Le projet de réforme de la PAC adopté par la Commission européenne

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Le commissaire européen Franz Fischler est en train de devenir une des bêtes noires du gouvernement français. Après avoir présenté un plan drastique sur la pêche qui a provoqué un tollé à Paris, il vient en effet de faire entériner par la Commission son plan de réforme de la politique agricole commune (PAC), un plan qui fait grincer des dents sur les bords de la Seine et qui pourrait bien ouvrir une crise grave au sein de l'UE.Ce midi donc à Bruxelles, la Commission a adopté le plan Fischler qui, notamment par le plafonnement des aides à 300.000 euros par an et par exploitation, a pour ambition de rompre avec une logique purement productiviste dans l'agriculture européenne. Il s'agit également de mieux répartir les aides en axant les subventions sur le développement rural. Enfin, ce plan entend également préparer l'élargissement, car avec l'arrivée de nouveaux pays fortement agricoles (Pologne, République Tchèque, Hongrie), le maintien des subventions actuelles est intenable.Au cours de la présentation de son texte, Franz Fischler a indiqué que le "rapprochement de la PAC des consommateurs, des producteurs et des contribuables" oblige à ne pas se contenter de "quelques retouches". Certes, il ne souhaite pas "remettre en cause la substance de la PAC", mais, pour lui, il est normal de mener une politique agricole qui "offre aux agriculteurs des incitations à produire ce que les consommateurs veulent et non ce qui donne le droit à plus de subventions". Il a terminé en affirmant qu'il souhaitait lever des tabous et non plus "administrer des anesthésiants qui finissent par plomber gravement l'avenir des agriculteurs".Evidemment, les agriculteurs français, qui sont les principaux bénéficiaires de la PAC, refusent de voir leurs aides réduites comme le prévoit ce plan. Ils sont soutenus par le gouvernement français qui a répété son hostilité à toute réforme de la PAC avant l'échéance du traité actuel qui court jusqu'à 2006. En face, l'Allemagne, première contributrice au budget communautaire, soutient fortement la réforme Fischler. La ministre allemande de l'Agriculture, la verte Renate Künast, l'a confirmé ce matin. Pourtant, on sent monter également en Allemagne des oppositions à ce projet de réforme. Renate Künast a ainsi émis des réserves en raison des conséquences néfastes que pourrait avoir le plan Fischler sur les exploitations agricoles de l'est de l'Allemagne. Elle a fait écho au ministre de l'Agriculture du land de Brandebourg, tandis que les agriculteurs français trouvaient un soutien inattendu dans le principal syndicat agricole allemand, le DVB, qui considère que Franz Fischler a dépassé son mandat. Cet après-midi, les dirigeants de la FNSEA et du DVB devraient être reçus par le ministre français de l'Agriculture Hervé Gaymard. Il n'en reste pas moins que lundi, lorsque le projet sera soumis aux ministres de l'Agriculture, la France risque de se retrouver isolée. Décidera-t-elle alors de s'arc-bouter sur son opposition ? Dans un entretien au Figaro ce matin, Franz Fischler se refusait à le croire. "Il serait dangereux pour un Etat de rester à l'écart et de vouloir s'isoler", a-t-il indiqué, précisant que "l'effervescence finira par retomber". "C'est une tradition, dans la PAC, rien ne se fait sans psychodrame", a-t-il enfin conclu.

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