Le peso argentin dévalué de 29%

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Le peso sera dévalué de près de 29% et son nouveau cours sera de 1,40 pour un dollar, a annoncé hier soir le ministre de l'Economie Jorge Remes Lenicov à la suite de l'approbation par le Parlement durant le week-end de la loi d'urgence économique du nouveau président Eduardo Duhalde.Cette loi (lire article ci-contre) a mis fin à la parité peso-dollar en vigueur depuis 1991 et introduit un train de mesures destiné à mettre fin à plus de trois ans de récession. Le nouveau cours de la monnaie représente une dévaluation de 28,5714% ainsi qu'"une sortie formelle de la convertibilité", a dit le ministre.Moins d'une semaine après son élection par le Congrès le 1er janvier, le président péroniste Duhalde se voit également octroyer des pouvoirs spéciaux pour deux ans. Le gouvernement a instauré un système de changes double avec le dollar à 1,40 peso pour le commerce extérieur et un flottement libre de la monnaie pour les autres opérations dont le taux devrait "être comparable", a précisé Jorge Remes Lenicov. Le marché officiel des changes, suspendu le 21 décembre, rouvrira mercredi, a-t-il ajouté.Ce plan de relance économique qui a débouché sur la dévaluation prévoit des mesures pour en adoucir l'impact. La loi établit une conversion en pesos des dettes contractées en dollars par les particuliers, ainsi que les petites et moyennes entreprises, à hauteur de 100.000 dollars et la même conversion sera appliquée aux loyers. Elle donne la possibilité à l'exécutif de réguler les prix, impose la "dédollarisation" et la désindexation des tarifs des services publics. La loi permet d'émettre des bons libellés en monnaie étrangère, garantis par un impôt sur les exportations d'hydrocarbures pour compenser les pertes des banques suite à la restructuration des dettes.Ces mesures ont suscité l'inquiétude des milieux d'affaires et de la communauté internationale, notamment en Espagne et en France. Le président Duhalde s'entretiendra à partir d'aujourd'hui avec les représentants des compagnies étrangères pour leur expliquer la portée de la loi, a annoncé son porte-parole. "Jamais de ma vie, je n'ai reçu autant d'appels (téléphoniques) de tous les groupes implantés (en Argentine) qui ne veulent pas que nous prenions (ces mesures)", avait affirmé samedi Eduardo Duhalde. Des groupes étrangers, comme les espagnols Telefonica et Repsol (pétrole), ou les français France Télécom, EDF-GDF (gaz-électricité), Suez, TotalFinaElf, Thomson ont profité des privatisations sous le président Carlos Menem (1989-1999) et fortement investi dans le pays.La loi ne fait pas mention du paiement de la dette publique (141,252 milliards de dollars, 53,7% du PIB). Mais il y a quelques jours déjà le président Duhalde avait annoncé que son remboursement ferait l'objet d'un moratoire. Jorge Remes Lenicov a précisé que le nouveau gouvernement entamera des négociations avec le Fonds monétaire international et d'autres organismes internationaux au début du mois de février, suite à la déclaration par Buenos Aires du moratoire.Il n'y aura pas de contrôle des prix et l'économie restera libre, a aussi dit Jorge Remes Lenicov, en dépit des fortes hausses imposées par les commerçants. Enfin, concernant le "corralito", les restrictions à l'argent liquide imposées début décembre par son prédécesseur Domingo Cavallo, le ministre de l'Economie a prédit "un assouplissement" du système mais a demandé "quelques jours" pour prendre une décision.latribune.f

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