Vers une nouvelle baisse des taux aux Etats-Unis

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La chute de l'industrie américaine n'est toujours pas enrayée. En décembre, et pour le quinzième mois consécutif, la production industrielle s'est affichée en recul, de 0,1% après -0,4% en novembre. Sur un an, l'activité industrielle, qui ne représente plus que 15% du produit intérieur brut américain (PIB), s'est affaissée de 3,9%. Parallèlement, le taux d'utilisation des capacités de production tombe à 74,4%, son niveau le plus bas depuis 1983, après 74,5% en octobre (chiffre révisé) selon les chiffres publiés cet après-midi par la Réserve fédérale américaine (Fed). Ce très faible déclin du taux d'utilisation des capacités de production est interprété par certains économistes comme un signe positif : l'industrie américaine aurait touché le fond et serait sur le point de se retourner. Une reprise qui devrait néanmoins prendre quelques mois car il faudra pour cela que les entreprises se décident à relancer leurs investissements et en aient fini avec leur déstockage. Sur ce dernier point justement, un autre indicateur macro-économique publié aujourd'hui, celui des stocks des entreprises, est riche d'enseignements. Les firmes américaines ont poursuivi en novembre, et pour le dixième mois consécutif, leur déstockage. Les stocks des entreprises ont baissé de 1% après un repli de 1,6% en octobre. A noter que, logiquement, dans le secteur automobile le déstockage s'est ralenti (- 1,9% en novembre) après le mouvement massif observé en octobre (-8,9%). Les constructeurs automobiles ont multiplié ces derniers mois les promotions et les crédits à taux zéro afin d'écouler leur production. Ce ralentissement du rythme du déstockage dans l'industrie automobile, s'il se confirme et se généralise à d'autres secteurs dans l'avenir, permettrait de valider l'hypothèse d'un rebond de l'activité dans les prochains mois avec notamment une contribution positive des stocks à la formation du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2002. Mais en attendant la réalisation de ce scénario, ces statistiques sont autant d'arguments qui plaident en faveur d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire américaine. La Réserve fédérale a toute latitude pour agir au vu des chiffres de l'inflation diffusés aujourd'hui. L'indice des prix à la consommation s'est replié de 0,2% en décembre alors que les analystes tablaient en moyenne sur une stabilité. Hors énergie et alimentation, composantes les plus volatiles de cet indice, les prix ont progressé très légèrement, de 0,1%, conformément aux prévisions des marchés. Ce sont surtout les prix de l'essence (- 6% en décembre) qui ont tiré l'indice des prix à la baisse. Sur l'ensemble de 2001, l'inflation s'est établie à 1,6%, la plus faible progression depuis les 1,6% enregistrés en 1998. Si l'on exclut les prix des produits énergétiques et de l'alimentation, la hausse a été de 2,7%.Ces statistiques lèvent donc tout obstacle à un éventuel nouvel assouplissement monétaire à la fin du mois. Cette baisse du loyer de l'argent est d'ailleurs très largement attendue par les économistes après les propos très prudents tenus par Alan Greenspan il y a quelques jours. Le président de la Fed a émis des doutes quant à une reprise ferme et rapide de la croissance aux Etats-Unis et la sagesse des prix lui laisse toute latitude pour insuffler une nouvelle fois un peu d'oxygène à la première économie du monde. Sur les marchés financiers, Wall Street a ouvert en baisse. Les investisseurs sont moins influencés par la batterie de statistiques publiées cet après-midi que par la frilosité des prévisions d'Intel pour le début de 2002. Un quart d'heure après l'ouverture, le Dow Jones cède 0,72% et le Nasdaq recule plus nettement, de 1,62%. latribune.f

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