Le peso argentin perd 37% à la réouverture du marché

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Comme on pouvait s'y attendre, le peso a décroché pour sa première journée de cotation depuis l'instauration d'un nouveau régime des changes en Argentine. Néanmoins, l'effondrement craint par de nombreux observateurs ne s'est pas produit. Après plus de 10 ans de parité fixe avec le billet vert, le peso argentin a commencé à flotter librement vendredi par rapport au billet vert au cours de 1,60 peso pour un dollar. Ce niveau de change représente une dévaluation de 37,5% par rapport à la parité d'un peso pour un dollar, alors que le nouveau gouvernement a décidé une dévaluation de 28,6% avec un taux fixe pour les transactions extérieures.Ce double système de taux de change a été instauré par le gouvernement du président Eduardo Duhalde pour tenter de sortir le pays d'une crise économique et sociale sans précédent. Reste à savoir si ce calme relatif sur le marché des changes se maintiendra dans les heures et les jours qui viennent et si les prix ne vont pas s'envoler. Hier, soucieux d'éviter de nouveaux troubles, le gouvernement argentin a annoncé un assouplissement des mesures de restriction bancaire. Les Argentins pourront désormais retirer 1.500 pesos par mois de leur compte, au lieu de 1.000 précédemment autorisés. Mais, afin d'éviter des faillites en cascade d'établissements bancaires en raison d'une ruée des clients sur les guichets, ces mesures sont accompagnées d'un gel pour un an des comptes courants affichant un solde dépassant 10.000 dollars. Les Argentins n'ont pas apprécié et cette nuit, frappant sur des casseroles, ils étaient nombreux à Buenos Aires à faire connaître leur mécontentement. La police a dû intervenir et disperser les manifestants réunis sur la Place de Mai en usant de gaz lacrymogènes. Parallèlement, le gouvernement argentin a entamé des discussions avec des responsables du Fonds monétaire international (FMI) en visite dans le pays. Leur mission : analyser les détails du plan d'urgence économique présenté par le gouvernement d'Eduardo Duhalde, et notamment la question de la restructuration de la dette de plus de 141 milliards de dollars. Le gouvernement argentin a choisi de prolonger le moratoire sur le paiement de cette dette, moratoire décidé par le gouvernement précédent.Du côté des entreprises étrangères présentes en Argentine, on fait ses comptes. Les grands groupes chiffrent les provisions à inscrire sur leurs comptes en raison de la crise traversée par ce pays où les sociétés françaises ont investi 8,5 milliards d'euros entre 1994 et 2000. Si Carrefour n'a passé aucune provision au titre de ce risque, ce n'est pas le cas de Suez, qui réalise dans ce pays 3% de son chiffre d'affaires, et qui a passé dans ses comptes une provision de 135 millions d'euros. Renault, PSA Peugeot Citroën et TotalFinaElf figurent également en première ligne dans cette crise.latribune.f

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