Identifiés pour la première fois en 1917, les phages sont des "mangeurs de bactéries" qui constituent l'organisme biologique le plus abondant sur Terre, mais qui demeurent en même temps inoffensifs pour l'humain.
Après dix ans de travaux visant à lutter contre l'antibiorésistance, les Hospices Civils de Lyon (HCL) viennent d'obtenir un sésame déterminant pour lancer une production de phages thérapeutiques. Une première en Europe qui constitue aussi un premier pas vers la construction d'une nouvelle filière hexagonale.
C'est une nouvelle qui signifie beaucoup pour le monde de la santé. Les Hospices Civils de Lyon (HCL) viennent d'obtenir, fin mai, une autorisation de fabrication inédite de la part de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). Pour la première fois en Europe, un établissement de santé public disposera en effet du précieux sésamepour produire des phages thérapeutiques.
Ces virus « mangeurs de bactéries » constituent l’organisme biologique le plus abondant sur Terre (présents notamment dans les environnements riches en bactéries : excréments, égouts...), mais demeurent en même temps inoffensifs pour l’humain. Avec la promesse, aussi, de pouvoir cibler des bactéries pathogènes de manière plus fine que les antibiotiques.
Une voie qui intéresse tout particulièrement les scientifiques, car l'antibiorésistance est devenue un fléau pour les autorités de santé. Entre 2018 et 2023, la résistance aux antibiotiques a bondi de 40 % dans le monde et pourrait, si rien n’est fait, entraîner jusqu’à 10 millions de décès par an en 2050, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De quoi rendre le développement d’alternatives thérapeutiques crucial pour l'ensemble des patients à l'échelle mondiale.
De premiers programmes de caractérisation
Depuis 2017, le deuxième CHU de France a choisi de se pencher sur la question, en s'appuyant sur des travaux du microbiologiste franco-canadien Félix d'Hérelle, qui avait étudié les bactériophages pour en faire des médicaments en 1915. Même si leur utilisation continue à être développée dans certains pays d’Europe de l’Est, elle avait disparu en France avec l'arrêt de la dernière production de l'Institut Pasteur de Lyon en 1988.
En difficulté également, la filière privée de production des phages avait vu l'une des principales pépites du secteur, Phaxiam (issue elle-même d'un rapprochement entre deux acteurs clés du secteur, Pherecydes et Erytech), mettre la clé sous la porte en juin 2025. Les actifs avaient finalement été rachetés in extremis par le lyonnais Phagenix.
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