il faut cependant rappeler que l'indice de la zone euro consolide des informations extrêmement différentes. Ainsi, les PMI italien et espagnol continuent de monter. En Italie, l'indice atteint en mai son plus haut niveau depuis 9 mois à 53,3 (+0,3 point sur un mois), alors que l'Espagne continue d'être la locomotive de la zone euro puisque son indice progresse encore en mai de 1,5 point à 54,2. Les entreprises ibériques ont notamment bénéficié d'un afflux important de nouveaux contrats.La France est dans la moyenne européenne avec un PMI qui reste au-dessus de 50, mais qui recule sensiblement de 0,6 point en mai à 54,9. Certes, le secteur des services reste en expansion pour le sixième mois consécutif et le niveau de mai est supérieur à celui de mars et à la moyenne de la zone euro, mais le recul de l'indice des nouveaux contrats (-0,7 point à 56,3) et celui des prix facturés (-2,4 points à 54,5) sont inquiétants. En revanche, les directeurs d'achats français sont en mai champions d'Europe de l'optimisme avec un indice des attentes à 75 en hausse de 4,8 points. Un chiffre qui s'inscrit sans doute dans la continuité de celui du moral des ménages publié hier. Le second tour de l'élection présidentielle a sans doute joué un rôle essentiel de ce point de vue.Mais le résultat le plus inquiétant de cet indice PMI est incontestablement celui de l'Allemagne. La première économie de la zone euro voit en mai son secteur des services se contracter à nouveau. En perdant 2,9 points, l'indice PMI allemand se situe à 49,1. Certes, l'indice est supérieur à celui de mars, et l'indice des attentes demeure positifs (à 64 contre 65,6 en avril), mais la faiblesse de l'économie allemande reste un sujet d'inquiétude. Il faut dire que l'inexistence d'une reprise de la consommation tempère la bonne humeur des industriels mesurée récemment par l'indice Ifo.Les mois prochains diront si cette faiblesse n'est qu'un "accident de parcours" ou peut être plus durable. La bonne tenue, dans tous les pays de la zone, de l'indice des attentes ferait plutôt pencher pour la première solution.

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