Le Japon adopte un plan anti-déflation des plus modestes

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Les attentes que les investisseurs avaient placées dans le plan de lutte anti-déflation japonais avaient été tellement calmées par le gouvernement lui-même ces derniers jours que son annonce officielle mercredi n'a finalement pas fait plus de bruit qu'un pétard mouillé... Depuis lundi, plusieurs ministres avaient indiqué que ce nouveau plan, mijoté par le conseil de Politique économique et budgétaire de Junichiro Koizumi, ne comporterait ni injection de fonds publics dans les banques, ni nouvel objectif dans l'élimination des créances non performantes. L'option d'une injection de fonds est cependant évoquée par le plan, qui parle d'"augmenter le capital" des banques. C'est la première fois que le gouvernement mentionne l'éventualité d'une injection de fonds, lui qui avait toujours rejeté cette idée. Mais il n'en parle du bout des lèvres. Junichiro Koizumi, dont la cote de popularité s'effrite depuis le limogeage de son ministre des Affaires Etrangères Makiko Tanaka, n'a peut-être pas voulu prendre le risque d'une mesure qui aurait été probablement désastreuse dans l'opinion publique. En effet, les 7.500 milliards de yens injectés dans les banques en mars 1999, que celles-ci devaient théoriquement rembourser, semblent désormais irrécupérables, et le contribuable japonais est fatigué de se faire tondre la laine sur le dos. La question de l'injection des fonds publics refera probablement surface lorsque l'Agence des Services Financiers aura terminé sa tournée d'inspection des banques dans quelques semaines, ou lorsque le FMI mènera sa propre inspection, probablement avant juin. Le plan reste flou sur la question clé des mauvaises créances. Ainsi, il déclare simplement souhaiter renforcer le rôle de l'Agence de Collecte et de Recouvrement (RCC) japonaise, chargée de reprendre les créances non performantes des banques. Pour l'instant, ces dernières rechignent à aller trouver la RCC, qui leur propose de racheter leurs créances à la valeur du marché, ce qu'elles estiment trop bas.Un élément nouveau du plan concerne le soutien des cours boursiers. Le gouvernement va allouer 4.000 milliards de yens (34,4 milliards d'euros) à l'Agence de rachat des participations bancaires, qui devait se mettre à fonctionner ces derniers jours et reste encore une construction théorique. Il reste à cet organisme à convaincre les premières intéressées, les banques elles-mêmes, de venir les trouver. Récemment, le président de l'Association des banquiers japonais Yoshiro Yamamoto estimait qu'il était plus avantageux de vendre les titres directement à la Bourse...Par ailleurs, l'Agence des Services Financiers a annoncé qu'elle allait durcir le régime des ventes à découvert d'actions, qui accélère la baisse des cours boursiers. La FSA a puni mardi les branches de Tokyo de Bear Sterns et Credit Lyonnais Securities pour des ventes à découvert non signalées à la Bourse de Tokyo.Mais le dernier mot reviendra à la Banque du Japon. Jeudi, le comité de politique monétaire de la BoJ démarrera sa réunion bimensuelle. Son gouverneur Masaru Hayami a répété cette semaine qu'il était pour une injection de fonds publics, et qu'il refusait toujours l'idée d'un objectif d'inflation, tournant le dos aux demandes pressantes en ce sens du Parti Libéral Démocrate (PLD, au pouvoir). "Tout a été fait" pour favoriser l'inflation, selon Masaru Hayami. Mardi, le ministre des Finances Masajuro Shiokawa est monté au créneau en demandant à la BoJ d'augmenter ses prises en pension d'obligations gouvernementales et d'assouplir encore le crédit, en dépit des déclarations du gouverneur. Le plan appelle lui aussi à un nouvel assouplissement monétaire. Réponse jeudi soir, au sortir de la réunion de la BoJ.

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