L'OCDE écarte le risque d'une récession pour l'économie mondiale

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C'est au tour de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, de délivrer son diagnostic quant à la santé de l'économie mondiale. Comme le FMI précédemment, les experts de l'OCDE notent que la reprise économique mondiale, qui s'annonçait si prometteuse au printemps, est au final "plus hésitante et moins étendue que prévu". Anémié, le malade n'est cependant pas à l'article de la mort. Les économistes du Château de la Muette, siège de l'OCDE, estiment qu'une rechute en récession n'est pas en vue.Dans ses perspectives, l'OCDE ne table désormais plus que sur une croissance de 1,5% pour l'ensemble de sa zone cette année, de 2,2% l'année prochaine et de 3% en 2004, contre 1,8% en 2002 et 3% en 2003 dans ses précédentes prévisions. Faisant des projections par zone géographique, l'organisation note que les Etats-Unis devraient connaître une croissance de 2,3% cette année et de 2,6% en 2003 avant 3,6% en 2004, tandis que la zone euro devrait voir son économie croître de 0,8% cette année, de 1,8% en 2003 et de 2,7% en 2004. Incertitude géopolitiqueCe scénario n'est pas exempt de risques puisque l'OCDE pointe "une plus grande incertitude géopolitique", sans pour autant nommément désigner l'éventualité d'un conflit en Irak, ainsi qu'une nouvelle chute des marchés boursiers qui entamerait davantage encore la confiance tant des consommateurs que des entreprises. Malgré tout, les économistes de l'organisation soulignent que selon eux "une rechute dans la récession paraît improbable". A l'appui de leurs affirmations, ils insistent sur l'impact des mesures de relance considérables prises à la fois sur le plan budgétaire et monétaire et dont les effets "continueront de se faire sentir pendant un certain temps encore". Les Etats-Unis ont été particulièrement réactifs avec une baisse du loyer de l'argent extrêment agressive. Le 6 novembre dernier la Réserve fédérale (Fed) a encore baissé de 50 points de base son principal taux d'intérêt. Quant au gouvernement Bush, il a lancé un vaste programme de réductions d'impôts. Baisse des taux de la BCEEn ce qui concerne la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) est empêchée d'agir aussi fortement que la Fed, à la fois par le niveau d'inflation et par les dérives budgétaires de grands pays comme l'Allemagne et la France. Mais elle devrait sauter le pas prochainement. C'est en tout cas le pari du chef économiste de l'OCDE, Jean-Philippe Cotis, qui anticipe "à brève échéance une réduction d'un demi-point des taux de la Banque centrale européenne". Concernant le timing du redémarrage de l'économie, l'OCDE juge qu'au final, "une reprise générale ne semble pas devoir s'amorcer tant que les incertitudes actuelles ne seront pas dissipées, ce qui ne se produira peut-être pas avant le courant de 2003". "Le rebond du début de l'année s'apparentait dans une large mesure à une reprise technique au sens usuel, signalant la fin d'une période de déstockage massif", alors que les industriels avaient entrepris en 2001 de se défaire de leurs réserves au lieu de produire, note Jean-Philippe Cotis. "Le ralentissement qui a suivi est venu confirmer que le retour à des fondamentaux économiques et financiers sains n'était pas encore totalement acquis", explique-t-il également, "l'excédent d'investissement n'était pas encore entièrement résorbé et les valorisations boursières restaient sans doute trop élevées". Croissance modérée en FrancePour ce qui est de la France, l'OCDE souligne l'essouflement de la croissance au second semestre 2002 sous les effets de la dégradation de la confiance des consommateurs et des entreprises. Dans ces conditions, l'organisation estime que la croissance "devrait rester modérée durant la première partie de l'année prochaine, avant que le ralentissement du mouvement de déstockage et un redressement de la demande extérieure ne suscitent une reprise". L'OCDE table donc pour 2003 sur une croissance du PIB de 1,9%, une prévision nettement inférieure à celle du gouvernement français qui est de 2,5%, et parie sur une progression de l'activité de 2,9% en 2004.Enfin, l'OCDE égratigne la politique budgétaire française, coupable d'"un net relâchement en 2002" (lire ci-contre), et souligne que "le projet de budget 2003 ne comporte pas de mesures bien définies visant à corriger ces dérapages, de sorte que la situation budgétaire pourrait se dégrader encore davantage si la faiblesse conjoncturelle persiste". Les inquiétudes de l'OCDE rejoignent celles exprimées par la Commission européenne qui va ouvrir une procédure "d'alerte précoce pour déficit excessif" à l'encontre de Paris. Le Pacte de stabilité et de croissance prévoit en effet que les déficits publics ne doivent pas outrepasser la limite de 3% du PIB. Or pour 2002, la France devrait atteindre les 2,8% et même si le gouvernement maintient un objectif de 2,6% l'an prochain, les observateurs sont nombreux à douter de la capacité de Paris à tenir un tel objectif. D'ailleurs, au sein du gouvernement français, le ministre de l'Economie n'a-t-il pas récemment demandé que le Pacte de stabilité soit affiné ? Le débat sur la nécessité de modifier ce texte fondateur de l'Union économique et monétaire fait actuellement couler beaucoup d'encre. L'OCDE apporte aussi sa contribution, jugeant par la voix de Jean-Philippe Cotis que "le pacte mérite d'être adapté".

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