Le Venezuela au bord du chaos

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Huit jours après le déclenchement de la grève générale au Venezuela, la situation est bloquée entre les opposants au régime du président Chavez et ce dernier. Le conflit se durcit même avec les nouvelles revendications de l'opposition, qui réclame la démission immédiate d'Hugo Chavez, élu en 1998 et réélu en 2000 pour six ans, ou une présidentielle anticipée au premier trimestre 2003.En attendant une solution politique, qui pourrait être favorisée par la médiation de l'Organisation des Etats américains, le Venezuela se retrouve au bord du chaos économique, d'autant que cette grève est la quatrième en un an. D'après un panel d'économistes recensés par Bloomberg, ce conflit coûte chaque jour 60 millions de dollars à l'économie vénézuélienne et la facture pourrait s'alourdir encore si le pays ne parvient pas à tenir ses engagements pétroliers pour le mois de décembre. Selon Ali Rodriguez, président du holding public Petroleos de Venezuela (PDVSA) et ancien secrétaire général de l'Opep, le pays devra payer une amende de six milliards de dollars s'il ne livre pas ses clients.Or l'industrie pétrolière, qui génère 80% des devises et 55% des ressources de l'Etat vénézuélien, est bien au coeur du bras de fer que se livrent le gouvernement et l'opposition. Huit employés sur 10 de PDVSA ont cessé le travail, cinq raffineries sont paralysées et la production du pays est tombée de 2,5 millions de barils par jour à 1,5 million de barils. Une situation de "catastrophe nationale" pour Ali Rodriguez: "l'activité pétrolière d'exportation, les activités portuaires, les activités de raffinage et bien sûr aussi la production ont été paralysées", souligne-t-il. Dans ces conditions, le gouvernement a ordonné le déploiement de l'armée autour des sites pétroliers. Les militaires prennent également le contrôle des stations-service et des camions-citerne pour éviter une pénurie. Pour les autorités vénézuéliennes, il ne fait aucun doute que les instigateurs de la grève générale fomentent un "coup d'Etat", par le sabotage de la distribution de combustibles. La crise vénézuélienne a bien évidemment des répercussions sur les marchés pétroliers mondiaux: le Venezuela est le 5ème exportateur et 8ème producteur mondial de brut. Dans ces conditions, les cours de l'or noir sont tirés à la hausse. Hier soir à Londres, le baril de Brent pour livraison en janvier, référence sur l'International Petroleum Exchange, a terminé la séance à 25,76 dollars. "Le marché est aussi affecté par la grève au Venezuela qu'il le serait en cas de guerre contre l'Irak", a estimé un analyste londonien, Lawrence Eagles, cité par l'AFP.

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