Alan Greenspan croit à une reprise modérée

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L'économie américaine fait preuve d'une "capacité de récupération remarquable", mais la reprise de l'activité ne sera probablement pas rapide: telle est la substance du message sur l'état de l'économie américaine délivré mercredi par Alan Greenspan dans une intervention à la Chambre des Représentants à Washington.Selon le président de la Réserve fédérale, le raffermissement de l'activité économique américaine est bien engagé, certes, mais différents éléments propres à ce cycle économique devraient "modérer la rapidité" de la reprise.Elément majeur de soutien de l'activité: la chute des stocks des entreprises est telle que celles-ci vont devoir recommencer à produire pour fournir leurs clients. Ce qui devrait se répercuter "de façon significative" sur le revenu et les dépenses des Américains. Cela dit, la consommation de ces derniers s'est remarquablement tenue durant la crise de l'année dernière, a souligné Alan Greenspan, constituant même "une force stabilisatrice majeure". Ce qui a contrario, a-t-il ajouté, ne laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre à la consommation pour contribuer à un redémarrage rapide de l'économie...La comportement des consommateurs, en fait, dépendra largement de la situation du marché du travail. Et à cet égard, le président de la Fed prévoit que l'aggravation du chômage observée ces derniers mois se poursuivra encore un peu, le taux de chômage pouvant monter à 6 ou 6,25% (contre 5,6% en janvier).En ce qui concerne les entreprises, dont le comportement sera décisif pour la reprise, Alan Greenspan estime que la baisse de leurs bénéfices et les excès de capacités ne leur permettront de recommencer à investir que très progressivement.Pour l'année en cours, Alan Greenspan, qui estime qu'au bout du compte l'économie américaine aura vraisemblablement connu une récession "beaucoup plus modérée" qu'on aurait pu le craindre, s'attend à une croissance du PIB de 2,5 à 3%. Un rythme "plutôt inférieur à celui observé dans d'autres phases d'expansion", qui s'explique notamment, donc, par l'absence d'une forte accélération de la consommation, des niveaux de sur-capacités élevés dans nombre d'industries et la faiblesse de partenaires commerciaux internationaux importants. L'inflation devrait être contenue en 2002 entre 1 et 1,5%.Plus tôt dans la journée, la publication des commandes de biens durables aux Etats-Unis avait révélé une bonne surprise. Celles-ci ont en effet augmenté de 2,6% en janvier par rapport à décembre, selon le département du Commerce. Les économistes tablaient en général sur une hausse de 1,6% selon le consensus Reuters.En décembre dernier, les commandes de biens durables avaient progressé de 0,9%, chiffre révisé après une première estimation de 1,7%. Les transports ont tiré l'indicateur à la hausse, avec notamment un bond de 21,6% pour l'aéronautique. Hors transports, les commandes de biens durables ont grimpé de 1,3% en janvier après une hausse de 0,4% en décembre. Et en excluant le secteur de la défense, elles ont augmenté de 2,3% le mois dernier après une progression de 0,7% le mois précédent. Cette annonce vient contre-balancer celle du mauvais indice de confiance des ménages publié hier par le Conference Board. Pour le mois de février, cet indicateur s'est inscrit en net repli, perdant 3,7 points pour s'établir à 94,1 (voir ci-contre). Les propos d'Alan Greenspan ont été bien accueillis par les marchés américains, qui ont grimpé dans l'après-midi de plus de 1% pour le Dow Jones et 1,25% pour le Nasdaq. Les opérateurs semblent satisfaits à la fois par la confirmation de la reprise de l'économie américaine et par le fait que, celle-ci ne s'annonçant pas très rapide, la Fed ne devrait pas éprouver le besoin de relever rapidement ses taux d'intérêt.latribune.f

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