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Prodi dénonce la "stupidité" du Pacte de stabilité

La Tribune

Publié le 20 octobre 2008 à 03:32 - Mis à jour le 20 octobre 2008 à 03:32

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La Pacte de stabilité et de croissance tel qu'il a été adopté en 1997 sera-t-il bientôt lettre morte ? S'il apparaît encore prématuré de répondre oui à cette question, il semble en revanche certain que les débats s'exacerbent dans l'Union européenne autour de la pertinence des objectifs budgétaires fixés par ce pacte, alors même que la zone euro traverse une période de fort ralentissement économique. Après les voix de nombreux économistes (lire ci-contre) et les critiques du Portugal, c'est au tour du président de la Commission européenne lui même de relancer la polémique.Romano Prodi, dans un entretien avec le quotidien Le Monde, ne s'embarrasse pas de fioritures au moment de reconnaître les imperfections de ce pacte, adopté en 1997 en pleine période de croissance. "Je sais très bien que le pacte de stabilité est stupide, comme toutes les décisions qui sont rigides. Si on veut ajuster celles-ci, il faut avoir l'unanimité et cela ne marche pas", a ainsi déclaré le président de la Commission européenne. Pour Romano Prodi, il n'est cependant pas question, au motif que ce pacte serait "imparfait", de le supprimer car pour lui cet engagement qui lie les pays membres de la zone euro est ""le minimum du minimum" en matière de coordination des politiques économiques. En conséquence de quoi, le président de la Commission européenne plaide en faveur d'un pacte de stabilité plus flexible. Le Pacte de stabilité et de croissance fixe à 3% du Produit intérieur brut (PIB) la limite maximale des déficits publics, et prévoit un retour à l'équilibre des finances publiques à moyen terme. Hier, l'Allemagne a reconnu officiellement qu'elle serait incapable de maintenir son déficit cette année dans le cadre imposé (lire ci-contre). La première économie de la zone retrouve ainsi le Portugal sur le banc des mauvais élèves de la classe euro. Le déficit public portugais devrait être de 4,1% du PIB cette année. La France risque bien aussi d'être coiffée d'un bonnet d'âne en raison de son refus de réduire son déficit structurel de 0,5% dès l'année prochaine. Pour 2002 et 2003, le déficit public français devrait être, selon les prévisions du gouvernement, de l'ordre de 2,6% du PIB.Reste à savoir si à Bruxelles comme au sein des Douze, tout le monde a la même vision de ce qu'il faudrait modifier à l'avenir dans ce pacte pour le rendre plus flexible. L'une des hypothèses évoquées par certains experts et par Pedro Solbès, commissaire européen aux Affaires économiques, serait de lier le déficit à la dette. Les pays proches de l'équilibre budgétaire ou en excédent, et dont la dette serait inférieure à 60% du PNB, seraient autorisés à creuser leur déficit en cas de besoin pour soutenir leur activité économique. Cette proposition a néanmoins été rejetée par les experts du Comité économique et financier de l'union monétaire (CEF). Elle aurait pourtant l'avantage aux yeux de certains économistes de permettre aux gouvernements d'utiliser l'arme budgétaire en période de croissance molle. Et c'est bien dans ce cas de figure que la zone euro semble durablement engagée. Dans son rapport mensuel, la Banque centrale européenne (BCE) souligne que le rebond économique n'interviendra qu'au cours de l'année prochaine. L'institution de Francfort assortit même son pronostic d'un certain nombre de précautions, indiquant que ce scénario reste conditionné à une reprise de la demande intérieure et une amélioration de la conjoncture mondiale.

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