Les marchés suspendus aux résultats des entreprises américaines

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Les marchés financiers ne sont pas à prendre avec des pincettes en ce début de semaine. Alors que s'ouvre la saison des résultats trimestriels aux Etats-Unis, les indices boursiers américains se sont enfoncés dans le rouge vendredi, accusant le coup après les propos très prudents d'Alan Greenspan quant à l'état de santé de l'économie américaine. En mettant à mal le scénario d'une reprise ferme et rapide de la première économie mondiale, le président de la Réserve fédérale (Fed) a plongé les investisseurs dans le doute. Le Dow Jones a fini la séance de vendredi en repli de 0,80 %, ce qui a fait passer sa chute hebdomadaire à 2,65 %, tandis que le Nasdaq a perdu 1,21 %, soit 1,79 % en cinq séances. Les économistes s'interrogent. Le rebond observé dans les cours depuis le point bas du 21 septembre n'a-t-il pas été trop rapide ? Nombreux sont ceux qui estiment que les niveaux actuels des actions intègrent les perspectives d'un prochain rebond de l'économie. Dans ce contexte, les propos pessimistes du patron de la Fed qui, tout en constatant des signes de convalescence de l'économie américaine, a estimé que les Etats-Unis "continuent à être confrontés à des risques importants sur le court terme", ont pesé sur les marchés. Pour Alan Greenspan, "les bénéfices des entreprises et leurs investissements demeurent faibles et la consommation pourrait être freinée par la faiblesse du marché du travail".Sur ces deux points, la semaine qui s'ouvre promet d'être riche en enseignements. En effet, environ 80 entreprises de l'indice S&P 500 vont publier leurs résultats trimestriels ainsi que leurs perspectives pour les mois à venir. La semaine dernière, Chuck Hill, le directeur de la recherche de First Call, indiquait tabler sur une chute de 22% des résultats des sociétés du S&P au quatrième trimestre. Pour 2002, First Call parie sur une hausse inférieure à 5 %. Dans ce contexte, on sera particulièrement attentif à la pluie de chiffres que diffuseront les poids lourds de la cote jusqu'à vendredi. Les valeurs technologiques ouvriront le bal demain avec en première ligne eBay, Intel et Juniper Networks, suivis mercredi par Apple, Compaq, Yahoo ! et, dans le secteur bancaire, JP Morgan Chase. Le lendemain, Citigroup, Delphi Automotive, Ford Motor, IBM, Microsoft, United Technologies et le canadien Nortel Networks se prêteront au même exercice. La semaine s'achèvera sur les résultats de Sun Microsystems.Pour ce qui est de la tenue de la consommation, principal moteur de la croissance aux Etats-Unis, les économistes surveilleront avec attention dès demain les chiffres des ventes de détail pour le mois de décembre. Ces dernières devraient "afficher une nouvelle contraction", estime Aline Goupil, économiste chez Banque Populaire Asset Management, "les ventes d'automobiles devraient continuer leur correction et la baisse du prix de l'essence plaide pour une nouvelle diminution des ventes des stations services", explique-t-elle. Vendredi, l'indice de confiance des ménages de l'université du Michigan devrait également renseigner les analystes sur le moral des consommateurs américains. Au vu des derniers indicateurs publiés et après le choc des attentats du 11 septembre, les Américains semblaient être un peu plus optimistes. La violente détérioration du marché de l'emploi de septembre à novembre aux Etats-Unis s'est nettement ralentie en décembre, apportant un peu de ciel bleu dans l'horizon des ménages. Néanmoins, rien n'atteste que le pire est définitivemnt passé. L'annonce vendredi dernier par Ford de sa décision de fermer 5 usines en Amérique du Nord et de supprimer 35.000 emplois à travers le monde est à cet égard exemplaire. Anne EVENO

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