Des experts en quête de sens

 |  | 369 mots
Lecture 2 min.
Certes, la majorité se veut toujours optimiste. Elle table sur une progression de 8 à 15% de l'indice S&P 500 sur l'ensemble de l'année. Fidèle à sa réputation de « gourou » éternellement positive, Abby Cohen, la stratège de Goldman Sachs, assure que le S&P pourrait gagner jusqu'à 24% en douze mois.Mais les sceptiques ont renoncé à la langue de bois, celle qui veut que les marchés montent quoiqu'il arrive, ne serait-ce que parce que c'est bon pour le business. Ross Margolies chez Salomon Brothers ou Steve Galbraith chez Morgan Stanley évoquent volontiers l'hypothèse d'une stagnation, au mieux, des baromètres des Bourses américaines. C'est Douglas Cliggott, de JP Morgan, qui frappe le plus fort. Il prévoit que le S&P pourrait perdre jusqu'à 15% en 2002.Il n'y a pas si longtemps, un tel diagnostic aurait été considéré comme une véritable hérésie. Le simple fait qu'il soit formulé est significatif à double titre.Il montre d'abord qu'à force d'être ridiculisés par des évolutions qu'ils n'avaient pas su ou pas osé prévoir, les analystes de Wall Street se sont enfin décidés à quitter leurs lunettes roses pour adopter une vision plus objective.Plus profondément, les professionnels de la finance se risquent ainsi à remettre en cause le principe sacro-saint sur lequel les Américains ont fondé la gestion de leur épargne depuis une génération, ou presque - du début d'un long et spectaculaire « bull market » en août 1982 jusqu'à sa disparition brutale en mars 2000. Un principe qui veut que le placement en actions soit le moyen le plus simple et le plus efficace de faire progresser son patrimoine.Les Américains ont l'habitude de dire que la vie ne comporte que deux certitudes : la mort et les impôts. Mais ils s'étaient pris à croire à une troisième qui s'est évaporée sous leurs yeux en l'espace de quelques mois : la hausse de la Bourse n'est, finalement, pas garantie.Même s'il se trouvera forcément quelques mauvaises langues pour affirmer que si les stratèges se mettent enfin à admettre la possibilité d'une baisse, c'est sans doute que le marché est sur le point de rebondir...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :